Ligue Saint Amédée     Mieux vaut une petite œuvre dans la Vérité, qu'une grande dans l'erreur.

 


1er décembre : Saint Éloi
2 décembre : Sainte Bibiane
3 décembre : Saint François Xavier
4 décembre : Sainte Barbe
4 décembre : Saint Pierre Chrysologue
5 décembre : Saint Sabas
6 décembre : Saint Nicolas de Myre
7 décembre : Saint Ambroise
8 décembre : Immaculée Conception de la Vierge Marie
9 décembre : Saint Pierre Fourier
10 décembre : Translation de la Maison de la Sainte Famille à Lorette
11 décembre : Saint Damase
12 décembre : Notre-Dame de Guadalupe
12 décembre : Saint Valéry
12 décembre : Saint Corentin
13 décembre : Sainte Lucie
14 décembre : Saint Nicaise et Sainte Eutropie
15 décembre : Sainte Chrétienne
16 décembre : Saint Eusèbe de Verceil
16 décembre : Sainte Adélaïde
17 décembre : Saint Lazare
18 décembre : Saint Gatien
19 décembre : Saint Anastase Ier
20 décembre : Saint Théophile d'Alexandrie
20 décembre : Saint Ursanne
21 décembre : Saint Thomas
22 décembre : Sainte Françoise-Xavier Cabrini
23 décembre : Sainte Victoire
24 décembre : Vigile de la Nativité
25 décembre : Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ
26 décembre : Saint Étienne
27 décembre : Saint Jean
28 décembre : Les Saints Innocents
29 décembre : Saint Thomas Becket
30 décembre : Saint Sabin
31 décembre : Saint Sylvestre
31 décembre : Saint Marius


Saint Éloi
  1er décembre : Saint Éloi, Évêque de Noyon (590-659)

Saint Éloi naquit à Chaptelat, à deux lieux de Limoges. Dès son enfance, il se montra si habile aux travaux manuels, que son père le plaça comme apprenti chez le maître de la Monnaie de Limoges. Ses premières œuvres révélèrent son talent précoce, et, au bout de quelques années, Éloi n'avait pas de rival dans l'art de travailler les métaux. Ses sentiments religieux et ses vertus le rendirent plus recommandable encore que ses talents ; on ne se lassait pas d'admirer sa franchise, sa prudence, sa douceur, sa charité.

Le roi Clotaire II, ayant entendu parler de lui, le fit venir à la cour, lui commanda un trône d'or orné de pierreries, et à cet effet lui donna une quantité d'or. Le travail fini, Éloi se présenta devant le roi et lui montra le trône. Clotaire s'extasiait devant ce chef-d’œuvre ; mais quelle ne fut pas sa stupéfaction, quand Éloi fit apporter un autre trône aussi beau que le premier, fait aussi avec l'or qu'il avait reçu ! Sur-le-champ, Éloi fut nommé grand argentier du royaume, et le roi le garda près de lui.

Jusque là, notre saint avait aimé le luxe ; touché d'une grâce de choix, il se détacha des vanités du monde et vécut au milieu des richesses comme un pauvre de Jésus-Christ. Son plaisir était de faire de belles châsses pour les reliques des saints. Mais surtout il aimait les pauvres. On ne saurait se figurer tous les trésors qui passèrent par ses mains dans le sein des indigents. Aussi, quand des étrangers demandaient à le voir, on leur répondait : "Allez en telle rue, et arrêtez-vous à la maison où vous verrez une foule de mendiants : c'est là sa demeure !"
Éloi lavait les pieds des pauvres, les servait de ses propres mains, ne prenait que la dernière place et ne mangeait que leurs restes. Quelle leçon pour les hommes de notre temps, qui parlent tant de l'émancipation des classes ouvrières et vivent dans les jouissances égoïstes ! Quand Éloi n'avait plus d'argent, il donnait ses meubles et jusqu'à sa ceinture, son manteau, ses souliers.

L'amitié d'Éloi avec le roi Dagobert, successeur de Clotaire II, est devenue légendaire. Un jour Éloi vint lui dire : "Mon prince, je viens vous demander une grâce ; donnez-moi la terre de Solignac, afin que je fasse une échelle par laquelle, vous et moi, nous méritions de monter au Ciel."
Le roi y consentit volontiers ; le saint y bâtit un monastère. Jamais il ne se fit moine ; mais il aimait à visiter les moines et à vivre, de temps en temps, quelques jours avec eux, pour s'édifier de leur régularité.

Éloi se vit obligé d'accepter l'évêché de Noyon. Sa vie épiscopale fut la continuation de ses bonnes œuvres.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Sainte Bibiane
  2 décembre : Sainte Bibiane, Vierge et Martyre († 363)

Bibiane naquit à Rome, d'une famille aussi remarquable par ses vertus chrétiennes que par la noblesse de sa condition. Son père Flavien, préfet de Rome fut jeté en prison sous Julien l'Apostat. Flavien s'étant déclaré contre l'infâme politique de ce prince ; aussi fut-il marqué au front d'un fer rouge ; il en mourut peu de temps après, en Toscane, où il avait été exilé.

Sa femme Dafrose, et ses filles Bibiane et Démétrie, restaient à Rome exposées aux coups du tyran. Il ne les oublia pas, et les enferma dans leur propre maison pour les y faire mourir de faim ; mais, ce supplice lui paraissant trop lent, il fit trancher la tête à la mère, confisqua tous les biens de la famille et continua son odieuse persécution contre les deux vierges chrétiennes.
Malgré une très longue privation de toute nourriture, elles parurent au tribunal plus fortes et plus belles que jamais : "Craignez, leur dit le juge, une mort honteuse et cruelle. Les biens de ce monde, répondent-elles, ne peuvent plus avoir pour nous aucun attrait, nous n'aspirons qu'à posséder Jésus-Christ ; plutôt mille morts que la trahison à nos promesses !"

À ces mots, Démétrie tombe morte aux pieds de sa sœur, et son âme s'envole dans la céleste patrie. Quant à Bibiane, elle n'était pas au terme de ses combats. Le juge inique la livra aux mains d'une femme de mauvaise vie qui essaya de la pervertir ; elle employa d'abord les caresses, les flatteries et les bons traitements et feignit de lui témoigner une amitié sincère ; puis bientôt elle eut recours aux menaces, aux injures et aux coups. Bibiane résista courageusement à toutes ses tentatives, elle demeura pure et digne du céleste Époux. La méchante femme dut avouer au juge qu'elle avait perdu son temps et sa peine. Celui-ci, furieux de son peu de succès, ordonna de frapper de verges la vierge chrétienne jusqu'à ce qu'elle eût rendu l'esprit.

Bibiane fut donc attachée à une colonne, et les bourreaux, avec des fouets armés de pointes de fer, s'acharnèrent sur son corps innocent jusqu'au moment où elle s'affaissa mourante à leurs pieds. Elle expira au bout de quelques instants, le 2 décembre 363. Son corps fut jeté à la voirie pour y être dévoré par les chiens ; mais il est écrit que "Dieu veille sur les restes de Ses saints." Deux jours après, un prêtre courageux put s'emparer de cette dépouille vénérable et l'ensevelir à côté de Dafrose, sa mère, et de Démétrie, sa sœur.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint François Xavier
  3 décembre : Saint François Xavier, Apôtre des Indes et du Japon (1506-1552)

François Xavier naquit en Navarre. Après de brillantes études au collège Sainte-Barbe, à Paris, il enseigna la philosophie avec un succès qui, en lui attirant les applaudissements, développa l'orgueil dans son cœur. Ignace de Loyola, converti, était venu à Paris pour perfectionner ses études, et cherchant à recruter des compagnons d'élite pour jeter les bases de la Compagnie de Jésus, s'éprit d'amitié et d'admiration pour ce jeune homme, en lequel il n'eut pas de peine à reconnaître une âme capable de grandes choses : Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il perd son âme ? disait-il souvent à Xavier, après avoir gagné sa confiance. Ce langage tout d'abord ne toucha pas le cœur du jeune ambitieux ; mais un jour enfin, la grâce acheva son œuvre, et Xavier fut terrassé comme Ignace. Le 15 août 1534, sept jeunes gens, parmi lesquels étaient Ignace et Xavier, prononçaient leurs vœux dans une chapelle souterraine de l'église de Montmartre. La Compagnie de Jésus était fondée.

Quelques années plus tard, Xavier, devenu prêtre, sanctifié par les jeûnes et l'oraison, était prêt pour sa mission providentielle. Il avait souvent été averti, par des songes mystérieux qu'il devait être l'apôtre d'innombrables idolâtres. Quelle fut sa joie quand Ignace le désigna pour la mission des Indes ! En arrivant à Goa, capitale des Indes, il salua avec des larmes de joie cette terre promise après laquelle il soupirait depuis si longtemps. Xavier commença par la conversion de Goa, où les Portugais avaient déshonoré le christianisme par tous les vices. Une mission finie, une autre l'appelait ; l'ambition du salut des âmes était insatiable dans son cœur.

Il rencontra des difficultés incroyables, l'ignorance des langues, l'absence de livres en langues indigènes, les persécutions, la défiance et la rivalité des ministres païens. Xavier, par son énergie et le secours de Dieu, triompha de tout ; Dieu lui donna le don des langues, le pouvoir d'opérer des miracles sans nombre, parmi lesquels plusieurs résurrections de morts. Il évangélisa, en onze années, cinquante-deux royaumes et baptisa une multitude incalculable d'infidèles. Son plus beau et son plus difficile triomphe fut la conquête du Japon. Il aspirait à convertir la Chine, pour rentrer en Europe par les pays du Nord, quand Dieu appela au repos cet incomparable conquérant des âmes, qu'on a justement surnommé l'apôtre des Indes et du Japon.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Sainte Barbe
  4 décembre : Sainte Barbe, Vierge et Martyre († 255)

Sainte Barbe naquit aux environs de Nicomédie. Son père, nommé Dioscore, homme puissant et brutal, très ennemi des chrétiens, s'aperçut qu'elle était chrétienne au moment où elle refusa obstinément un riche mariage. Saisi de fureur, il se précipita sur elle pour la transpercer ; mais Barbe s'enfuit en pénétrant, par miracle, à travers un rocher. Peu après, la courageuse vierge, découverte dans la retraite ou elle s'était cachée, fut amenée à Dioscore, qui la conduisit lui-même à Marcien, préteur de la ville.

Barbe fut frappée d'abord à coups de nerfs, et bientôt son corps si tendre ne présenta qu'une plaie sanglante. Jésus la visita la nuit suivante dans son noir cachot, guérit ses plaies et lui promit Son assistance pour de nouveaux combats. Le lendemain, sa fermeté la fit condamner à être déchirée avec des peignes de fer et brûlée avec des torches ardentes. La douce victime endura tout, le sourire sur les lèvres, toute ravie en son Sauveur. Tout à coup, du sein de la foule, une femme nommée Julienne s'écria, à la vue de tant de constance : "Moi aussi, je suis chrétienne !" et elle reçut sans tarder le sanglant baptême du martyre.

La foule des païens commençait à s'émouvoir d'un si étonnant spectacle. Le juge résolut donc de tenter un supplice plus horrible que tous les autres pour la pudeur de la vierge. Il la fit dépouiller complètement pour lui faire traverser avec ignominie les rues de la ville, pendant que les bourreaux la fouetteraient cruellement. Barbe leva les yeux sur le Seigneur et Le supplia de protéger son corps contre les regards impudiques. Aussitôt un globe de feu descendit du ciel et l'enveloppa d'un vêtement de lumière, qui la rendit invisible à tous les regards. Le juge, saisi de terreur, ordonna de lui trancher la tête. Mais Dioscore, son père, s'écria : "C'est à moi de la frapper !" et saisissant son épée, il tranche la tête de l'innocente victime agenouillée devant lui.

Sainte Barbe est la patronne de tous les corps de métiers qui ont à redouter la foudre ou le feu ; on l'invoque aussi contre la mort subite et imprévue.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Pierre Chrysologue
  4 décembre : Saint Pierre Chrysologue, Évêque, Confesseur et Docteur

La même Providence divine qui n’a pas permis que l’Église, au saint temps de l’Avent, fût privée de la consolation de fêter quelques-uns des Apôtres qui ont annoncé la venue du Verbe aux Gentils, a voulu aussi qu’à la même époque, les saints Docteurs qui ont défendu la vraie Foi contre les hérétiques, fussent pareillement représentés dans cette importante fraction du Cycle catholique. Deux d’entre eux, Saint Ambroise et Saint Pierre Chrysologue, resplendissent au ciel de la sainte Église, en cette saison, comme deux astres éclatants. Il est digne de remarque que tous deux ont été les vengeurs du Fils de Dieu que nous attendons. Le premier a vaillamment combattu les Ariens, dont le dogme impie voudrait faire du Christ, objet de nos espérances, une créature et non un Dieu ; le second s’est opposé à Eutychés, dont le système sacrilège détruit toute la gloire de l’Incarnation du Fils de Dieu, osant enseigner que, dans ce mystère, la nature humaine a été absorbée par la divinité.

C’est ce second Docteur, le pieux Pontife de Ravenne, que nous honorons aujourd’hui. Son éloquence pastorale lui acquit une haute réputation, et il nous est resté un grand nombre de ses sermons. On y recueille une foule de traits de la plus exquise beauté, bien qu’on y sente quelquefois la décadence de la littérature au Vème siècle. Le mystère de l’Incarnation y est souvent traité, et toujours avec une précision et un enthousiasme qui révèlent la science et la piété du saint évêque. Son admiration et son amour envers Marie Mère de Dieu qui avait, en ce siècle, triomphé de ses ennemis par le décret du concile d’Éphèse, lui inspirent les plus beaux mouvements et les plus heureuses pensées.

Saint Pontife, dont la bouche d’or s’est ouverte dans l’assemblée des fidèles, pour faire connaître Jésus-Christ, daignez considérer d’un œil paternel le peuple chrétien qui veille dans l’attente de cet Homme-Dieu dont vous avez si hautement confessé la double nature. Obtenez-nous la grâce de le recevoir avec le souverain respect dû à un Dieu qui descend vers sa créature, et avec la tendre confiance que l’on doit à un frère qui vient s’offrir en sacrifice pour ses frères indignes. Fortifiez notre foi, ô très saint Docteur ! Car l’amour qu’il nous faut procède de la foi. Détruisez les hérésies qui dévastent le champ du Père de famille ; confondez surtout l’odieux panthéisme, dont l’erreur d’Eutychès est une des plus funestes semences. Éteignez-le enfin dans ces nombreuses chrétientés d’Orient qui ne connaissent l’ineffable mystère de l’Incarnation que pour le blasphémer, et poursuivez aussi parmi nous ce système monstrueux qui, sous une forme plus repoussante encore, menace de tout dévorer. Inspirez aux fidèles enfants de l’Église cette parfaite obéissance aux jugements du Siège Apostolique, dont vous donniez à l’hérésiarque Eutychès, dans votre immortelle Épître, une si belle et si utile leçon, quand vous lui disiez : "Sur toutes choses, nous vous exhortons, honorable frère, de recevoir avec obéissance les choses qui ont été écrites par le bienheureux Pape de la ville de Rome ; car Saint Pierre, qui vit et préside toujours sur son propre Siège, y manifeste la vérité de la foi à tous ceux qui la lui demandent."

