Ligue Saint Amédée     Mieux vaut une petite œuvre dans la Vérité, qu'une grande dans l'erreur.

 


1er février : Saint Ignace d'Antioche
2 février : Purification de la Très Sainte Vierge
3 février : Saint Blaise
4 février : Saint André Corsini
5 février : Sainte Agathe
5 février : Les Saints Martyrs du Japon
6 février : Saint Tite
6 février : Sainte Dorothée
7 février : Saint Romuald
8 février : Saint Jean de Matha
9 février : Saint Cyrille d'Alexandrie
9 février : Sainte Apolline
10 février : Sainte Scolastique
11 février : Apparition de ND de Lourdes
12 février : Sainte Eulalie de Barcelone
12 février : Les Sept Saints Fondateurs de l’ordre des Servites
12 février : Saint Ludans
13 février : Sainte Catherine de Ricci
13 février : Saint Bénigne
14 février : Saint Valentin
15 février : Saint Faustin et Saint Jovite
16 février : Saint Onésime
17 février : Saint Théodule
18 février : Saint Siméon
19 février : Saint Barbat
19 février : Saint Conrad de Plaisance
19 février : Saint Boniface
20 février : Saint Éleuthère
20 février : Saint Eucher
21 février : Saint Sévérien
21 février : Saint Germain et Saint Randoald
22 février : Chaire de Saint Pierre à Antioche
23 février : Saint Pierre Damien
24 février : Saint Mathias
25 février : Saint Césaire de Nazianze
26 février : Saint Porphyre
27 février : Saint Léandre
28 février : Saint Gabriel de l'Addolorata
28 février : Saint Romain et Saint Lupicin


Saint Ignace

Saint Ignace
  1er février : Saint Ignace d'Antioche, Patriarche d'Antioche, Martyr

Certains auteurs assurent qu'Ignace fut ce petit enfant que Notre-Seigneur plaça au milieu des Apôtres lorsque, pour leur donner une leçon d'humilité, Il leur dit : Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n'entrerez jamais dans le royaume des Cieux. Ce qui est certain, c'est qu'il était un familier des premiers disciples du Sauveur, disciple lui-même de Saint Jean, l'Apôtre bien-aimé.
Ignace fut un grand évêque, un homme d'une rare sainteté ; mais sa gloire est surtout son martyre. Conduit devant l'empereur Trajan, il subit un long interrogatoire :

"C'est donc toi, vilain démon, qui insultes nos dieux ?
- Nul autre que vous n'a jamais appelé Théophore un mauvais démon.
- Qu'entends-tu par ce mot Théophore ?
- Celui qui porte Jésus-Christ dans son cœur.
- Crois-tu donc que nous ne portons pas nos dieux dans notre cœur ?
- Vos dieux ! Ce ne sont que des démons ; il n'y a qu'un Dieu Créateur, un Jésus-Christ, Fils de Dieu, dont le règne est éternel.
- Sacrifie aux dieux, je te ferai pontife de Jupiter et père du Sénat.
- Tes honneurs ne sont rien pour un prêtre du Christ."

Trajan, irrité, le fait conduire en prison. "Quel honneur pour moi, Seigneur, s'écrie le martyr, d'être mis dans les fers pour l'amour de Vous !" et il présente ses mains aux chaînes en les baisant à genoux.

L'interrogatoire du lendemain se termina par ces belles paroles d'Ignace : "Je ne sacrifierai point ; je ne crains ni les tourments, ni la mort, parce que j'ai hâte d'aller à Dieu."

Condamné aux bêtes, il fut conduit d'Antioche à Rome par Smyrne, Troade, Ostie. Son passage fut partout un triomphe ; il fit couler partout des larmes de douleur et d'admiration :

"Je vais à la mort avec joie, pouvait-il dire. Laissez-moi servir de pâture aux lions et aux ours. Je suis le froment de Dieu ; il faut que je sois moulu sous leurs dents pour devenir un pain digne de Jésus-Christ. Rien ne me touche, tout m'est indifférent, hors l'espérance de posséder mon Dieu. Que le feu me réduise en cendres, que j'expire sur le gibet d'une mort infâme ; que sous la dent des tigres furieux et des lions affamés tout mon corps soit broyé ; que les démons se réunissent pour épuiser sur moi leur rage : je souffrirai tout avec joie, pourvu que je jouisse de Jésus-Christ." Quel langage et quel amour !

Saint Ignace, dévoré par un lion, répéta le nom de Jésus jusqu'au dernier soupir. Il ne resta de son corps que quelques os qui furent transportés à Antioche.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Présentation de Jésus

Jésus dans les bras de Saint siméon
  2 février : Purification de la Très Sainte Vierge (Présentation de Jésus au Temple)

La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de Jésus au Temple selon la loi de Moïse. Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de Dieu, n'étaient obligés à cette cérémonie ; cependant par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d'obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant Jésus en Ses bras, Se rendit au Temple de Jérusalem.

