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Origine de l'accusation

Nous sommes accusés de juger illégitimement un Pape comme hérétique.

C'est par confusion avec les sédévacantistes complets, qui ont une position proche de la nôtre, que les tenants de la thèse de Cassiciacum sont accusés à tort de « juger le Pape ».

En effet, les sédévacantistes complets, contrairement aux tenants de la Thèse de Cassiciacum, utilisent généralement l'argument de l'hérésie du « Pape » pour affirmer qu'il ne peut pas être Pape, en s'appuyant notamment sur des écrits de saint Robert Bellarmin ou de Francisco Suarez.

Or ce jugement sur le « Pape » est souvent considéré comme illégitime ou illicite car:

  • ce jugement implique de juger l'intention du « Pape », or on ne peut pas connaître son intention réelle
  • il faut une autorité supérieure à celle de la personne jugée, ce qui peut poser problème dans le cas du Pape qui est la plus haute autorité de l'Église sur terre

Intention et hérésie

Tout catholique peut affirmer des hérésies sans être hérétique pour autant. Par exemple par ignorance, par fatigue ou inattention. Il s'agit alors d'hérésie matérielle, car il n'y a que la matière de l'hérésie (l'acte ou la parole), sans la forme (l'intention). Par contre, s'il y a l'intention et la pertinacité (persévérance dans l'hérésie en pleine conscience), alors il s'agit d'hérésie formelle. L'hérésie formelle est ensuite déclarée publiquement par l'autorité de l'Église, qui impose ainsi son jugement à tous ses membres. Un hérétique formel est considéré comme étant hors de l'Église.

En réalité nous ne jugeons pas le Pape...

Nous ne jugeons pas le « Pape », et nous n'avons pas besoin de le juger pour démontrer notre position.

Nous observons, comme tout le monde, que les actes et les paroles du « Pape » sont régulièrement en contradiction avec les enseignements de l'Église, constituant ce que l'on appelle des hérésies matérielles. Mais cela n'implique pas nécessairement des hérésies formelles.

Le seul jugement dont on peut nous accuser, c'est de juger l'intention manifestée. Autrement dit, de juger l'intention directement manifestée par des actes et des paroles répétées, sans juger de son intention privée qui peut être différente.

Par exemple, pour Dignitatis humanæ, nous n'accusons pas Montini (Paul VI) d'être hérétique, mais d'avoir posé un acte hérétique, car contraire à l'enseignement de l'Église.

Le « Pape » est-il hérétique ?

Bien qu'il existe beaucoup d'arguments pertinents en faveur de l'hérésie formelle du Pape, ces arguments ne bénéficient pas d'une certitude aussi assurée que le raisonnement de la Thèse de Cassiciacum. De plus, jusqu'à la déclaration officielle de l'Église sur l'hérésie du « Pape », l'élection reste légalement valide.

Il est donc tout à fait vraisemblable que le « Pape » soit hérétique comme le pensent les sédévacantistes complets et une partie des tenants de la thèse de Cassiciacum. Mais en l'absence de certitude, ceci reste une opinion personnelle qui n'est, grâce à la thèse de Cassiciacum, pas nécessaire pour affirmer que le « Pape » n'a pas l'Autorité sur l'Église.

L'opinion personnelle d'une personne défendant la thèse de Cassiciacum concernant l'hérésie du « Pape » ne doit pas être confondue avec l'argumentation de la thèse qui refuse explicitement de se fonder sur l'hérésie ou sur un jugement de l'intention privée du « Pape ». Voir notre Résumé analytique des cahiers de Cassiciacum.