L'année liturgique, dom Guéranger

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Saint Sabas
  5 décembre : Saint Sabas, Abbé (439-531)

Saint Sabas, né près de Césarée, en Cappadoce, de parents nobles et pieux, fut mis, à l'âge de cinq ans, sous la tutelle d'un oncle fort méchant ; il s'enfuit et se réfugia dans un couvent. C'était la Providence qui avait conduit ses pas ; il embrassa généreusement toutes les saintes rigueurs de la vie monastique. Dix ans plus tard, le désir de visiter les Lieux sanctifiés par la vie mortelle du Sauveur le conduisit à Jérusalem. Ayant fait son pèlerinage, il résolut de se fixer au milieu des célèbres anachorètes de la Palestine et vécut jusqu'à l'âge de trente ans sous la direction du saint solitaire Théoctiste. Mais il lui semblait que Dieu demandait de lui davantage, et, croyant n'avoir encore rien fait, il s'enfonça dans la solitude voisine pour y vivre avec Dieu seul.

Renfermé dans une petite grotte, il y passait cinq jours de la semaine sans prendre aucune nourriture, uniquement appliqué à la prière, au chant des psaumes et au travail manuel. Chaque samedi, il apportait au monastère qu'il avait habité tous les paniers qu'il avait tressés, passait le dimanche avec ses frères et revenait à son ermitage. Plus tard, il se retira sur les bords du Jourdain, où le démon le tourmenta par des spectres horribles, des hurlements affreux, des menaces, des coups, et surtout des apparitions séduisantes. Le saint, armé de la prière, remporta autant de victoires qu'il eut à livrer de combats, jusqu'à décourager son redoutable ennemi.

Sabas, toujours poussé par le désir d'une solitude de plus en plus profonde, se retira sur des rochers abrupts ; il y établit, pour monter et pour descendre, un gros câble à nœuds qui lui servait de rampe. Il lui fallait aller chercher de l'eau à deux lieues de là et la monter sur ses épaules. Sa nourriture consistait uniquement en racines sauvages ; mais, en revanche Dieu nourrissait son âme de l'abondance de Ses consolations.

Sabas fut découvert par la vue de la corde qui pendait du rocher, et dès lors sa solitude se changea en affluence énorme de pèlerins qui venaient lui demander communication des biens célestes dont il était rempli. Beaucoup demeuraient ses disciples, et il groupa dans la vallée un grand nombre de petites cellules pour les recevoir. De grands saints, attirés par la renommée de ses vertus, vinrent eux-mêmes le visiter. Il s'arrachait parfois à sa solitude, quand la gloire de Dieu le demandait, et plusieurs fois la cour de Constantinople fut édifiée de ses vertus.

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Saint Nicolas de Myre
  6 décembre : Saint Nicolas de Myre, Évêque et Confesseur, Titulaire de la Cathédrale et Patron principal de la ville et du canton de Fribourg et du Diocèse

Saint Nicolas de Patare, en Lycie, fut le fruit des prières de ses pieux parents. Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance ; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner, et l'on rapporte même que, le vendredi et le samedi, il ne prenait qu'une fois le sein de sa nourrice.
Il avait un oncle évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction : "Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ."

Une de ses premières œuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu ; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.

Après un pèlerinage aux Lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder. Dès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande ; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture ; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes ; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.

Nicolas, sous la persécution de Dioclétien, fut jeté dans un cachot et mis à la torture ; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.

Peu de saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain ; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours. Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce. On l'honore comme le patron des écoliers.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Ambroise
  7 décembre : Saint Ambroise, Évêque, Docteur de l'Église (333-398)

Saint Ambroise était fils d'un préfet des Gaules. Étant encore au berceau, il dormait, un jour, quand soudain des abeilles vinrent voltiger autour de lui et pénétrèrent dans sa bouche ouverte, puis s'élevèrent vers le ciel : c'était le présage de son éloquence et de sa grandeur future. Quelques années plus tard il prédit lui-même, sans peut-être le comprendre, son avenir ; car, s'étant aperçu que sa mère et sa sœur baisaient la main de l'évêque, à l'église, il leur dit naïvement : "Baisez-moi aussi la main, je serai évêque un jour."

Ambroise était gouverneur de Milan, quand le peuple, réuni à l'église, semblait prêt à faire une sédition pour obtenir un évêque, dont il était privé depuis vingt ans par la faute des hérétiques. Le magistrat se rendit à l'église pour calmer la foule ; mais voici qu'un enfant l'interrompit et cria : "Ambroise évêque !"
C'était la voix du Ciel ; celle du peuple y répondit, et le temple retentit de ce cri répété avec enthousiasme : "Ambroise évêque ! Ambroise évêque !"
Ambroise proteste ; il objecte qu'il n'est que catéchumène, il se fraye un passage à travers la foule et s'esquive en son palais ; mais la foule le suit, déjoue tous ses stratagèmes et répète cent fois le même cri. Il s'enfuit à cheval pendant la nuit, mais il perd son chemin, et à son grand étonnement se retrouve le matin à son point de départ.

On sait comment le nouvel évêque comprit la mission qu'il avait reçue d'une manière si providentielle. Ambroise fut le fléau des hérétiques et le vaillant défenseur de la vraie foi. Parmi toutes ses vertus, l'énergie, une fermeté tout apostolique, semble avoir été la principale. Un jour on vient lui apporter un ordre injuste signé par l'empereur Valentinien : "Allez dire à votre maître, répondit Ambroise, qu'un évêque ne livrera jamais le temple de Dieu."
Bientôt il apprend que les hérétiques, soutenus par l'autorité, vont s'emparer de deux basiliques : "Allez, s'écria Ambroise du haut de la chaire sacrée, dire aux violateurs des temples saints que l'évêque de Milan excommunie tous ceux qui prendront part au sacrilège."

Le fait le plus célèbre, c'est le châtiment qu'il osa imposer à l'empereur Théodose. Ce prince, les mains encore souillées du sang versé au massacre de Thessalonique, se présente au seuil du temple. Ambroise est là : "Arrêtez, lui dit-il ; imitateur de David dans son crime, imitez-le dans sa pénitence."
Saint Ambroise fut un grand évêque, un savant docteur, un orateur éloquent, un homme de haute sainteté.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Immaculée Conception de la Vierge Marie




Immaculée Conception de la Vierge Marie


Immaculée Conception de la Vierge Marie
  8 décembre : Immaculée Conception de la Vierge Marie

Enfin, l’aurore du Soleil tant désiré brille aux extrémités du ciel, tendre et radieuse. L’heureuse Mère du Messie devait naître avant le Messie lui-même ; et ce jour est celui de la Conception de Marie. La terre possède déjà un premier gage des célestes miséricordes ; le Fils de l’homme est à la porte. Deux vrais Israélites, Joachim et Anne, nobles rejetons de la famille de David, voient enfin, après une longue stérilité, leur union rendue féconde par la toute-puissance divine. Gloire au Seigneur qui s’est souvenu de Ses promesses, et qui daigne, du haut du ciel, annoncer la fin du déluge de l’iniquité, en envoyant à la terre la blanche et douce colombe qui porte la nouvelle de paix !

La fête de l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge est la plus solennelle de toutes celles que l’Église célèbre au saint temps de l’Avent ; et s’il était nécessaire que la première partie du Cycle présentât la commémoration de quelqu’un des Mystères de Marie, il n’en est aucun dont l’objet pût offrir de plus touchantes harmonies avec les pieuses préoccupations de l’Église en cette mystique saison de l’attente. Célébrons donc avec joie cette solennité ; car la Conception de Marie présage la prochaine Naissance de Jésus.

L’intention de l’Église, dans cette fête, n’est pas seulement de célébrer l’anniversaire de l’instant fortuné auquel commença, au sein de la pieuse Anne, la vie de la très glorieuse Vierge Marie ; mais encore d’honorer le sublime privilège en vertu duquel Marie a été préservée de la tache originelle que, par un décret souverain et universel, tous les enfants d’Adam contractent au moment même où ils sont conçus dans le sein de leurs mères. La foi de l’Église catholique que nous avons entendu solennellement reconnaître comme révélée de Dieu même, au jour à jamais mémorable du huit décembre 1854, cette foi qu’a proclamée l’oracle apostolique, par la bouche de Pie IX, aux acclamations de la chrétienté tout entière, nous enseigne qu’au moment où Dieu a uni l’âme de Marie qu’il venait de créer au corps qu’elle devait animer, cette âme à jamais bénie, non seulement n’a pas contracté la souillure qui envahit à ce moment toute âme humaine, mais qu’elle a été remplie d’une grâce immense qui l’a rendue, dès ce moment, le miroir de la sainteté de Dieu même, autant qu’il est possible à un être créé.

Une telle suspension de la loi portée par la justice divine contre toute la postérité de nos premiers parents était motivée par le respect que Dieu porte à sa propre sainteté. Les rapports que Marie devait avoir avec la divinité même, étant non seulement la Fille du Père céleste, mais appelée à devenir la propre Mère du Fils, et le Sanctuaire ineffable de l’Esprit-Saint, ces rapports exigeaient que rien de souillé ne se rencontrât, même un seul instant, dans la créature prédestinée à de si étroites relations avec l’adorable Trinité ; qu’aucune ombre n’eût jamais obscurci en Marie la pureté parfaite que le Dieu souverainement saint veut trouver même dans les êtres qu’il appelle à jouir au ciel de sa simple vue ; en un mot, comme le dit le grand docteur Saint Anselme : "Il était juste qu’elle fût ornée d’une pureté au-dessus de laquelle on n’en puisse concevoir de plus grande que celle de Dieu même, cette Vierge à qui Dieu le Père devait donner son Fils d’une manière si particulière que ce Fils deviendrait par nature le Fils commun et unique de Dieu et de la Vierge ; cette Vierge que le Fils devait élire pour en faire substantiellement sa Mère, et au sein de laquelle l’Esprit-Saint voulait opérer la conception et la naissance de Celui dont il procédait lui-même."

En même temps, les relations que le Fils de Dieu avait à contracter avec Marie, relations ineffables de tendresse et de déférence filiales, avant été éternellement présentes à Sa pensée, elles obligent à conclure que le Verbe divin a ressenti pour cette Mère qu’il devait avoir dans le temps, un amour d’une nature infiniment supérieure à celui qu’il éprouvait pour tous les êtres créés par Sa puissance. L’honneur de Marie lui a été cher au-dessus de tout, parce qu’elle devait être Sa Mère, qu’elle l’était même déjà dans ses éternels et miséricordieux desseins. L’amour du Fils a donc protégé la Mère ; et si celle-ci, dans son humilité sublime, n’a repoussé aucune des conditions auxquelles sont soumises toutes les créatures de Dieu, aucune des exigences même de la loi de Moïse qui n’avait pas été portée pour elle, la main du Fils divin a abaissé pour elle l’humiliante barrière qui arrête tout enfant d’Adam venant en ce monde, et lui ferme le sentier de la lumière et de la grâce jusqu’à ce qu’il ait été régénéré dans une nouvelle naissance.

Le Père céleste ne pouvait pas faire moins pour la nouvelle Ève qu’il n’avait fait pour l’ancienne, qui fut établie tout d’abord, ainsi que le premier homme, dans l’état de sainteté originelle où elle ne sut pas se maintenir. Le Fils de Dieu ne devait pas souffrir que la femme à laquelle il emprunterait sa nature humaine eût à envier quelque chose à celle qui a été la mère de prévarication. L’Esprit-Saint, qui devait la couvrir de son ombre et la rendre féconde par sa divine opération, ne pouvait pas permettre que Sa Bien-Aimée fût un seul instant maculée de la tache honteuse avec laquelle nous sommes conçus. La sentence est universelle ; mais une Mère de Dieu devait en être exempte. Dieu auteur de la loi, Dieu qui a posé librement cette loi, n’était-il pas le maître d’en affranchir celle qu’il avait destinée à lui être unie en tant de manières ? Il le pouvait, Il le devait : Il l’a donc fait.

Et n’était-ce pas cette glorieuse exception qu’Il annonçait Lui-même au moment où comparurent devant Sa majesté offensée les deux prévaricateurs dont nous sommes tous issus ? La promesse miséricordieuse descendait sur nous dans l’anathème qui tombait sur le serpent. "J’établirai Moi-même, disait le Seigneur, une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et son fruit ; et elle-même t’écrasera la tête."
Ainsi, le salut était annoncé à la famille humaine sous la forme d’une victoire contre Satan ; et cette victoire, c’est la Femme qui la devait remporter pour nous tous. Et que l’on ne dise pas que ce sera le fils de la femme qui la remportera seul, cette victoire : le Seigneur nous dit que l’inimitié de la femme contre le serpent sera personnelle, et que, de son pied vainqueur, elle brisera la tête de l’odieux reptile ; en un mot, que la nouvelle Ève sera digne du nouvel Adam, triomphante comme lui ; que la race humaine un jour sera vengée, non seulement par le Dieu fait homme, mais aussi par la Femme miraculeusement soustraite à toute atteinte du péché ; en sorte que la création primitive dans la sainteté et la justice (Ephes. 4,24) reparaîtra en elle, comme si la faute primitive n’avait pas été commise.

Relevez donc la tête, enfants d’Adam, et secouez vos chaînes. Aujourd’hui, l’humiliation qui pesait sur vous est anéantie. Voici que Marie, qui est votre chair et votre sang, a vu reculer devant elle le torrent du péché qui entraîne toutes les générations : le souffle du dragon infernal s’est détourné pour ne pas la flétrir ; la dignité première de votre origine est rétablie en elle. Saluez donc ce jour fortuné où la pureté première de votre sang est renouvelée : la nouvelle Ève est produite ; et de son sang qui est aussi le vôtre, moins le péché, elle va vous donner, sous peu d’heures, le Dieu-homme qui procède d’elle selon la chair, comme il sort de son Père par une génération éternelle.