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges allumés.

Les cierges symbolisent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde ; la procession représente le passage de la Sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux vieillards Siméon et Anne. Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l'abeille virginale, est la Chair du Christ ; la mèche, qui est intérieure, est Son Âme ; la flamme, qui brille en la partie supérieure est Sa Divinité.

La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du Christ, figuré par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l'Église, comme Jésus même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui L'offrit au Seigneur.

Les cierges de la Chandeleur sont bénits avec une solennité toute particulière et avec l'emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l'esprit de l'Église d'allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, au lit des mourants, pour éloigner d'eux l'ennemi des hommes, qui fait alors son suprême effort afin d'arracher les âmes à Dieu. C'est bien alors surtout, en effet, que l'homme a besoin du recours du Rédempteur, vraie lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Blaise
  3 février : Saint Blaise, Évêque et Martyr († 316)

Saint Blaise fut l'un des saints autrefois les plus populaires et les plus célèbres par l'efficacité de leur intercession. D'abord très habile médecin, et en même temps très vertueux chrétien, il devint évêque de Sébaste, en Arménie, par le choix du peuple, qui l'entourait d'une grande estime. Mais Blaise, inspiré de Dieu, quitta bientôt son siège épiscopal pour s'enfuir sur une montagne solitaire ; il y avait pour compagnie les bêtes fauves qui venaient chaque jour visiter et caresser l'homme de Dieu, et recevoir, avec sa bénédiction, la guérison de leurs maux.

Il fut rencontré en son désert par des païens qui, surpris de trouver un homme familièrement entouré de lions, de tigres, de loups et d'ours, allèrent raconter cette nouvelle au gouverneur. Blaise saisi peu de temps après comme chrétien, jusque dans son antre sauvage, exprima sa joie profonde, à la pensée de souffrir pour Jésus-Christ. Arrivé devant le gouverneur : "Insensé, lui dit-il, penses-tu me séparer de Dieu par tes tourments ? Non, non, le Seigneur est avec moi, c'est Lui qui me fortifie !"

Les bourreaux le frappèrent à coups de verges et le jetèrent en prison. Quelques jours après, le martyr est rappelé au tribunal :
"Choisis, Blaise, lui dit le juge, choisis entre deux partis : ou bien adore nos dieux, et alors tu seras notre ami, ou bien, si tu refuses, tu seras livré aux supplices et tu périras d'une mort cruelle.
- Ces statues que tu adores, reprend l'évêque, ne sont pas des dieux, mais les organes du démon, je ne puis donc les adorer."

Le tyran, le voyant inflexible, ordonna de l'attacher à un chevalet, puis il fit apporter des peignes de fer, avec lesquels on lui déchira le dos et tout le corps. La victime, se tournant toute sanglante vers le gouverneur, lui dit : "Déjà voisin du Ciel, je méprise toutes les choses de ce monde ; je me ris de vous et de vos supplices. Ces tourments ne dureront qu'un instant, tandis que la récompense sera éternelle."

Après de nouveaux interrogatoires inutiles, Blaise fut jeté dans le lac voisin pour y être noyé ; mais il fit le signe de la Croix et marcha sur les eaux comme sur un terrain solide, à la grande admiration de tous les spectateurs de ce prodige. Le glorieux martyr eut enfin la tête tranchée.

Tandis qu'il était en prison on lui avait amené un enfant sur le point d'être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit. C'est sans doute pour ce fait qu'on l'invoque spécialement pour les maux de gorge.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint André Corsini
  4 février : Saint André Corsini, Évêque de Fiésole (1302-1373)

Issu de l'illustre famille des Corsini, ce saint naquit à Florence, en 1302, le jour de Saint André, dont il reçut le nom. La veille de sa naissance, sa mère eut un songe, dans lequel il lui semblait mettre au monde un louveteau qui, entré dans l'église des Carmes, s'y transforma aussitôt en un agneau d'éclatante blancheur. Aussi cette pieuse mère eut-elle soin de vouer son enfant à la Très Sainte Vierge et de lui inspirer l'amour de la piété et de la vertu.

