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Qu'est-ce qu'une Messe non una cum ?

C'est une Messe catholique traditionnelle où le « Pape » actuel n'est pas cité pendant le Canon (la partie la plus importante et sacrée de la Messe) à l'endroit où il devrait l'être s'il était vraiment Pape. Ces Messes, généralement en latin, sont dites d'après le rite d'avant Vatican II, suivant le missel de Saint Pie V, réformé par Saint Pie X.

On parle de Messe una cum lorsque le Pape est cité, et non una cum s'il ne l'est pas. Dans une Messe non una cum, la formule peut être totalement omise, ou remplacée par une autre formule qui ne cite pas le « Pape ».

La formule una cum en latin est « una cum fámulo tuo Papa nostro N. », où « N. » doit être remplacé par le nom du Pape. Plusieurs traductions existent avec des sens différents. Au mot à mot, cela donne:

  • una cum = un avec, uni avec, en communion avec, pour (en tant que conjonction de coordination)
  • fámulo tuo = votre serviteur
  • Papa notsro = notre Pape

Qui se pose la question du non una cum ?

Cette question de l'una cum se pose dès lors que l'on pense que le « Pape » actuel n'est pas Pape. Soit qu'il ne soit pas Pape complètement comme le pensent les sédévacantistes complets, soit qu'il ne soit Pape que materialiter comme le pensent les tenants de la thèse de Cassiciacum, parfois aussi appelés sédéprivationnistes. Dans ces deux cas la question se pose, et dans ces deux cas la réponse est qu'on ne peut pas assister à une Messe una cum.

Pourquoi ne pas assister à une Messe una cum ?

Afin de ne pas affirmer que le « Pape » actuel serait un vrai Pape, Vicaire du Christ, contrairement à nos convictions. Ce qui serait affirmé par le « Papa nostro N. » (« notre Pape N. »), qui suit l'« una cum ».

Il y a également d'autres raisons qui dépendent du sens de l'« una cum » :

  • Afin de ne pas se séparer de l'Église en se déclarant être en union avec une personne en état de schisme objectif. Ce qui serait affirmé par le « una cum » (« en communion avec » ou « uni avec »).
  • Afin de ne pas profaner l'unité de l'Église. Ce qui serait le cas si on affirmait qu'une personne séparée de l'Église serait unie à elle.
  • Afin de ne pas se mettre dans la contradiction en disant être en union avec une personne à laquelle on refuse l'obéissance et l'Autorité. (D'autant plus dans le cas de la Messe, où une véritable union supposerait au minimum de dire la même Messe que le « Pape)

Que dire au moment de l'una cum ?

Les prêtres qui suivent la position de Cassiciacum disent : « una cum Sede apostolica ». Les sédévacantistes complets omettent généralement la formule. Les deux options sont acceptées par les tenants des deux positions.

Pourquoi ?

Lorsqu'il y a vacance réelle du Siège apostolique (à la mort du Pape, ou après une déclaration officielle de vacance), on omet totalement la clause « una cum fámulo tuo Papa notsro N. ».

Mais dans la situation actuelle, une personne élue occupe le Siège apostolique, qui n'est donc pas vide. Cet occupant, bien que restant Pape en puissance, n'est pas Pape formaliter, n'est pas le Vicaire du Christ. Dans ces conditions, désigner le Siège occupé à la place de désigner l'élu en tant que Pape, exprime précisément cette réalité. Enfin, cela a l'avantage de rappeler la réalité de la continuité matérielle de la succession apostolique de l'Église.

Sens de l'« una cum »

La grammaire latine permet de comprendre plusieurs sens :

  • Nous offrons pour l'Église, qui est unie à notre Pape N. (Donc c'est l'Église qui est unie avec le Pape)
  • Nous offrons pour l'Église, en union avec notre Pape N. (Donc l'acte d'offrande est fait par le prêtre et les fidèles conjointement avec le Pape)
  • Nous offrons pour l'Église, et pour notre Pape N.

En réalité, comme l'Église est nécessairement une, (d'après les quatre notes de l'Église), le Pape, l'Église, le prêtre célébrant et les fidèles présents sont tous unis dans une même hiérarchie. Ces sens ne sont donc pas exclusifs, mais complémentaires. De plus ces sens s'impliquent mutuellement l'un l'autre.

Notez également que nous citons dans l'ordre : le Pape, puis l'évêque, puis tous ceux qui sont orthodoxes et professent la foi catholique et apostolique. Il s'agit donc bien de l'Église dans son unité hiérarchique.

L'unité de l'Église exclut les schismatiques

L'unité de l'Église ne vaut que pour ceux qui sont dans l'Église et ne sont pas en état de schisme (c'est-à-dire séparés). Or comme l'élu actuel à la papauté se trouve en état de schisme objectif car il ne bénéficie pas de l'« être avec » du Christ, il n'est donc pas uni au Christ, et il ne peut être uni (ou en communion) avec l'Église.

En conséquence, nous ne pouvons être uni avec lui tout en restant en même temps uni avec l'Église et le Christ.

Pas d'hérétique ou de schismatique au Canon de la Messe

Au Te igitur, donc y compris dans le In primis qui en est la continuation, ne peuvent être cités que des personnes qui sont membres du Christ et de l'Église. Cela est d'ailleurs clairement exprimé dans la dernière formule « Et tous ceux qui professent la foi catholique et apostolique », qui exclut évidemment tout hérétique et tout schismatique. On peut citer le nom d'une personne qui n'est pas unie à l'Église dans le Memento qui suit et qui constitue une interruption du Canon, mais pas dans le Canon. Cela est attesté par l'usage historique (noms d'évêques et de rois non cités car accusés d'hérésie ou de schisme).

Sacrilège

Déclarer comme unie à l'Église une personne qui en est séparée car en état de schisme objectif, c'est profaner l'unité de l'Église et commettre un sacrilège puisque c'est dénaturer la réalité sacrée de l'Église qui est définie par les quatre notes de l'Église dont justement l'unité (L'Église est une, sainte, catholique et apostolique).

Peut-on prier pour le Pape ?

Comme expliqué dans le Résumé analytique des cahiers de Cassiciacum dans la section sur L'una cum, ce n'est pas parce que l'on refuse de citer le nom de l'élu au canon de la Messe, que l'on refuse de prier pour lui. Au contraire, il est important de continuer à prier pour celui qui garde de droit, en tant qu'élu, la première place de l'Église, et une grande responsabilité, bien que l'on ne puisse le considérer pour le moment comme étant uni avec l'Église catholique.

Réponses plus détaillées

La question dite de l' “una cum” (PDF, 3,6 Mo, 17 p.)

Par Mgr Gérard des Lauriers, 1980, paru dans Sous la Bannière, supplément au no 11 de mai-juin 1987.