Et comment n’admirerions-nous pas la pureté incomparable de Marie dans sa conception immaculée, lorsque nous entendons, dans le divin Cantique, le Dieu même qui l’a ainsi préparée pour être sa Mère, lui dire avec l’accent d’une complaisance toute d’amour : "Vous êtes toute belle, ma bien-aimée, et il n’y a en vous aucune tache ?" (Cant. 4, 7.)
C’est le Dieu de toute sainteté qui parle ; Son œil qui pénètre tout ne découvre en Marie aucune trace, aucune cicatrice du péché ; voilà pourquoi Il se conjoint avec elle, et la félicite du don qu’Il a daigné lui faire. Après cela, nous étonnerons-nous que Gabriel, descendu des cieux pour lui apporter le divin message, soit saisi d’admiration à la vue de cette pureté dont le point de départ a été si glorieux et les accroissements sans limites ; qu’il s’incline profondément devant une telle merveille, et qu’il dise : "Salut, ô Marie, pleine de grâce !"
Gabriel mène sa vie immortelle au centre de toutes les magnificences de la création, de toutes les richesses du Ciel ; il est le frère des Chérubins et des Séraphins, des Trônes et des Dominations ; son regard parcourt éternellement ces neuf hiérarchies angéliques où la lumière et la sainteté resplendissent souverainement, croissant toujours de degré en degré ; mais voici qu’il a rencontré sur la terre, dans une créature d’un rang inférieur aux Anges, la plénitude de la grâce, de cette grâce qui n’a été donnée qu’avec mesure aux Esprits célestes, et qui repose en Marie depuis le premier instant de sa création. C’est la future Mère de Dieu toujours sainte, toujours pure, toujours immaculée.

Cette vérité révélée aux Apôtres par le divin Fils de Marie, recueillie dans l’Église, enseignée par les saints Docteurs, crue avec une fidélité toujours plus grande par le peuple chrétien, était contenue dans la notion même d’une Mère de Dieu. Croire Marie Mère de Dieu, c’était déjà croire implicitement que celle en qui devait se réaliser ce titre sublime n’avait jamais rien eu de commun avec le péché, et que nulle exception n’avait pu coûter à Dieu pour l’en préserver. Mais désormais l’honneur de Marie est appuyé sur la sentence explicite qu’a dictée l’Esprit-Saint. Pierre a parlé par la bouche de Pie IX ; et lorsque Pierre a parlé, tout fidèle doit croire ; car le Fils de Dieu a dit : "J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille jamais" (Luc 27,32) ; et Il a dit aussi : "Je vous enverrai l’Esprit de vérité qui demeurera avec vous à jamais, et vous fera souci venir de tout ce que je vous avais enseigné." (Jean 14,20.)

Le symbole de notre foi a donc acquis, non une vérité nouvelle, mais une nouvelle lumière sur la vérité qui était auparavant l’objet de la croyance universelle. En ce jour, le serpent infernal a senti de nouveau la pression victorieuse du pied de la Vierge-mère, et le Seigneur a daigné nous donner le gage le plus signalé de ses miséricordes. Il aime encore cette terre coupable ; car il a daigné l’éclairer tout entière d’un des plus beaux rayons de la gloire de sa Mère. N’a-t-elle pas tressailli, cette terre ? N’a-t-elle pas ressenti à ce moment un enthousiasme que notre génération n’oubliera jamais ? Quelque chose de grand s’accomplissait à cette moitié du siècle ; et nous attendrons désormais les temps avec plus de confiance, puisque si l’Esprit-Saint nous avertit de craindre pour les jours où les vérités diminuent chez les enfants des hommes, il nous dit assez par là que nous devons regarder comme heureux les jours où les vérités croissent pour nous en lumière et en autorité.

En attendant l’heure de la proclamation solennelle du grand dogme, la sainte Église le confessait chaque année, en célébrant la fête d’aujourd’hui. Cette fête n’était pas appelée, il est vrai, la Conception Immaculée, mais simplement la Conception de Marie. Toutefois, le fait de son institution et de sa célébration exprimait déjà suffisamment la croyance de la chrétienté. Saint Bernard et l’Angélique Docteur Saint Thomas s’accordent à enseigner que l’Église ne peut pas célébrer la fête de ce qui n’est pas saint ; la Conception de Marie fut donc sainte et immaculée, puisque l’Église, depuis tant de siècles, l’honore d’une fête spéciale. La Nativité de Marie est l’objet d’une solennité dans l’Église, parce que Marie naquit pleine de grâce ; si donc le premier instant de son existence eût été marqué par la flétrissure commune, sa Conception n’aurait pu être l’objet d’un culte. Or, il est peu de fêtes plus générales et mieux établies dans l’Église que celle que nous célébrons aujourd’hui.

L’Église grecque, héritière plus prochaine des pieuses traditions de l’Orient, la célébrait déjà au VIème siècle, comme on le voit par le Type ou cérémonial de Saint Sabbas. En Occident nous la trouvons établie dès le VIIIème siècle, dans l’Église gothique d’Espagne. Un célèbre calendrier gravé sur le marbre, au IXème siècle, pour l’usage de l’Église de Naples, nous la montre déjà instituée à cette époque. Paul Diacre, secrétaire de Charlemagne, puis moine au Mont-Cassin, célébrait le mystère de l’Immaculée Conception dans une Hymne remarquable. En 1066, la fête s’établissait en Angleterre à la suite d’un prodige opéré sur mer en faveur du pieux abbé Helsin, et bientôt elle s’étendait dans cette île par les soins du grand S aint Anselme, moine et archevêque de Cantorbéry ; de là elle passait en Normandie, et prenait possession du sol français. Nous la trouvons en Allemagne sanctionnée dans un concile présidé, en 1049, par Saint Léon IX ; dans la Navarre, en 1090, à l’abbaye d’Irach ; en Belgique, à Liège, en 1142. C’est ainsi que toutes les Églises de l’Occident rendaient tour à tour témoignage au mystère, en acceptant la fête qui l’exprimait.

Enfin, l’Église de Rome l’adopta elle-même, et par son concours vint rendre plus imposant encore ce concert de toutes les Églises. Ce fut Sixte IV qui, en 1476, rendit le décret qui instituait la fête de la Conception de Notre-Dame dans la ville de Saint Pierre. Au siècle suivant, en 1568, Saint Pie V publiait l’édition universelle du Bréviaire Romain ; on y voyait cette fête inscrite au calendrier, comme l’une des solennités chrétiennes qui doivent chaque année réunir les vœux des fidèles. Rome n’avait pas déterminé le mouvement de la piété catholique envers le mystère ; elle le sanctionnait de son autorité liturgique, comme elle l’a confirmé, dans ces derniers temps, de son autorité doctrinale.

Les trois grands états de l’Europe catholique, l’Empire d’Allemagne, la France et l’Espagne, se signalèrent, chacun à sa manière, par les manifestations de leur piété envers Marie immaculée dans sa Conception. La France, par l’entremise de Louis XIV, obtint de Clément IX que la fête serait célébrée avec Octave dans le royaume : faveur qui fut bientôt étendue à l’Église universelle par Innocent XII. Déjà, depuis des siècles, la faculté de théologie de Paris astreignait tous ses Docteurs à prêter serment de soutenir le privilège de Marie, et elle maintint cette pieuse pratique jusqu’à son dernier jour.

L’empereur Ferdinand III, en 1647, fit élever sur la grande place de Vienne une splendide colonne couverte d’emblèmes et de figures qui sont autant de symboles de la victoire que Marie a remportée sur le péché, et surmontée de la statue de notre Reine immaculée.

L’Espagne dépassa tous les États catholiques par son zèle pour le privilège de Marie. Dès l’année 1398, Jean Ier, roi d’Aragon, donnait une charte solennelle pour mettre sa personne et son royaume sous la protection de Marie conçue sans péché. Plus tard, les rois Philippe III et Philippe IV faisaient partir pour Rome des ambassades qui sollicitaient en leur nom la solennelle décision que le Ciel, dans sa miséricorde, avait réservée pour nos temps. Charles III, au siècle dernier, obtenait de Clément XIII que la Conception Immaculée devînt la fête patronale des Espagnes. Les habitants du royaume Catholique inscrivaient sur la porte ou sur la façade de leurs maisons la louange du privilège de Marie ; ils se saluaient en le prononçant dans une formule touchante. Marie de Jésus, abbesse du monastère de l’Immaculée-Conception d’Agréda, écrivait son livre de la Cité mystique de Dieu, dans lequel Murillo s’inspirait pour produire le chef-d’œuvre de la peinture espagnole.

Mais il ne serait pas juste d’omettre, dans cette énumération des hommages rendus à Marie Immaculée, la part immense qu’a eue l’Ordre Séraphique au triomphe terrestre de cette auguste Souveraine de la terre et des cieux. Le pieux et profond docteur Jean Duns Scot, qui le premier sut assigner au dogme de la Conception Immaculée le rang qu’il occupe dans la divine théorie de l’Incarnation du Verbe, ne mérite-t-il pas d’être nommé aujourd’hui avec l’honneur qui lui est dû ? Et toute l’Église n’a-t-elle pas applaudi à l’audience sublime que reçut du Pontife la grande famille des Frères-Mineurs, au moment où toutes les pompes de la solennelle proclamation du dogme paraissant accomplies, Pie IX y mit le dernier sceau en acceptant des mains de l’Ordre de Saint-François l’hommage touchant et les actions de grâces que lui offrait l’École scotiste, après quatre siècles de savants travaux en faveur du privilège de Marie ? En présence de cinquante-quatre Cardinaux, de quarante-deux Archevêques et de quatre-vingt-douze Évêques, sous les regards d’un peuple immense qui remplissait le plus vaste temple de l’univers, et avait joint sa voix pour implorer la présence de l’Esprit de vérité, le Vicaire du Christ venait de prononcer l’oracle attendu depuis des siècles ; le divin Sacrifice avait été offert par lui sur la Confession de Saint Pierre ; la main du Pontife avait orné d’un splendide diadème l’image de la Reine immaculée ; porté sur son trône aérien et le front ceint de la triple couronne, il était arrivé près du portique de la basilique. Là, prosternés à ses pieds, les deux représentants du Patriarche Séraphique arrêtèrent sa marche triomphale. L’un présentait une branche de lis en argent : c’était le Général des Frères-Mineurs de l’Observance ; une tige de rosier chargée de ses fleurs, de même métal, brillait aux mains du second : c’était le Général des Frères-Mineurs Conventuels. Lis et roses, fleurs de Marie, pureté et amour symbolisés dans cette offrande que rehaussait la blancheur de l’argent, pour rappeler le doux éclat de l’astre sur lequel se réfléchit la lumière du soleil : car "Marie est belle comme la lune", nous dit le divin Cantique (4,9). Le Pontife ému daigna accepter le don de la famille Franciscaine, de qui l’on pouvait dire en ce jour, comme de l’étendard de notre héroïne française, "qu’ayant été à la lutte, il était juste qu’elle fût aussi au triomphe."
Et ainsi se terminèrent les pompes si imposantes de cette grande matinée du huit décembre 1854.

C’est ainsi que vous avez été glorifiée sur la terre en votre Conception Immaculée, ô vous la plus humble des créatures ! Mais comment les hommes ne mettraient-ils pas toute leur joie à vous honorer, divine aurore du Soleil de justice ? Ne leur apportez-vous pas, en ces jours, la nouvelle de leur salut ? N’êtes-vous pas, ô Marie, cette radieuse espérance qui vient tout d’un coup briller au sein même de l’abîme de la désolation ? Qu’allions-nous devenir sans le Christ qui vient nous sauver ? Et vous êtes Sa Mère à jamais chérie, la plus sainte des créatures de Dieu, la plus pure des vierges, la plus aimante des mères !

L'année liturgique, dom Guéranger

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Saint Pierre Fourier
  9 décembre : Saint Pierre Fourier, Fondateur de la Congrégation de Notre-Dame († 1640)

C'est à Mirecourt, en Lorraine indépendante, que naquit, le 30 novembre 1565, Pierre Fourier, de parents foncièrement chrétiens. Ceux-ci voulurent nommer leurs trois fils, Pierre, Jacques et Jean, afin qu'autant de fois ils se souviendraient d'eux-mêmes, ils fussent poussés à ne pas se contenter d'une vertu médiocre.

Pierre mit généreusement à profit ces leçons : ferveur dans la prière, obéissance prompte et affectueuse, douceur inaltérable, fuite des plus innocentes familiarités et des moindres mensonges. À quinze ans son père le conduisit à l'Université de Pont-à-Mousson. Son séjour se résume dans cet éloge décerné par ses maîtres : ou il prie, ou il étudie.

Pierre Fourier entra ensuite chez les Chanoines Réguliers de Saint-Augustin : il était appelé à travailler à la réforme de cet Ordre alors fort relâché. Après six ans d'études théologiques à Pont-à-Mousson, il rentra au monastère. Sa ferveur fit scandale parmi ses confrères ; il dut se retirer, et accepta la petite paroisse de Mattaincourt, aussi indifférente que dépravée.
Le premier sermon du nouveau curé de Mattaincourt fut si pathétique qu'après quarante ans on s'en souvenait encore. Mais personne ne le retint autant que Pierre Fourier lui-même, pour le réaliser dans sa conduite. Brûlant d'amour pour Dieu et le prochain, il se met à l'œuvre avec un courage et une persévérance qui ne se démentent jamais. Il ménage le temps comme un baume précieux dont il ne faut pas, dit-il perdre une seule goutte à escient.

Attentif au bien des âmes, il l'est aussi à celui des corps : il secourt ses paroissiens dans leurs nécessités, leurs embarras, leurs discordes, leurs intérêts, pour la sauvegarde desquels il fonde la Bourse Saint-Epvre. Il passe des nuits entières auprès des malades. Un jour il prête à l'un ses couvertures, à l'autre ses draps, à un autre la paillasse et le bois du lit. Un pauvre soldat, auquel, le jour de Pâques, il a donné un repas, lui dit : "Je suis content. Je prie Dieu de bon cœur, pour l'honneur de Son Église, que tous les curés vous ressemblent !"
Mais c'est surtout pour les enfants qu'il déploie son affectueuse sollicitude. Aussi lui rendent-ils amour pour amour. À la vue de l'insuffisance de l'instruction, il crée pour eux une Congrégation de maîtresses, qui, aux exercices de la vie religieuse, à la clôture même, joignent l'enseignement. Quelques jeunes filles, à la tête desquelles est Alix Le Clerc, forment le noyau de l'Ordre des Chanoinesses de Saint-Augustin Notre-Dame.
La fidélité de Pierre Fourier aux Princes lorrains sauva pour un siècle la nationalité de la Lorraine, mais empoisonna ses derniers jours ; car Richelieu ne put lui pardonner cet échec à sa politique. Traqué de maison en maison, le curé de Mattaincourt en fut réduit à s'exiler en Franche-Comté et à y passer les quatre dernières années de sa vie. Pendant ce temps, Mattaincourt était pillé à plusieurs reprises.

