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Jean-Jacques Morel, qui prendra comme capucin le nom d'Apollinaire, est né le 12 juin 1739 à Prez-vers-Noréaz dans le canton de Fribourg. Son père Jean, originaire de Posat, avait épousé Marie-Elisabeth Maître. En 1761, Jean-Jacques continua ses études au collège Saint-Michel, à Fribourg, tenu alors par les Jésuites. Ces pères, qui avaient décelé dans leur élève des capacités intellectuelles remarquables, auraient bien voulu le retenir dans leur Ordre, mais Jean-Jacques, attiré par la spiritualité de saint François d'Assise, décida de se joindre aux capucins.Il commença son noviciat à Zoug, pour être ensuite transféré à Mels et enfin à Bulle. Le 22 septembre 1764 il fut ordonné prêtre par l'évêque de Lausanne, avant même d'avoir terminé ses études de théologie, ce qu'il fit en 1769 à Lucerne.
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L'Ordre l'envoya dans plusieurs paroisses pour de grandes missions populaires, jusqu'au moment où l'on appela au monastère de Fribourg comme professeur de théologie, fonction qu'il assuma de 1774 à 1780. Il passa ensuite trois ans à Bulle en tant que vicaire ; dans ce couvent, il constitua une remarquable bibliothèque, dont les livres sont toujours conservés précieusement par les capucins actuels.
Après avoir été chargé du noviciat d'Altdorf, il dirigea à Stans, à partir de 1785, la petite école latine annexée au couvent. Sa culture et ses activités pastorales dans cette ville ne furent pas appréciées par un cercle de citoyens qui se nommaient les Illuminés et qui essayaient de ridiculiser tout ce qu'il entreprenait. Afin d'obtenir l'appui de la population, ils adoptèrent la voie de la calomnie, en l'accusant à l'aide d'une femme de mœurs perverses.
Bien que la suite des événements donna raison au Père Apollinaire, celui-ci finit par demander un transfert.

C'est ainsi que l'Ordre décida de l'engager dans une activité missionnaire en Asie. Pour compléter sa formation, on l'envoya, en 1788, à Paris, au couvent des capucins du Marais, pour apprendre langues et usages des pays de missions auxquels il était destiné.
Or, en 1789 éclata la Révolution, et Apollinaire dut rester à Paris, où on le nomma vicaire à Saint-Sulpice, en charge de la pastorale pour les quelque cinq mille Allemands qui se trouvaient dans la capitale. Ce fut un dur travail dans un moment difficile.

Le 12 juillet 1790, l'Assemblée constituante, dans le but de faire du clergé un simple corps de fonctionnaires relevant uniquement de l'Etat, vota la Constitution civile du clergé. En janvier 1791 l'Assemblée demanda à tous les ecclésiastiques de prêter serment à la nouvelle Constitution, ce qui aurait été une vraie apostasie.

Apollinaire essaya d'abord de proposer une acceptation avec des restrictions, mais devant la ferme résolution des révolutionnaires de ne faire aucune concession, il refusa clairement de signer le serment et publia une brochure pour réfuter celui-ci, avec le titre "Le séducteur démasqué ou l'apostasie des jureurs, prouvée sans réplique, à la portée de tout le monde". Il se présentait comme un religieux, vrai ami de la Patrie, de la Liberté et de la Religion. Il citait en exergue Mt 22,21 : Donnez à César ce qui appartient à César, à Dieu ce qui est à Dieu.
Cette prise de position obligea Apollinaire à quitter Saint-Sulpice, en même temps que le curé qui fut remplacé par un prêtre schismatique. Il exerça alors son ministère en cachette, sans pouvoir porter l'habit de capucin et en se déplaçant d'un refuge à l'autre.

Le 14 août 1792, juste après le massacre des Suisses aux Tuileries, le 10 août, Apollinaire fur arrêté et enfermé dans la prison des Carmes. Non seulement il fut accusé de ne pas avoir prêté serment, mais aussi d'avoir enlevé les deniers de la confrérie des Allemands.
(Le 2 septembre 1792, il fut mis à mort en haine de la foi.)

Saints, martyrs et bienheureux en Suisse, Gian Franco Schubiger

[fête le 2 septembre à Bâle et Sion]