Réfugié à Gray, Pierre Fourier y fit ce qu'il avait toujours fait ; il employa ses dernières forces à secourir et à consoler le prochain. En octobre 1639, il tomba malade, et après deux mois de maladie, il exhala son âme avec ces paroles qu'il avait tant de fois répétées : "Nous avons un bon Maître et une bonne Souveraine !" C'était le 9 décembre 1640.

Nouvelle Vie des Saints, J.-M. Planchet

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Translation de la Maison de la Sainte Famille à Lorette
  10 décembre : Translation de la Maison de la Sainte Famille à Lorette

La nouvelle terrible que la Terre Sainte était perdue pour les chrétiens répandit une profonde tristesse dans toute l'Église ; mais en même temps une autre nouvelle vint consoler les âmes chrétiennes : la sainte Maison de Nazareth, où la Vierge Marie avait conçu le Verbe fait chair, avait été transportée par les Anges en Dalmatie.

Au lever de l'aurore, les habitants du pays ne remarquèrent pas sans étonnement un nouvel édifice qui reposait sur la terre sans fondements, et attestait, par sa forme, une origine étrangère. Quel pouvait être ce monument ? Pendant que l'on s'interrogeait avec curiosité, Marie apportait Elle-même du Ciel la réponse à l'évêque du diocèse qui, gravement malade, demandait au Ciel sa guérison pour aller voir le prodige : "Mon fils, lui dit Marie en lui apparaissant, cette maison est la maison de Nazareth où a été conçu le Fils de Dieu. Ta guérison fera foi du prodige."

Trois ans plus tard, la sainte Maison, portée par les mains des Anges, s'éleva de nouveau dans les airs et disparut aux yeux du peuple désolé, le 10 décembre 1294. Or, le lendemain matin, les habitants de Récanati, en Italie, voyaient sur la montagne voisine de Lorette une maison inconnue, à l'aspect extraordinaire. On eut bientôt constaté que cette maison était celle de Nazareth, que les habitants de la Dalmatie avaient vue soudain disparaître dans le même temps. De là un concours immense de peuples.

Au XIVème siècle, un temple magnifique fut bâti pour garder la maison miraculeuse. Ce temple existe encore et voit chaque jour de nombreux pèlerins de toutes les parties du monde. Que ne dit pas au cœur du chrétien ce monument vénérable ! Combien il rappelle de mystères ! Combien il a vu de merveilles de sainteté ! Combien sa présence à Lorette et son existence aujourd'hui supposent de miracles ! Le pèlerin aime à se dire : "Là pria Marie, là travailla Joseph, là vécut Jésus !"
Il aime à baiser un objet de bien peu de valeur par lui-même, mais plus précieux que tous les trésors, par les souvenirs qui y sont attachés : on l'appelle la sainte Écuelle ; c'est le petit vase de terre où le Sauveur, dit la tradition, prenait Sa nourriture.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Damase
  11 décembre : Saint Damase, Pape (304-384)

On convient que Saint Damase était d'origine espagnole, quoiqu'on ne sache pas précisément en quelle ville ni en quelle province il naquit, vers l'an 304. Étant venu à Rome avec sa famille, il entra dans les Ordres sacrés et devint par ses mérites un des membres les plus considérables du clergé. Le Pape Saint Libère en fit son archidiacre ou vicaire général et lui confia la charge de nonce apostolique auprès des empereurs Valens et Valentinien.

En 355, Libère, gardien de la foi de Nicée et défenseur de Saint Athanase, fut enlevé de son siège par ordre de l'empereur Constance. Ne se contentant pas de témoigner de sa fidélité au souverain pontife, Damase voulut l'accompagner quelque temps jusqu'en Thrace où il souffrit l'exil et la mort. Après le décès du Saint-Père, Saint Damase, alors âgé de soixante-deux ans, fut élu pour lui succéder.
Ursin ou Ursicin, diacre ambitieux qui convoitait la haute dignité de souverain pontife, se fit élire antipape. Jaloux de l'ascendant moral dont jouissait Saint Damase, Ursin le fit accuser d'adultère. Le saint pontife ne se troubla point de cette noire calomnie, mais pour le bien de l'Église, il assembla à Rome un synode de quarante-quatre évêques où il se justifia pleinement. Ses accusateurs furent excommuniés et chassés de la ville éternelle.

Malgré ces difficultés, Saint Damase donna tout son éclat à la papauté au IVème siècle. En 369, sur le conseil de Saint Athanase, il convoqua un concile à Rome où il condamna les décrets du faux concile de Rimini dans lequel la profession de foi du concile de Nicée avait été rejetée, et déposa Auxence, évêque arien de Milan. En 373, dans un deuxième concile toujours tenu à Rome, il condamna les nombreuses hérésies qui infectaient alors l'Église d'Orient, surtout celle d'Apollinaire qui prétendait que le corps de Jésus-Christ n'avait pas été formé dans le sein de Marie, et qu'en la personne du Christ, le Verbe tenait lieu de l'entendement humain. Durant ce même concile, Saint Damase promulgua la liste des Livres de l'Ancien et du Nouveau Testament reconnus comme divinement inspirés. Ce saint Pape régla aussi la psalmodie et introduisit l'usage de terminer tous les psaumes par le Gloria Patri.

En 381, après avoir convaincu d'hérésie les évêques Pallade et Secondien, Saint Damase tint le second concile général de l'Église dans la ville d'Aquilée, afin de remédier au schisme qui affligeait depuis longtemps l'Église d'Antioche. Cette réunion au sommet se composait de cent cinquante évêques d'Orient. Arius et le prince Macédonius furent condamnés, leurs erreurs démasquées, et la foi orthodoxe ressuscita plus forte et plus belle qu'auparavant. Le saint Pape Damase mourut octogénaire, après avoir gouverné pendant dix-huit ans l'Église de Jésus-Christ avec un dévouement inlassable et une sagesse éprouvée.

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Notre-Dame de Guadalupe
  12 décembre : Notre-Dame de Guadalupe

La plupart des historiens sont d’accord pour reconnaître que Juan Diego est né en 1474 dans le quartier Tlayacac à Cuauhtitlan. Entre 1524 et 1525, lui et sa femme se sont convertis et ont été baptisés.

Le matin du 9 décembre 1531, Juan Diego se rendit à Tlatelolco pour assister à la messe. Tout à coup, Juan entendit une douce musique et une voix de femme l’appelant du haut de la colline. Ayant grimpé jusqu’au sommet, il vit une très belle Dame entourée de lumière qui lui révèle être la Vierge Marie. Elle lui demande de se rendre chez l’évêque et d’insister pour la construction d’une église en son honneur en dessous de la colline. Juan Diego se rendit immédiatement au palais épiscopal. Bien qu’il fut reçu avec grande gentillesse, il s’aperçut vite que l’évêque ne pouvait pas croire son histoire. Juan Diego fut découragé et se rendit une nouvelle fois en haut de la colline pour faire part de son échec à la Sainte Vierge. Notre Dame l’encouragea à retourner voir l’évêque et à renouveler sa demande.

L’évêque, toujours incrédule, lui demanda de lui apporter une preuve de l’apparition. Juan Diego fut fortement déçu et troublé. Systématiquement il s’efforça d’éviter la colline Tepeyac. Mais le 12 décembre, alors qu’il s’était précipité pour trouver un prêtre pour assister son oncle gravement malade, Juan passa par la colline et la Vierge lui apparut à nouveau. Informée des réactions de l’évêque, la Vierge demanda à Juan Diego d’aller cueillir des roses sur la colline pourtant complètement desséchée et de les remettre à l’évêque Zumarraga. C’était là le signe qu’il avait demandé. Juan Diego coupa un bouquet de roses qu’il mit dans sa cape et s’empressa de rejoindre l’évêché. Devant l’évêque et plusieurs autres témoins, il ouvrit sa tilma. Alors que les roses tombaient par terre, l’image de la Sainte Vierge apparut sur sa tilma. L’évêque tombant à genoux demanda pardon pour n’avoir pas cru. Il demanda que Juan Diego lui remette sa tilma pour pouvoir la placer dans sa chapelle privée à côté du Saint Sacrement. L’évêque remercia et loua le Seigneur pour avoir été le témoin d’un fait aussi merveilleux. Deux semaines plus tard, une petite chapelle était bâtie sur la colline Tepeyac pour abriter l’image miraculeuse de la Sainte Vierge. La nouvelle des apparitions se propagea très vite et ce furent des foules considérables qui se déplacèrent pour voir l’image de la Vierge.

Les apparitions de la Vierge de Guadalupe ont été tout à fait reconnues par l’Archevêque Alonso de Montùfar en 1555.

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Saint Valéry
  12 décembre : Saint Valéry, Abbé († 619)

Saint Valéry était un enfant de l'Auvergne. Son père l'appliqua tout jeune à la garde des troupeaux, et c'est en s'acquittant de cet emploi qu'il apprit à lire par lui-même. Sa première lecture fut le Psautier. Il aimait à méditer de longues heures en gardant ses troupeaux, et il était ravi toutes les fois qu'il entendait les chants sacrés dans les églises. Jamais on ne le vit entendre sans protestation des paroles inconvenantes, que sa délicatesse de conscience ne pouvait souffrir. Un jour, plein du désir de sa perfection, il s'enfuit, sans la permission de son père, dans un couvent où un de ses oncles était religieux. Son père irrité vint le chercher ; mais ni les caresses, ni les menaces paternelles, ni l'intervention des moines, ne purent le faire sortir, et peu de temps après, son père lui-même, assistant à sa prise d'habit, versait des larmes de joie.

Valéry, après avoir édifié longtemps le monastère par sa sainteté, se sentit inspiré d'aller se mettre, à Luxeuil, sous la direction du célèbre Saint Colomban. Le saint lui donna une partie du jardin à cultiver ; Valéry y mit tant de zèle et d'application, qu'en très peu de jours tous les insectes qui le dévastaient disparurent, ce que le maître attribua à l'obéissance de son disciple bien plus qu'à son travail.

Un jour, Valéry se sentit enflammé du désir de la conquête des âmes ; il obtint du roi Clotaire II la solitude de Leuconay, à l'embouchure de la Somme, et y bâtit un monastère où sa vertu attira bientôt une multitude de disciples. Parmi les miracles nombreux par lesquels le Ciel confirma sa réputation de vertu, on raconte la résurrection d'un supplicié.
Il délivra un grand nombre de possédés. À sa seule vue, les démons s'écriaient : "Voilà notre ennemi qui vient nous tourmenter !"
Un jour, saisi d'indignation à la vue d'un arbre auquel les païens de la contrée rendaient un culte insensé, il dit à l'enfant qui l'accompagnait : "Va, et au nom de Dieu arrache cet arbre maudit !"
L'enfant obéit, l'arbre tombe avec fracas, et les païens ne tardent pas à se convertir.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Corentin
  12 décembre : Saint Corentin, Évêque de Quimper

Né en Armorique, Corentin fait partie des Sept-Saints qui évangélisèrent la Bretagne et qui ont nom : Saint Tugdual de Tréguier, Saint Paterne de Vannes, Saint Samson de Dol, Saint Pol de Léon, Saint Malo et Saint Brieuc.
Il est certain que Saint Corentin a existé et qu'il a assuré l'implantation de l'Église de Cornouailles.

Il participa au Concile d'Angers en 453, mais il est le seul des sept à ne pas avoir une localité pour conserver sa pieuse mémoire en Bretagne (On oublie souvent le vrai nom de Quimper : Quimper-Corentin).
En revanche, le village de Cury en Cornouailles britannique ne l'a pas oublié. De très nombreuses églises et chapelles se sont placées sous son vocable dans le Finistère et les Côtes d'Armor.

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Sainte Lucie
  13 décembre : Sainte Lucie, Abbé († 619)

Lucie, jeune fille de Syracuse, vint à Catane, au tombeau de sainte Agathe, avec sa mère qui souffrait d'un flux de sang incurable. Après avoir prié un instant, Lucie s'endormit et vit en songe Sainte Agathe qui lui dit : "Lucie, ma sœur, pourquoi me demander ce que ta foi a pu obtenir par elle-même ? Ta mère est guérie. Tu seras bientôt la gloire de Syracuse comme je suis la gloire de Catane."
Lucie en échange de la guérison de sa mère, lui demanda et obtint la grâce de garder sa virginité. De retour à Syracuse, elle se défit de ses bijoux, vendit tous ses biens, et ne tarda pas à être dénoncée comme chrétienne par son propre fiancé.

Le gouverneur fait venir Lucie à son tribunal et lui ordonne de sacrifier aux dieux ; Lucie demeure invincible devant toutes les menaces. Les bourreaux la saisissent pour l'entraîner en un mauvais lieu ; mais, malgré leurs efforts, elle reste inébranlable comme un rocher. On la tire avec des cordes attachées à ses pieds et à ses mains sans plus de succès. On attelle plusieurs paires de boeufs pour l'ébranler ; mais toute la vigueur de ces robustes animaux ne produit aucun effet :

"Quels maléfices emploies-tu donc ? dit à Lucie le préfet exaspéré.
– Je ne recours point aux maléfices, dit-elle, mais la puissance de Dieu est avec moi.
– Comment peux-tu, femme de rien, triompher d'un millier d'hommes ?
– Fais-en venir dix mille, et ils ne pourront lutter contre Dieu."

Lucie est alors couverte d'huile, de poix et de résine, et on y met le feu ; mais la flamme respecte la vierge. Enfin elle meurt d'un coup d'épée en prédisant la paix dans l'Église.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Nicaise et Sainte Eutropie
  14 décembre : Saint Nicaise, Archevêque de Reims et Sainte Eutropie, Martyrs (Vème siècle)

Saint Nicaise, archevêque de Reims, fut un vrai pasteur des âmes, l'homme de la paix, de la justice et de la charité. "La gloire d'un pasteur, répétait-il souvent, n'est pas de se couvrir des dépouilles de ses ouailles, mais de se dépouiller lui-même pour les revêtir."

Longtemps la cité de Reims fut docile à sa parole. Mais peu à peu le pasteur affligé vit son troupeau glisser dans la corruption et le vice. Les crimes s'y multipliaient de jour en jour, et la voix de Nicaise, qui flagellait publiquement les abus, n'était plus écoutée. Dieu résolut alors d'envoyer à la cité coupable un châtiment exemplaire. Il appela sur elle le glaive des Vandales. Avant de frapper, le Seigneur, usant de miséricorde, députa du Ciel un Ange pour annoncer au saint évêque le fléau qui allait affliger la ville ingrate.

Nicaise assembla son peuple, et, les larmes dans la voix : "Pleurez, dit-il, gémissez sous la cendre, troupeau infortuné, Dieu a compté le nombre de vos iniquités ; si vous ne faites pénitence, d'effroyables châtiments vont s'appesantir sur vous."
Mais ces salutaires avertissements furent inutiles. L'apparition des Vandales se chargea de justifier la prédiction du saint pontife. Nicaise attendit les barbares à genoux ; l'un d'entre eux se précipita sur lui, et d'un coup de hache lui abattit la tête.

Sa sœur Eutropie allait être épargnée ; mais, craignant des outrages pires que la mort, elle souffleta le meurtrier de son frère, et reçut un coup d'épée au travers du corps. Les barbares s'enfuirent en entendant les anges chanter dans les airs la gloire des martyrs.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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    15 décembre : Sainte Chrétienne, Vierge

Parmi les industries dont la sagesse divine s'est servie pour convertir les peuples les plus barbares, qui étaient en dehors de l'empire romain, une des plus merveilleuses a été d'y envoyer des bannis, des fugitifs, des captifs et des esclaves chrétiens. Ceux-ci par la pureté de leurs mœurs et par la lumière de leurs exhortations, ont souvent converti leurs propres maîtres, et leur ont fait connaître la vérité de l'Évangile.

Nous en avons un grand nombre exemples dans tout le cours de l'histoire de l'Église ; mais un des plus admirables est celui de Sainte Chrétienne, qui se trouva captive et esclave chez les Ibériens, au Sud du Caucase, du temps de l'empereur Constantin. On ignore de quel pays elle était, et par quel malheur elle était tombée entre les mains de ces barbares ; son nom même n'a pu être connu ; et celui de Chrétienne est plutôt le nom de la religion qu'elle professait, et qu'elle implanta dans l'Ibérie, que celui de son baptême.

Dans la servitude, son esprit ne fut pas captif ; elle y servait Dieu avec une innocence et une pureté admirables. L'oraison était sa vie et le jeûne sa nourriture. Elle obéissait à ses maîtres avec une douceur et une modestie que les ravissaient. Elle méprisait l'or et l'argent et les ornements du corps ; elle ne se mettait en peine que de parer son âme des plus nobles vertus. On la voyait, après avoir fait le devoir de sa condition, se retirer dans un coin de la maison, et y passer des heures entières, tant de jours que de nuit, les larmes aux yeux, et dans une prière très fervente.

Cette conduite étonna d'abord les femmes du pays. Elles ne pouvaient assez admirer que cette jeune esclave vécût chaste dans un milieu corrompu et qu'elle fût joyeuse et contente dans une condition aussi assujettissante. Ses abstinences et ses prières, si longues et si constantes, les effrayaient ; et elles ne comprenaient pas pourquoi elle refusait tous les plaisirs de la vie dont elle pouvait jouir. Elles l'interrogèrent sur toutes ces choses. Ce fut alors qu'elle leur révéla que le Dieu qu'elle adorait était un Dieu d'une pureté infinie, que Jésus-Christ, Son Fils étant descendu sur la terre pour le salut des hommes, leur avait donné des exemples et des leçons de mortification et de pénitence qu'elle était obligée de pratiquer ; et qu'elle attendait après cette vie de misère un bonheur éternel qui récompenserait abondamment toutes ses bonnes actions et ses sacrifices. Elle fit si bien qu'elle arriva à convertir la reine, puis le roi des Ibériens et qu'enfin ce dernier fit demander un évêque et des prêtres à l'empereur Constantin, pour instruire son peuple et le christianiser.

Nouvelle Vie des Saints, J.-M. Planchet

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Saint Eusèbe de Verceil
  16 décembre : Saint Eusèbe de Verceil, Évêque et Martyr (315-370)

Aux glorieux noms des défenseurs de la divinité du Verbe dont l’Église honore la mémoire au temps de l’Avent, vient s’associer de lui-même le nom de l’intrépide Eusèbe de Verceil. La foi catholique, ébranlée dans ses fondements au IVème siècle par l’hérésie arienne, se maintint debout par les travaux de quatre souverains Pontifes : Silvestre, qui confirma le Concile de Nicée ; Jules, qui fut l’appui de Saint Athanase ; Libère, dont la foi ne défaillit pas, et qui, rendu à la liberté, confondit les Ariens ; et Damase, qui acheva de ruiner leurs espérances. L’un de ces quatre Pontifes brille sur le Cycle, au temps de l’Avent : c’est Damase, dont nous venons de célébrer la mémoire.
À côté des Pontifes romains, combattent pour la divinité du Verbe quatre grands Évêques, desquels on peut affirmer que leur cause personnelle était en même temps celle du Fils de Dieu Consubstantiel : en sorte que leur dire anathème était dire anathème au Christ lui-même ; tous quatre puissants en œuvres et en paroles, la lumière des Églises, l’amour du peuple fidèle, les invincibles témoins du Christ.
Le premier et le plus grand des quatre est l’Évêque du second Siège de l’Église, Saint Athanase, Patriarche d’Alexandrie ; le deuxième est Saint Ambroise de Milan, que nous avons fêté il y a peu de jours ; le troisième est la gloire des Gaules, Saint Hilaire, Évêque de Poitiers ; le quatrième est l’ornement de l’Italie, Saint Eusèbe, Évêque de Verceil. C’est ce dernier que nous avons à honorer aujourd’hui.

Hilaire aura son tour et confessera bientôt le Verbe éternel auprès de son berceau ; pour Athanase, il paraîtra en son temps, et célébrera dans sa Résurrection triomphante Celui qu’il proclama avec un courage magnanime, en ces jours de ténèbres où la sagesse humaine eût espéré volontiers que le royaume du Christ, après avoir triomphé de trois siècles de persécutions, ne survivrait pas à cinquante années de paix. Saint Eusèbe a donc été élu par la souveraine Providence de Dieu pour conduire le peuple fidèle à la Crèche, et lui révéler le Verbe divin sous les traits de notre faible mortalité. Les souffrances qu’il a endurées pour la divinité du Christ ont été si grandes, que l’Église lui a décerné les honneurs du Martyre, quoiqu’il n’ait pas répandu son sang dans les supplices.

Athlète invincible du Christ que nous attendons, Eusèbe, Martyr et Pontife, que vos fatigues et vos souffrances pour la cause de ce divin Messie ont été grandes ! Elles vous ont cependant paru légères, en comparaison de ce qui est dû à ce Verbe éternel du Père, que son amour a porté à devenir, par l’Incarnation, le serviteur de sa créature. Nous avons, envers ce divin Sauveur, les mêmes obligations que vous. C’est pour nous qu’il va naître d’une Vierge aussi bien que pour vous ; priez donc, afin que notre cœur lui soit toujours fidèle dans la guerre comme dans la paix, en face de nos tentations et de nos penchants, comme s’il s’agissait de le confesser devant les puissances du monde. Fortifiez les Pontifes de la sainte Église, afin que nulle erreur ne puisse tromper leur vigilance, nulle persécution lasser leur courage. Qu’ils soient fidèles imitateurs du souverain Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, et qu’ils paissent toujours le troupeau dans l’unité et la charité de Jésus-Christ.

L'année liturgique, dom Guéranger

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Sainte Adélaïde
  16 décembre : [Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg] Sainte Adélaïde, Impératrice, Veuve

Fille de Rodolphe II, roi de Bourgogne, elle naquit en 924 ou 931, perdit son père à l'âge de six ans, épousa à seize ans Lothaire II, roi d'Italie, et devine veuve en 950.

Bérenger II, usurpateur du royaume d'Italie, la mit en prison. Elle parvint à s'échapper et alla implorer l'appui de l'empereur Othon Ier, qu'elle épousa. Elle en eut un fils, Othon II qui, à la mort de son père en 973, se laissa influencer par de perfides conseillers et n'eut bientôt que du mépris pour sa mère.

Adélaïde se retira près de son frère Conrad, roi de Bourgogne, mais peu de temps après, une intervention de Saint Mayeul, abbé de Cluny, la fit rentrer en grâce.
Othon II étant mort, Adélaïde, après le couronnement de son petit-fils Othon III, en 983, fut en butte à la jalousie de sa belle-fille Théophanie. Celle-ci ne tarda pas à mourir. Adélaïde recouvra toute son autorité et géra avec sagesse les affaires publiques : ayant pacifié la Bourgogne en 993, elle se retira au couvent de Selt sur le Rhin pour y faire une sainte mort en 999.

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Saint Lazare


Saint Lazare
  17 décembre : Saint Lazare, Évêque de Marseille et Martyr († 80)

Frère de Sainte Marthe et de Sainte Marie-Madeleine, Saint Lazare, né au bourg de Béthanie, et d’une famille illustre, était honoré de l’affection du Sauveur et eut le bonheur de Lui offrir souvent l’hospitalité.

Jésus était loin de lui quand il tomba dangereusement malade. Ses deux sœurs envoyèrent vers le Seigneur et lui firent dire :
"Voici que celui que Vous aimez est malade."
Jésus répondit :
"Cette maladie n’est pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié."
Et étant demeuré encore deux jours où Il était, Il dit à Ses disciples :
"Retournons en Judée. Notre ami Lazare dort ; Je vais le réveiller.
- S’il dort, Seigneur, c’est qu’il est mieux", répliquèrent-ils.
Alors Jésus leur parla ouvertement et dit :
"Lazare est mort."

En effet, Saint Lazare avait expiré, et quand Jésus arriva à Béthanie, il était depuis quatre jours dans le tombeau. Aussitôt que Sainte Marthe apprit que le Seigneur approchait, elle alla au-devant de Lui et Lui dit :
"Seigneur, si Vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort."
Jésus répondit :
"Votre frère ressuscitera.
- Je le crois, Seigneur, dit Marthe, il ressuscitera au dernier jour."
Jésus reprit :
"Je suis la Résurrection et la Vie !"

Alors Sainte Marthe alla vers Sainte Marie-Madeleine et lui dit en secret :
"Le Maître est là et Il vous appelle."
Et Sainte Marie-Madeleine se leva et se hâta d’aller vers Jésus. Puis elle se prosterna à Ses pieds et dit :
"Seigneur, si Vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort."
Lorsque Jésus vit qu’elle pleurait, ainsi que les Juifs qui l’accompagnaient, Il dit :
"Où l’avez-vous mis ?"
Ils répondirent :
"Seigneur, venez et voyez !"
Et Jésus pleura. Les Juifs dirent :
"Voyez comme Il l’aimait !"
Quelques-uns ajoutèrent :
"Cet homme qui ouvrit les yeux d’un aveugle-né ne pouvait-Il pas empêcher celui-ci de mourir ?"

Cependant Jésus, ému de nouveau au-dedans de Lui-même, alla au sépulcre. C’était un caveau fermé d’une pierre. Jésus dit :
"Ôtez la pierre."
Sainte Marthe reprit :
"Seigneur, il sent déjà mauvais ; il y a quatre jours qu’il est enseveli."
Jésus repartit :
"Ne vous ai-Je pas dit que, si vous croyez, vous verrez la puissance de Dieu ?"
Alors ils ôtèrent la pierre. Jésus leva les yeux au ciel et dit :
"Mon Père, Je Vous remercie de ce que Vous M’avez exaucé. Je sais que Vous M’exaucez toujours : Je dis cela à cause de ce peuple qui M’environne, afin qu’il croie que c’est Vous qui M’avez envoyé."
Après ces paroles Il cria à haute voix :
"Lazare, sortez !"
Et aussitôt celui qui était mort se leva, les pieds et les mains liés de bandelettes ; sa figure était couverte d’un suaire. Jésus dit :
"Déliez-le et le laissez aller."
Beaucoup de Juifs qui étaient présents crurent en Jésus à cause de ce prodige.

Saint Lazare ressuscité assista, dit la Tradition, à l’entrée triomphale du Sauveur dans Jérusalem, ainsi qu’à Sa glorieuse Ascension. Les Juifs, irrités de la présence de ce témoin de la puissance et de la divinité de Jésus, cherchaient à le faire disparaître ; ils n’y parvinrent que dix ans plus tard.

Profitant de la persécution contre les Apôtres, ils embarquèrent Saint Lazare, avec Sainte Marthe, Sainte Marie-Madeleine, Saint Maximin, Saint Marcel et plusieurs autres Chrétiens, sur un vaisseau sans rames, sans voiles et sans provisions, et les lancèrent au gré des flots, espérant que la faim et la mer leur donneraient la mort.

Le vaisseau vint aborder à Marseille ; Saint Lazare y prêcha l’Évangile et en fut le premier évêque. Après trente ans d’épiscopat, Saint Lazare fut arrêté et conduit devant le proconsul, qui lui ordonna de sacrifier aux idoles.

"Je suis le serviteur de ce Jésus qui m’a rappelé à la vie, répondit le saint évêque ; je ne puis reconnaître d’autre Dieu que Lui et Son Père, Créateur de toutes choses."

Il fut appliqué à la torture, déchiré par les ongles de fer, brûlé sur un gril d’airain, transpercé à coups de flèches, et, comme il avait résisté à tant de tourments, il eut la tête tranchée, le 17 décembre. C’était l’an 80, Saint Clet étant Pape et Titus empereur.

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Saint Gatien
  18 décembre : Saint Gatien, Premier Évêque de Tours (IIIème siècle)

Saint Gatien, premier évêque de Tours, fut envoyé dans les Gaules par le Pape Saint Fabien, en 250, avec six autres évêques. À son arrivée, le pays de Touraine était plongé dans le paganisme et l'on ne voyait partout que les images des faux dieux. Gatien commença par montrer à ces païens l'absurdité de leur culte et l'impuissance de leurs idoles, puis il en vint à leur découvrir les mystères de la puissance et de la bonté de Dieu et révéla à leurs yeux étonnés l'incomparable figure du Sauveur et celle de Sa sainte Mère.

Les conquêtes furent nombreuses mais le démon ne laissa pas détruire son règne sans résistance ; les miracles de Gatien ne suffirent pas à lui faire pardonner ses succès, et plus d'une fois les païens endurcis jurèrent sa mort. Traqué comme une bête fauve, l'apôtre se cachait en des grottes profondes et y célébrait les saints mystères : une de ses retraites est devenue plus tard la célèbre abbaye de Marmoutier.
Gatien, songeant à l'avenir, forma une école où de jeunes clercs apprenaient, avec les leçons de la science, celles de la vertu ; il les initiait au sacerdoce et en faisait ses auxiliaires ; il les envoyait même au loin porter les lumières de l'Évangile. Huit églises furent élevées, par ses soins, sur la terre de Tournai.

Les travaux apostoliques de Gatien ne l'empêchaient pas de se livrer à de grandes austérités ; il épuisait son corps par les jeûnes et par les veilles, et se préparait par le martyre quotidien et volontaire à la couronne de gloire. Comme tous les vrais disciples du Christ, il aimait éperdument les pauvres, et sa charité se plaisait à soulager leurs misères.

Il fit bâtir, dans un faubourg de la ville, un hôpital pour les malheureux. C'est dans cet asile que le Sauveur réservait à Son disciple une grâce extraordinaire. Il y avait cinquante ans que Gatien arrosait de ses sueurs le pays qu'il avait gagné à Dieu. Un jour, accablé de fatigue, il s'était retiré dans l'hôpital des pauvres et y prenait un peu de repos, quand Notre-Seigneur lui apparut et lui dit : "Ne crains rien, ta couronne est prête et les Saints attendent ton arrivée au Ciel."
Et le Sauveur administra Lui-même à Son disciple la Sainte Communion en viatique. L'Église de Tours a de tout temps voué un culte enthousiaste à son premier prédicateur. La magnifique cathédrale est sous son vocable.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Anastase Ier
  19 décembre : Saint Anastase Ier, Pape († 401)

À Rome, au cimetière de Pontien sur la voie de Porto, en 401, la mise au tombeau de Saint Anastase Ier, Pape, homme de très riche pauvreté, dit Saint Jérôme, et d’ardeur apostolique, qui, dans un bref pontificat, s’opposa fermement aux doctrines hérétiques.

Martyrologe romain

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  20 décembre : Théophile d'Alexandrie, Martyr († 249)

Saint Théophile protesta publiquement contre les tortures qu’un tribunal d’Alexandrie, en Égypte, infligeait à un chrétien pour le faire apostasier. Avec l’aide de quatre gardes, chrétiens eux-aussi, ils réussirent à sauver le prisonnier.

Martyrologe romain

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Saint Ursanne
  20 décembre : [Diocèse de Bâle] Saint Ursanne, Confesseur

Né en Irlande, Saint Ursanne vint à Luxeuil pour se mettre sous la conduite de Saint Colomban.
Avec la permission de son abbé, il se retira dans le Jura, près de la rivière Le Doubs. C'est en cet endroit que, plus tard, on vit ériger le monsatère Saint-Ursanne, qui compta bientôt un grand nombre de moines.
Saint Ursanne mourut au VIIème siècle, vers 620.

Martyrologe romain

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Saint Thomas
  21 décembre : Saint Thomas, Apôtre (Ier siècle)

Saint Thomas était probablement originaire d'une pauvre famille de Galilée. Il était dépourvu de connaissances humaines, mais d'un esprit réfléchi et d'une volonté ferme jusqu'à l'obstination ; d'autre part, il avait du cœur et du dévouement. Ces deux caractères de sa physionomie paraissent en deux paroles que l'Évangile cite de lui. Peu avant Sa Passion, Jésus veut retourner en Judée ; les Apôtres Lui rappellent les menaces de Ses ennemis. Thomas seul s'écrie : "Eh bien ! Allons et mourons avec lui !" Voilà le dévouement du cœur de l'Apôtre.

Après Sa résurrection, le Sauveur était apparu à plusieurs de Ses disciples, en l'absence de Thomas. Quand, à son retour, on lui raconta cette apparition, il fut si étonné d'une telle merveille, qu'il en douta et dit vivement : "Je ne le croirai pas avant d'avoir mis mes doigts dans Ses plaies."
Voilà le second caractère de Thomas, esprit trop raisonneur. Mais son premier mouvement d'hésitation, en chose si grave, ne fut pas un crime et le bon Sauveur répondit à son défi. Que fit alors Thomas ? Nous le savons ; un cri du cœur s'échappa de ses lèvres : "Mon Seigneur et mon Dieu !"
Dieu permit l'hésitation de cet Apôtre pour donner aux esprits difficiles une preuve de plus en faveur de la résurrection de Jésus-Christ. Saint Augustin attribue à Saint Thomas, parmi les douze articles du Symbole, celui qui concerna la Résurrection.

Quand les Apôtres se partagèrent le monde, les pays des Parthes et des Perses et les Indes furent le vaste lot de son apostolat. La tradition prétend qu'il rencontra les mages, les premiers adorateurs de Jésus parmi les Gentils, qu'il les instruisit, leur donna le Baptême et les associa à son ministère. Partout, sur son passage, l'Apôtre établissait des chrétientés, ordonnait des prêtres, consacrait des évêques.

Quand au XIVème siècle, les Européens s'emparèrent des Indes orientales, ils trouvèrent dans les traditions des peuples de ce vaste pays des souvenirs chrétiens, et en particulier celui de Saint Thomas. Un miracle de l'Apôtre, traînant avec un faible lien une poutre énorme que les éléphants n'avaient pu remuer, fut l'occasion d'innombrables conversions. Cependant les prêtres des faux dieux, jaloux de tant de succès, jurèrent la mort de l'Apôtre ; il fut percé d'une lance devant une Croix où il priait.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Sainte Françoise-Xavier Cabrini
  22 décembre : Sainte Françoise-Xavier Cabrini, Fondatrice des Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur (1850-1917)

Né à Santangelo, près de Lodi, en Lombardie, treizième enfant d'une famille de cultivateurs, la petite Marie-Françoise, de santé si frêle, ne semblait guère vouée à traverser trente fois l'océan et à établir des fondations qui essaimeraient jusqu'en Australie et en Chine.

Françoise Cabrini embrassa la profession d'institutrice. Plusieurs tentatives pour se faire religieuse échouèrent à cause de sa santé précaire. Elle désirait aussi ardemment devenir missionnaire. Le curé de Codogno qui connaissait sa force d'âme, la fit venir à l'âge de vingt-quatre ans dans la Maison de la Providence pour remettre de l'ordre dans ce couvent où quelques orphelines recevaient leur formation.
Un jour, l'évêque de Lodi dit à Françoise : "Je sais que vous voulez être missionnaire. Je ne connais pas d'institution qui réponde à votre désir. Fondez-en une !"
Sœur Cabrini réfléchit un instant et répondit fermement : "Je chercherai une maison." Elle posa à Codogno les bases de l'Institut des Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur. La prière était l'âme de leur action ; l'oraison remplissait quatre heures du jour, une cinquième s'ajoutait pour la fondatrice qui se levait une heure plus tôt que ses sœurs.

En sept ans, Mère Cabrini accomplit l'objectif désiré : l'établissement de sa congrégation à Rome et son approbation par le souverain pontife Léon XIII.
De Rome, son institut s'étendit rapidement. La sainte croyait que la Chine l'appelait, mais le Pape lui demanda d'envoyer ses sœurs en Amérique pour aider les cinquante mille émigrés italiens qui attendaient un support matériel, spirituel et moral. Le Saint-Père lui dit : "Non pas l'est, mais l'ouest. Allez aux Etats-Unis où vous trouverez un large champ d'apostolat."
En effet, sans racines et sans foyer, les émigrés dépérissaient sur le plan religieux et social.

Sainte Françoise Cabrini arriva en Amérique le 31 mars 1889. Sa communauté prit bientôt un développement extraordinaire : hôpitaux, écoles, orphelinats surgirent à New-York, Brooklyn, Scranton, New Jersey, Philadelphia, New Orleans, Chicago, Denver, Seattle et Californie. Elle fonda une école supérieure féminine à Buenos-Aires.
Cette vaillante ouvrière de l'Évangile se dépensa aussi en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Au retour de ses voyages en Europe, Mère Cabrini ramenait des milliers de sœurs pour ses hôpitaux, ses écoles et ses orphelinats.

"Travaillons, travaillons, disait-elle toujours à ses Filles, car nous avons une éternité pour nous reposer. Travaillons simplement et bien, et le Seigneur est Celui qui fera tout."
Elle établit soixante-sept maisons en huit pays. Humble devant la prospérité de son œuvre, elle répondait aux témoignages d'admiration : "Est-ce nous qui faisons cela ou bien est-ce Notre-Seigneur ?"
Son inébranlable confiance dans le Cœur de Jésus fut largement récompensée.

Celle qui s'était souvent écrié : "Ou aimer ou mourir !" fit de sa mort un acte de pur amour de Dieu. Elle expira le 22 décembre 1917, à Chicago, dans l'état d'Illinois.
Son corps fut transporté à New-York, dans la chapelle de l'école qui porte son nom. C'est là que ses restes sont encore vénérés.
Le 7 juillet 1946, le Pape Pie XII a canonisé cette dévouée servante du Christ dans Ses membres souffrants et abandonnés. Il l'a aussi constituée la patronne céleste de tous les immigrants.

source : sanctoral.com

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Sainte Sainte Victoire
  23 décembre : Sainte Victoire, Vierge et Martyre († 253)

Sainte Victoire naquit à Tivoli, près de Rome, de parents nobles et chrétiens, au IIIème siècle. Elle fut fiancée à un païen, nommé Eugène. Sainte Anatolie, sa sœur ou son amie, était aussi accordée à un païen du nom d’Aurèle ; mais elle ne voulait point d’autre époux que Jésus-Christ. Aurèle, qui avait une entière passion pour elle, pria Sainte Victoire de travailler à cette alliance et de vaincre la résistance de sa fïancée.
Sainte Victoire trouva pour cela des paroles très pressantes ; mais Sainte Anatolie lui répondit entre autres choses :

"Ma chère sœur, le jour que je distribuai aux pauvres le prix de mes joyaux, j’eus une vision, dans laquelle un jeune homme me parut avec un diadème d’or sur la tête, vêtu de pourpre et couvert de pierres précieuses. Il me dit d’un air agréable et d’un visage plein de gaieté : 'Ô virginité, qui êtes toujours dans la lumière et jamais dans les œuvres de ténèbres !' À ces paroles, je m’éveillai fort triste de n’avoir pas entendu le reste ; et je me jetai à terre, les larmes aux yeux, priant Jésus-Christ que celui qui m’avait dit ce peu de mots continuât de m’instruire. Comme, j’étais ainsi prosternée, le même jeune homme ajouta : 'La virginité est une pourpre royale, qui relève celles qui en sont revêtues au-dessus de toutes les autres. La virginité est une pierre d’un prix inestimable ; la virginité est le trésor immense du Roi des rois. Les voleurs tâchent de la ravir à ceux qui la possèdent ; conservez,-la avec toute la diligence possible, et soyez d’autant plus sur vos gardes pour la conserver, que vous la possédez dans un degré plus éminent.' "

Un discours si puissant et si pathétique toucha vivement Vainte Victoire. Elle fut heureusement vaincue par celle qu’elle avait entrepris de vaincre ; et, ayant pris la résolution de demeurer vierge, elle vendit, comme Sainte Anatolie, ce qu’elle avait de bagues et d’autres vains ornements, et en donna tout l’argent aux pauvres.

Dès qu’Eugène et Aurèle surent la résolution de ces deux généreuses filles, ils n’épargnèrent rien pour les obliger à en venir au mariage. Ils s’adressèrent pour cela à l’empereur même, et ils en obtinrent la permission de les enlever et de les mener en leurs maisons de campagne, pour tâcher de les gagner, ou par la douceur, ou par les menaces et même par les mauvais traitements.

Sainte Victoire, fut à l’épreuve de toutes les sollicitations et de tous les outrages d’Eugène. Il la garda quelques années dans sa maison, pendant lesquelles il ne lui faisait donner pour nourriture qu’un morceau de pain le soir. Il lui fit aussi beaucoup d’autres maux indignes de sa naissance et de sa vertu, pour la réduire à l’épouser et à adorer les idoles. Mais ce fut inutilement. Sainte Victoire demeura invincible au milieu de tant de supplices.
Elle eut même l’adresse, dans le peu de liberté qu’elle avait, de gagner plusieurs épouses à Jésus-Christ, en persuadant à plusieurs jeunes filles qui venaient la voir de lui consacrer leur pureté virginale.

Adelme, évêque des Saxons occidentaux, en Angleterre, qui a composé son histoire en vers héroïques, rapportés par Surius en ce jour, dit qu’elle en assembla jusqu’à soixante qui menaient une vie angélique et qui chantaient, jour et nuit, des hymnes et des psaumes en l’honneur du vrai Dieu. Il ajoute qu’elle fit plusieurs miracles.

Enfin, Eugène, lassé de sa persévérance, obtint de Julien, pontife du Capitole et comte des temples, un bourreau nommé Tiliarque pour la faire mourir. Celui-ci lui donna un coup d’épée dans le cœur, et en fit une glorieuse martyre de Jésus-Christ. Ce fut sous la persécution de Dèce, le 23 décembre de l’année 253, Saint Lucius Ier étant Pape et Émilien empereur.

Le malheureux qui lui avait donné le coup de la mort, devint aussitôt lépreux ; et au bout de six jours, il mourut rongé de vers.
Le corps de la sainte fut enterré là où elle avait été exécutée. Sa mémoire est marquée dans les quatre Martyrologes et principalement en celui d’Adon. Il y a plusieurs autres saintes du nom de Victoire, qu’il ne faut pas confondre avec cette illustre victime de la chasteté.

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Vigile de la Nativité
  24 décembre : Vigile de la Nativité

Enfin, dit Saint Pierre Damien dans son sermon pour ce jour, "nous voici arrivés de la haute mer dans le port, de la promesse à la récompense, du désespoir à l’espérance, du travail au repos, de la voie à la patrie. Les courriers de la divine promesse s’étaient succédé ; mais ils n’apportaient rien avec eux, si ce n’est le renouvellement de cette même promesse. C’est pourquoi notre Psalmiste s’était laissé aller au sommeil, et les derniers accents de sa harpe semblaient accuser les retards du Seigneur. Vous nous avez repoussés, disait-il, Vous nous avez dédaignés ; et Vous avez différé l’arrivée de votre Christ. Puis, passant de la plainte à l’audace, il s’était écrié d’une voix impérative : Manifestez-vous donc, ô Vous qui êtes assis sur les Chérubins ! En repos sur le trône de Votre puissance, entouré des bataillons volants de Vos Anges, ne daignerez-Vous pas abaisser Vos regards sur les enfants des hommes, victimes d’un péché commis par Adam, il est vrai, mais permis par Vous-même ? Souvenez-Vous de ce qu’est notre nature ; c’est à Votre ressemblance que Vous l’avez créée ; et si tout homme vivant est vanité, ce n’est pas du moins en ce qu’il a été fait à Votre image. Abaissez donc Vos cieux et descendez ; abaissez les cieux de votre miséricorde sur les misérables qui Vous supplient, et du moins ne nous oubliez pas éternellement.

Isaïe à son tour, dans la violence de ses désirs, disait : À cause de Sion, je ne me tairai pas ; à cause de Jérusalem, je ne me reposerai pas, jusqu’à ce que le Juste qu'elle attend se lève enfin dans son éclat. Forcez donc les deux et descendez ! Enfin, tous les Prophètes, fatigués d’une trop longue attente, n’ont cessé de faire entendre tour à tour les supplications, les plaintes, et souvent même les cris de l’impatience. Quant à nous, nous les avons assez écoutés ; assez longtemps nous avons répété leurs paroles : qu’ils se retirent maintenant ; il n’est plus pour nous de joie, ni de consolation, jusqu’à ce que le Sauveur, nous honorant du baiser de sa bouche, nous dise lui-même : vous êtes exaucés.

Mais que venons-nous d’entendre ? Sanctifiez-vous, enfants d’Israël, et soyez prêts : car demain descendra le Seigneur. Le reste de ce jour, et à peine la moitié de la nuit qui va venir nous séparent de cette entrevue glorieuse, nous cachent encore l’Enfant-Dieu et son admirable Naissance. Courez, heures légères ; achevez rapidement votre cours, pour que nous puissions bientôt voir le Fils de Dieu dans son berceau et rendre nos hommages à cette Nativité qui sauve le monde. Je pense, mes Frères, que vous êtes de vrais enfants d’Israël, purifiés de toutes les souillures de la chair et de l’esprit, tout prêts pour les mystères de demain, pleins d’empressement à témoigner de votre dévotion. C’est du moins ce que je puis juger, d’après la manière dont vous avez passé les jours consacrés à attendre l’Avènement du Fils de Dieu. Mais si pourtant quelques gouttes du fleuve de la mortalité avaient touché votre cœur, hâtez-vous aujourd’hui de les essuyer et de les couvrir du blanc linceul de la Confession. Je puis vous le promettre de la miséricorde de l’Enfant qui va naître : celui qui confessera son péché avec repentir, la Lumière du monde naîtra en lui ; les ténèbres trompeuses s’évanouiront, et la splendeur véritable lui sera donnée. Car comment la miséricorde serait-elle refusée aux malheureux, en cette nuit même où prend naissance le Seigneur miséricordieux ? Chassez donc l’orgueil de vos regards, la témérité de votre langue, la cruauté de vos mains, la volupté de vos reins ; retirez vos pieds du chemin tortueux, et puis venez et jugez le Seigneur, si, cette nuit, il ne force pas les Cieux, s’il ne descend pas jusqu’à vous, s’il ne jette pas au fond de la mer tous vos péchés."

Ce saint jour est, en effet, un jour de grâce et d’espérance, et nous devons le passer dans une pieuse allégresse. L’Église, dérogeant à tous ses usages habituels, veut que si la Vigile de Noël vient à tomber au Dimanche, le jeûne seul soit anticipé au samedi ; mais dans ce cas l’office et la messe de la Vigile l’emportent sur l’office et la messe du quatrième dimanche de l’Avent : tant ces dernières heures qui précèdent immédiatement la Nativité lui semblent solennelles !
Dans les autres fêtes, si importantes qu’elles soient, la solennité ne commence qu’aux premières vêpres ; jusque-là l’Église se tient dans le silence, et célèbre les divins offices et le Sacrifice suivant le rite quadragésimal. Aujourd’hui, au contraire, dès le point du jour, à l’office des laudes, la grande Fête semble déjà commencer. L’intonation solennelle de cet office matutinal annonce le rite double ; et les antiennes sont chantées avec pompe avant et après chaque psaume ou cantique. À la messe, si l’on retient encore la couleur violette, du moins on ne fléchit plus les genoux comme dans les autres féries de l’Avent ; et il n’y a plus qu’une seule collecte, au lieu des trois qui caractérisent une messe moins solennelle.

Entrons dans l’esprit de la sainte Église, et préparons-nous, dans toute la joie de nos cœurs, à aller au-devant du Sauveur qui vient à nous. Accomplissons fidèlement le jeûne qui doit alléger nos corps et faciliter notre marche ; et, dès le matin, songeons que nous ne nous étendrons plus sur notre couche que nous n’ayons vu naître, à l’heure sacrée, Celui qui vient illuminer toute créature ; car c’est un devoir, pour tout fidèle enfant de l’Église Catholique, de célébrer avec elle cette nuit heureuse durant laquelle, malgré le refroidissement de la piété, l’univers entier veille encore à l’arrivée de son Sauveur : dernier vestige de la piété des anciens jours, qui ne s’effacerait qu’au grand malheur de la terre.

L'année liturgique, dom Guéranger

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Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ

Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ

Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ
  25 décembre : Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ

La date historique de la nativité temporelle du Sauveur étant inconnue dans les premiers temps, une antique tradition, inaugurée peut-être au début du IIème siècle, célébrait les diverses théophanies du Christ dans sa nature mortelle, c’est-à-dire sa naissance, sa manifestation aux Mages et son baptême dans le Jourdain, peu après le solstice d’hiver, dans les dix premiers jours de janvier. Cette date conventionnelle avait déjà trouvé crédit dans toutes les Églises, quand, on ne sait comment, Rome dédoubla pour son compte la fête des Théophanies, anticipant au 25 décembre l’anniversaire de la naissance temporelle du Sauveur.

Quand et comment l’Église-mère arriva-t-elle à établir cette date ? Nous l’ignorons, puisque, sauf un texte très douteux du commentaire d’Hippolyte sur Daniel, le plus ancien document qui fixe Noël au 25 décembre est le calendrier philocalien de 336, qui porte cette indication : VIII Kal. ian. natus Christus in Betleem Iudee. Évidemment, le chronographe n’annonce rien de nouveau, mais il se fait l’écho de la tradition romaine antérieure, qui, dans le Liber Pontificalis prétend remonter jusqu’au Pape Télesphore. Dans le discours fait à Saint-Pierre par le Pape Libère donnant, le jour de Noël, le voile des vierges à Marcelline, sœur de Saint Ambroise, on ne relève aucune allusion à la nouveauté de la fête, mais, au contraire, tout le contexte donne l’impression qu’il s’agit d’une solennité de vieille date, à laquelle le peuple a coutume d’accourir en foule, en vertu d’une ancienne habitude. La fête de Noël fut, au début, propre au siège apostolique. Saint Jean Chrysostome qui l’introduisit à Antioche vers 375, en appelle précisément à l’autorité de la capitale du monde latin, où, à son avis, seraient encore conservés les actes du recensement de Quirinus, avec la date précise de la naissance du Christ à Bethlehem le 25 décembre. D’Antioche, la fête passa à Constantinople. Sous l’évêque Juvénal, entre 424 et 458, elle fut introduite à Jérusalem, puis, vers 430, fut admise à Alexandrie, et, de ces célèbres sièges patriarcaux, elle se répandit aussi peu à peu dans les diocèses qui en dépendaient. Actuellement, seuls les Arméniens monophysites célèbrent encore la naissance du Christ à sa date primitive, le 6 janvier.

Il ne faut pourtant pas négliger une coïncidence. Le calendrier civil du recueil philocalien note au 25 décembre le Natalis invicti, la naissance du soleil, et cette naissance coïncide justement avec le solstice d’hiver. À l’époque où, grâce aux mystères de Mithra, le culte de l’astre du jour avait pris un tel développement que, au dire de Saint Léon, même les fidèles qui fréquentaient la basilique Vaticane, se permettaient d’y pratiquer le rite superstitieux de saluer d’abord, de l’atrium de l’Apôtre, le disque solaire, il n’est pas improbable que le siège apostolique, en anticipant au 25 décembre la naissance du Christ, ait voulu opposer au Sol invictus, Mithra, le vrai Soleil de justice, cherchant ainsi à détourner les fidèles du péril idolâtre des fêtes païennes. Dans une autre occasion, tout à fait semblable, c’est-à-dire pour la fête des Robigalia le 25 avril, Rome adopta une identique mesure de prudence, et, au cortège païen du pont Milvius, elle substitua la procession chrétienne qui parcourait le même trajet. Toutefois de la voie Flaminienne et du pont Milvius le clergé se rendait ensuite à la basilique Vaticane, pour l’offrande du divin sacrifice sur le tombeau de l’Apôtre.

Dans le rit romain, la caractéristique de la fête de Noël est l’usage des trois messes, une au premier chant du coq, ad galli cantum, l’autre vers l’aurore, et la troisième en plein jour. Cette habitude nous est déjà attestée par Saint Grégoire, mais elle est sûrement plus ancienne, puisque l’auteur de la biographie du Pape Télesphore, dans le Liber Pontificalis, prétend savoir que ce fut ce Pontife qui introduisit le premier le chant du Gloria in excelsis à la messe de la nuit de Noël.

La pannychis de Noël, que terminait la messe, fut suggérée, non seulement par la solennité, mais aussi, d’une certaine manière, par le fait de la naissance du Christ à Bethlehem au cœur de la nuit ; et l’on voulut reproduire à Rome, comme on le faisait à Jérusalem, cette scène nocturne d’une façon liturgique, d’autant plus que Sixte III avait édifié à Sainte-Marie-Majeure un somptueux oratoire ad Praesepe qui, dans la conception romaine, devait être comme une reproduction de celui de Bethléem.

Cette messe de vigile ne constituait pourtant pas, comme aujourd’hui, une caractéristique de la solennité de Noël ; c’était le sacrifice habituel qui mettait régulièrement fin aux veilles sacrées. Et même, si nous devons juger du concours des fidèles par la grandeur du lieu où se célébrait la station, il faut conclure que le petit hypogée ad Praesepe contenait une réunion très restreinte de personnes ; si restreinte, qu’une certaine nuit de Noël, tandis que Grégoire VII y célébrait la messe, il y fut arrêté par les sbires de Cencius, postés là aux aguets, tiré hors de Sainte-Marie-Majeure et traîné en prison dans une tour du Parione, sans que le peuple romain se doutât, sinon le lendemain matin, de ce qui était arrivé au Pape pendant la station.

La vraie messe solennelle de Noël, in die sancto, était celle qui se célébrait en plein jour à Saint-Pierre. Ce fut justement durant cette messe que, au témoignage de Saint Ambroise, le Pape Libère donna le voile des vierges à Marcelline devant une grande foule du peuple. À cette occasion, le Pontife fit un célèbre discours qui nous a été conservé par le saint dans le De Virginibus, et dont il suffit de rapporter ces paroles : "Tu as désiré des noces très sublimes, ô ma fille ; tu vois quelle foule de peuple est accourue pour l’anniversaire de la naissance de ton époux, et comment personne ne s’en retourne à jeun."
Si toute cette foule communiait à la messe papale, cela indique que les fidèles venus à la messe de la vigile et à celle de l’aurore avaient été bien peu nombreux.

Le jour de Noël 431, le Pape Célestin reçut les lettres qui l’informaient de l’heureuse issue du concile d’Éphèse. Il les fit lire devant "la réunion de tout le peuple chrétien à Saint-Pierre".

Entre la messe de vigile à la Crèche et la messe au Vatican, et en faveur de la colonie byzantine résidant à Rome, s’introduisit, vers le Vème siècle, une autre synaxe eucharistique au pied du Palatin. Elle avait pour objet de célébrer le natale de la martyre de Sirmium, Anastasie, dont le corps avait été transporté à Constantinople sous le patriarche Gennadius (458-471). On choisit à Rome le titulus Anastasiae parce que les Actes identifiaient la martyre avec la fondatrice de l’église.

Les Byzantins ayant disparu, la popularité de la dévotion à Sainte Anastasie diminua aussi, mais la station survécut ; et, au lieu de la fête (dies natalis) de la martyre, comme au début, elle comporta une seconde messe matutinale pour vénérer le mystère de la naissance corporelle du Seigneur.

Primitivement, la triple célébration du divin Sacrifice le jour de Noël était propre au Pape, ou à celui qui présidait la synaxe stationnale ; il faut dire d’ailleurs que cela n’était pas absolument insolite à Rome. La fête des apôtres Pierre et Paul avait l’honneur des trois messes ; celle des fils de Sainte Félicité en comportait quatre, et, en général, toutes les autres grandes solennités des martyrs admettaient autant de messes qu’il y avait de sanctuaires en vénération. Il y avait au moins deux messes, celle ad corpus, à l’hypogée du saint, et l’autre, la missa publica, comme on l’appelait, dans la basilique supérieure. Cette discipline présente une certaine analogie avec celle qui règle actuellement la célébration des messes conventuelles dans les chapitres collégiaux. Nombreux sont les jours où le calendrier assigne deux ou même trois messes conventuelles ; cela ne veut toutefois pas dire que le même prêtre doive offrir le saint Sacrifice une seconde et une troisième fois le même jour, et moins encore que, hors du chœur, tout prêtre soit autorisé ces jours-là à célébrer plusieurs messes. Cela indique seulement le nombre des Sacrifices auxquels le chapitre collégial est tenu d’assister. Ainsi en était-il jadis pour les jours dont nous avons parlé ; on officiait dans les divers sanctuaires rappelant l’éponyme de la fête, et souvent le Pape en personne y présidait, offrant alors le divin Sacrifice. Mais en dehors des sanctuaires mêmes où l’on célébrait la fête, tout s’accomplissait selon le mode habituel décrit dans les sacramentaires, et la messe n’était célébrée qu’une fois, par les prêtres attachés aux divers titres de la ville.

Liber Sacramentorum, Cardinal Schuster

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Saint Étienne
  26 décembre : Saint Étienne, Premier Martyr († 35)

On ignore si saint Étienne fut disciple de Jésus-Christ ou s'il fut converti par les prédications des Apôtres ; mais il est certain qu'il se fit promptement remarquer par ses vertus, et mérita d'être le chef des sept diacres élus par les Apôtres pour les aider dans les fonctions secondaires de leur ministère. Le récit de son élection, de sa prédication et de son martyre lui attribue cinq plénitudes. Il était plein de foi, parce qu'il croyait fermement tous les mystères et qu'il avait une grâce spéciale pour les expliquer. Il était plein de sagesse, et nul ne pouvait résister aux paroles qui sortaient de sa bouche. Il était plein de grâce, montrant dans tous ses actes une ferveur toute céleste et un parfait amour de Dieu. Il était plein de force, comme son martyre en fut la preuve éloquente. Enfin il était plein du Saint-Esprit, qu'il avait reçu au cénacle par l'imposition des mains des Apôtres.

Tant de vertus ne tardèrent pas à produire dans Jérusalem d'abondants fruits de salut. Étienne, élevé à l'école de Gamaliel, dans toute la science des Juifs, avait même une autorité spéciale pour convertir les prêtres et les personnes instruites de sa nation. Ses miracles ajoutaient encore au prestige de son éloquence et de sa sainteté. De tels succès excitèrent bientôt la jalousie ; on l'accusa de blasphémer contre Moïse et contre le temple.

Étienne fut traîné devant le Conseil, répondit victorieusement aux attaques dirigées contre lui, et prouva que le blasphème était du côté de ses adversaires et de ses accusateurs. À ce moment le visage du saint diacre parut éclatant de lumière comme celui d'un ange. Mais il avait affaire à des obstinés, à des aveugles. Pour toute réponse à ses paroles et au prodige céleste qui en confirmait la vérité, ils grinçaient des dents contre lui et se disposaient à la plus noire vengeance. Afin de rendre leur conduite plus coupable, Dieu fit un nouveau miracle ; le ciel s'entr'ouvrit et le saint, levant les yeux en haut, s'écria avec ravissement : "Je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu."
À ces mots ses ennemis ne se contiennent plus ; ils poussent des cris de mort, entraînent le martyr hors de la ville et le lapident comme un blasphémateur. Étienne, calme et souriant, invoquait Dieu et disait : "Seigneur, recevez mon esprit ! Seigneur, ne leur imputez point ce péché."
Saul, le futur saint Paul, était parmi les bourreaux. "Si Étienne n'avait pas prié, dit saint Augustin, nous n'aurions pas eu Saint Paul."

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Jean
  27 décembre : Saint Jean, Apôtre et Évangéliste († 103)

Dans l'Évangile et au sein du collège apostolique, Saint Jean occupe une place de choix. Représentant l'amour, il marche à côté de Pierre, qui symbolise la doctrine. Jésus semble avoir réservé à cet Apôtre les plus tendres effusions de Son Cœur. Plus que tout autre, en effet, Jean, dont l'âme était pure et virginale, pouvait rendre amour pour amour au divin Maître. Le Sauveur prit plaisir à multiplier les occasions de témoigner envers Son cher disciple une prédilection singulière : il le fit témoin de la résurrection de la fille de Jaïre ; il lui montra Sa gloire sur le Thabor, au jour de Sa transfiguration merveilleuse ; mais surtout la veille de Sa Passion, à la dernière cène, Il lui permit de reposer doucement la tête sur Son Cœur divin, où il puisa cette charité et cette science des choses de Dieu, qu'il répandit dans ses écrits et au sein des peuples auxquels il porta le flambeau de l'Évangile.

Une des gloires de Saint Jean fut d'être le seul, parmi les Apôtres, fidèle à Jésus dans Ses souffrances ; il Le suivit dans l'agonie du Calvaire ; il accompagna dans ces douloureux instants la Mère du Sauveur. Jésus, ayant vu Sa Mère au pied de la Croix, abîmée dans Sa tristesse, et près d'Elle saint Jean, Il dit à Marie : "Femme, voilà Votre fils !" Ensuite Il dit au disciple : "Voilà votre Mère !".
L'Apôtre, en cette circonstance, nous disent les saints docteurs représentait l'humanité tout entière ; en ce moment solennel Marie devenait la Mère de tous les hommes, et les hommes recevaient le droit de s'appeler les enfants de Marie.

Il était juste que Saint Jean, ayant participé aux souffrances de la Passion, goûtât l'un des premiers les joies pures de la Résurrection. Le jour où le Sauveur apparut sur le rivage du lac de Génésareth, pendant que les disciples étaient à la pêche, Saint Jean fut le seul à Le reconnaître. "C'est le Seigneur," dit-il à Saint Pierre.
Jean était donc bien, tout l'Évangile le prouve, le disciple que Jésus aimait, et Il l'aimait parce qu'il était vierge. Après l'Ascension et la Pentecôte, il ne s'éloigna pas de Jérusalem aussi promptement que les autres Apôtres ; il vivait dans sa maison du Mont Sion, en compagnie de Marie, célébrait devant Elle le Saint Sacrifice et Lui donnait chaque matin la Sainte Communion.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Les Saints Innocents
  28 décembre : Les Saints Innocents, Fleurs des Martyrs

Dieu permit le massacre des Saints Innocents pour faire d'eux les prémices de la rédemption de Jésus-Christ. C'est la jalousie et la crainte qui poussèrent Hérode à commettre un crime inouï dans l'histoire ; il en fut châtié et d'une manière terrible, car il mourut dans le désespoir et dévoré tout vivant par les vers.

Saint Augustin nous a dépeint le saisissant tableau de cette horrible boucherie : les mères s'arrachaient les cheveux ; elles voulaient cacher leurs petits enfants, mais ces tendres créatures se trahissaient elles-mêmes ; elles ne savaient pas se taire, n'ayant pas appris à craindre. C'était un combat entre la mère et le bourreau ; l'un saisissait violemment sa proie, l'autre la retenait avec effort. La mère disait au bourreau : "Moi, te livrer mon enfant ! Mes entrailles lui ont donné la vie, et tu veux le briser contre la terre!"
Une autre mère s'écriait : "Cruel, s'il y a une coupable, c'est moi ! Ou bien épargne mon fils, ou bien tue-moi avec lui !"
Une voix se faisait entendre : "Qui cherchez-vous ? Vous tuez une multitude d'enfants pour vous débarrasser d'un seul, et Celui que vous cherchez vous échappe !"
Et tandis que les cris des femmes formaient un mélange confus, le sacrifice des petits enfants était agréé du Ciel.

Saint Jean, dans son Apocalypse, nous montre les Saints Innocents entourant le trône de l'Agneau parce qu'ils sont purs, et Le suivant partout où Il va.
"Demanderez-vous, dit Saint Bernard, pour quels mérites ces enfants ont été couronnés de la main de Dieu ? Demandez plutôt à Hérode pour quels crimes ils ont été cruellement massacrés. La bonté du Sauveur sera-t-elle vaincue par la barbarie d'Hérode ? Ce roi impie a pu mettre à mort des enfants innocents, et Jésus-Christ ne pourrait pas donner la vie éternelle à ceux qui ne sont morts qu'à cause de Lui ? Les yeux de l'homme ou de l'ange ne découvrent aucun mérite dans ces tendres créatures ; mais la grâce divine s'est plu à les enrichir", aussi l'Église a-t-elle établi leur fête au plus tard dès le second siècle.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Thomas Becket
  29 décembre : Saint Thomas Becket, Archevêque de Cantorbéry et Martyr (1117-1170)

Saint Thomas de Cantorbéry, par son courage indomptable à défendre les droits de l'Église, est devenu l'un des plus célèbres évêques honorés du nom de saints et de martyrs.
Dès sa jeunesse, il fut élevé aux plus hautes charges de la magistrature ; mais l'injustice des hommes détacha du monde ce cœur plein de droiture et de sincérité, et il entra dans l'état ecclésiastique. Là encore, son mérite l'éleva aux honneurs, et le roi Henri II le nomma son chancelier. Il ne fit que croître en vertu, donnant le jour aux affaires et passant la meilleure partie de la nuit en oraison. Il n'était que le distributeur de ses immenses revenus : les familles ruinées, les malades abandonnés, les prisonniers, les monastères pauvres, en avaient la meilleure part.

Le roi l'obligea d'accepter l'archevêché de Cantorbéry. Thomas eut beau dire au prince, pour le dissuader, qu'il s'en repentirait bientôt : celui-ci persista, et le chancelier reçut le sacerdoce (car il n'était encore que diacre) et l'onction épiscopale. Sa sainteté s'accrut en raison de la sublimité de ses fonctions. On ne le voyait jamais dire la Sainte Messe, sinon les yeux baignés de larmes ; en récitant le Confiteor, il poussait autant de soupirs qu'il prononçait de mots. Il servait les pauvres à table trois fois par jour ; à la première table, il y avait treize pauvres ; à la seconde, douze ; à la troisième, cent.

Thomas avait bien prévu : les exigences injustes du roi obligèrent l'archevêque à défendre avec fermeté les droits et les privilèges de l'Église. Henri II, mal conseillé et furieux de voir un évêque lui résister, exerça contre Thomas une persécution à outrance. Le pontife, abandonné par les évêques d'Angleterre, chercha un refuge en France. Il rentra bientôt en son pays, avec la conviction arrêtée qu'il allait y chercher la mort ; mais il était prêt.

Un jour les émissaires du roi se présentèrent dans l'église où Thomas priait ; il refusa de fuir, et fut assommé si brutalement, que sa tête se brisa et que sa cervelle se répandit sur le pavé du sanctuaire. C'est à genoux qu'il reçut le coup de la mort. Il employa ce qui lui restait de force pour dire : "Je meurs volontiers pour le nom de Jésus et pour la défense de l'Église."

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Sabin
  30 décembre : Saint Sabin, Évêque et Martyr († 303)

On ne connaît ni l'origine ni la jeunesse de Saint Sabin ; mais on sait que, devenu évêque de Spolète, il fut un homme plein de zèle pour la conservation de la foi et que ses exhortations soutinrent le courage des chrétiens, au temps de la persécution de Maximien-Hercule. Ce fut la cause de son arrestation. On voulut le forcer à adorer une petite statuette de Jupiter ; mais il eut le courage de la saisir et de la jeter sur le sol, où elle se brisa. Le tyran lui fit couper les mains. Deux de ses diacres, qui avaient été pris avec lui, furent tourmentés en sa présence sur le chevalet, rompus à coups de bâtons, déchirés avec des ongles de fer et brûlés avec des torches ardentes. Sabin les encouragea jusqu'au dernier moment.

Dans sa prison, il rendit la vue à un aveugle. Le juge, ayant eu un grave mal des yeux pendant un mois, apprit ce miracle et vint demander soulagement à sa victime. L'évêque lui promit sa guérison, s'il recevait le baptême avec toute sa famille. Il le fit, fut aussitôt guéri et donna bientôt généreusement sa vie pour la foi, avec sa femme et ses enfants.
Sabin subit l'interrogatoire d'un nouveau juge et expira sous les coups horribles de fouets plombés.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Sylvestre
  31 décembre : Saint Sylvestre, Pape (280-335)

Saint Sylvestre eut Rome pour patrie. Quand il fut en âge de disposer de sa fortune, il se plaisait à donner l'hospitalité aux chrétiens étrangers qui passaient à Rome ; il les menait à sa demeure, lavait leurs pieds, leur servait à manger, enfin leur donnait, au nom de Jésus-Christ, tous les soins de la plus sincère charité.

Il vint, un jour, à Rome, un illustre confesseur de la foi, nommé Timothée d'Antioche. Personne n'osait le recevoir ; Sylvestre s'en fit un honneur, et, pendant un an, Timothée prêchant Jésus-Christ avec un zèle incroyable, recevait chez lui la plus généreuse hospitalité. Cet homme héroïque ayant conquis la palme du martyre, Sylvestre déroba ses précieux restes et les ensevelit à la faveur de la nuit. Mais lui-même fut bientôt traduit devant le tribunal du préfet, comme recélant les trésors du martyr : "Timothée, répondit-il, ne m'a laissé que l'héritage de sa foi et de son courage."

Le préfet le menaça de la mort et le fit jeter en prison ; mais Sylvestre, en le quittant, lui dit : "Insensé, c'est toi-même qui, cette nuit, vas rendre compte à Dieu."
Le persécuteur avala une arête de poisson et mourut, en effet, dans la nuit. La crainte des châtiments célestes adoucit les bourreaux et l'héroïque jeune homme fut rendu à la liberté. Cette belle conduite de Sylvestre le fit appeler au diaconat par le Pape Saint Melchiade, dont il devait être l'éminent successeur.

Son long pontificat de vingt et un ans, célèbre à divers titres, l'est surtout par le concile de Nicée, le baptême de Constantin et le triomphe de l'Église. Le baptême de Constantin est reporté à une époque plus tardive par de nombreux auteurs ; mais des témoignages non moins nombreux et non moins sérieux placent le baptême de ce grand empereur sous le règne de Saint Sylvestre, et le bréviaire romain confirme cette opinion.

Constantin, encore païen et peu favorable aux chrétiens, dont il ignorait complètement la doctrine, fut atteint d'une sorte de lèpre qui lui couvrit tout le corps. Une nuit, Saint Pierre et Saint Paul, éclatants de lumière, lui apparurent et lui ordonnèrent d'appeler le Pape Sylvestre, qui le guérirait en lui donnant le baptême.
Le Pape, en effet, instruisit le royal néophyte et le baptisa. Le règne social de Jésus-Christ commençait ; la conversion de Constantin allait avoir pour heureuse conséquence celle de l'univers.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Marius
  31 décembre : [Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg] Saint Marius, Évêque et Confesseur († 593)

Vers 530, † 31.12.593. D'une noble famille d'Autun, Marius apparaît comme évêque d'Avenches dans les souscriptions au concile de Mâcon en 585. Attesté par les Annales de Flavigny et de Lausanne du Xème siècle, il est surtout connu par le Cartulaire du Chapitre de Notre-Dame de Lausanne du XIIIème siècle. Entré dans la cléricature encore enfant, Marius devint évêque d'Avenches en 573.
Le 24 juin 587, il fonda une église Notre-Dame à Payerne. Les historiens actuels considèrent Marius comme le fondateur des églises dédiées à des saints d'Autun dans le diocèse : l'église de Saint-Symphorien d'Avenches, celle de Saint-Saphorin en Lavaux et de Saint-Thyrse à Lausanne. On a également attribué à Marius, sans preuves décisives, le transfert du siège de l'évêque d'Avenches à Lausanne.
Marius a rédigé une chronique universelle couvrant les années 455 à 581. Ce texte, qui résulte de la compilation de sources diverses, présente de l'intérêt pour l'étude de la Burgondie et des débuts du monastère de Saint-Maurice d'Agaune. Il est l'un des deux textes à présenter l'éboulement du Tauredunum. Marius a donné son nom au prieuré Saint-Maire à Lausanne, à une porte de la ville et au palais épiscopal, actuel siège du gouvernement vaudois.

source : Dictionnaire historique de la Suisse

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