Malgré les exemples édifiants de ses parents et les sages instructions de ses précepteurs, André, entraîné par les mauvaises compagnies dans toute espèce de désordres, ne tarda pas à vérifier la première partie du songe maternel. Nouvelle Monique, la pauvre mère n'avait d'autres ressources que ses larmes et ses prières.
Or un jour, André, mû par un reste de tendresse, demanda à sa mère pourquoi elle pleurait ainsi : "Ah ! mon fils, répondit-elle, je pleure sur le louveteau que j'ai mis au monde. Quand donc se changera-t-il en agneau ? Souviens-toi que tu appartiens à la Vierge Marie et que tu dois La servir."
Ces paroles, comme une flèche divine, pénétrèrent le cœur d'André. Le lendemain il entra dans l'église des Carmes et, se prosternant devant l'image de Notre-Dame du Peuple : "Glorieuse Vierge Marie, dit-il, voici le loup dévorant qui Vous prie de le rendre désormais un agneau docile ; il veut Vous servir dans l'Ordre du Carmel." Aussitôt, il alla prier le supérieur du monastère de l'admettre dans son couvent. Il avait alors seize ans.

Dès le début de son noviciat, sa ferveur étonna les plus parfaits : l'esprit de la pénitence lui faisait accepter avec joie les offices les plus humbles. Ses passions un instant se révoltèrent, mais avec son énergie, l'amour de la prière et de la mortification, il les dompta si bien qu'il en demeura pour jamais vainqueur. Il fut un modèle d'obéissance, de ferveur et d'humilité.
Ordonné prêtre en 1328, il offrir à Dieu les prémices de son sacerdoce dans un petit couvent où il était inconnu et y célébra sa première Messe avec un recueillement et une dévotion extraordinaires. Aussitôt après la communion, la Très Sainte Vierge lui apparut, disant : "Tu es Mon serviteur, Je t'ai choisi, et Je serai glorifiée par toi." Dans la suite André ne voulut plus d'autre titre que celui de serviteur de Marie.
Dieu donna à ses paroles une onction et une force merveilleuse pour convertir les pécheurs et le favorisa du don des miracles. Un de ses parents fut guéri par lui d'un mal de jambe qui lui rongeait les chairs, et il rendit la vue à un aveugle dans la ville d'Avignon où il terminait ses études près du cardinal Corsini, son oncle.

De retour dans sa patrie, élu prieur du couvent de Florence, il devint comme le second apôtre du pays. Dans son admiration pour André, la ville de Fiésole le choisit pour évêque. A cette nouvelle il prend la fuite et va se cacher dans un couvent de Chartreux ; mais un enfant dévoile sa retraite.
Son élévation lui fit redoubler ses austérités. Au cilice il joignit une ceinture de fer. Il couchait sur des sarments de vigne étendus à terre. Chaque jour il récitait les sept psaumes de la pénitence et les Litanies des Saints, et se donnait une rude discipline. Sa charité pour les pauvres et surtout pour les pauvres honteux était inépuisable ; Dieu lui accorda un jour de multiplier le pain qu'il distribuait aux indigents.
Pris d'un mal subit le jour de Noël, il pressentit avec joie son dernier moment. Il mourut dans la soixante-douzième année de son âge et la treizième de son épiscopat. Ses reliques sont conservées à Florence dans l'église des Carmes.

Vie des Saints, Frères des Écoles Chrétiennes

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Sainte Agathe
  5 février : Sainte Agathe, Vierge et Martyre († 254)

Deux villes de Sicile, Palerme et Catane, se disputent l'honneur d'avoir donné naissance à Sainte Agathe ; ce qui est certain, c'est qu'elle fut martyrisée à Catane, sous l'empereur Dèce.

Dénoncée au préteur Quintianus, comme chrétienne, Agathe lui fut amenée. La beauté de la jeune fille le séduisit ; il conçut pour elle une passion criminelle et crut venir à bout de son dessein en la remettant aux mains d'une femme débauchée, nommée Aphrodisia. Aphrodisia employa son art et son artifice afin de séduire Agathe, sans pouvoir y réussir ; et après un mois de tentatives, elle s'en fut trouver le préfet pour lui annoncer l'inutilité de ses efforts.

Le juge alors fit comparaître la servante du Seigneur devant son tribunal.

"Qui es-tu ?
- Je suis noble et d'une illustre famille, toute ma parenté le fait assez connaître.
- Pourquoi donc suis-tu la chétive condition des chrétiens ?
- Parce que la véritable noblesse s'acquiert avec Jésus-Christ dont je me dis la servante.
- Quoi donc ! sommes-nous dégradés de noblesse pour mépriser ton Crucifié ?
- Oui, tu perds la véritable liberté en te faisant esclave du démon jusqu'au point d'adorer des pierres pour lui faire honneur."

Afin d'apprendre à la jeune fille à mieux parler, Quintianus la fit frapper sur la joue, et commanda qu'on la conduisit en prison, lui disant qu'elle eût à se préparer à renier Jésus-Christ ou à mourir dans les tourments. Le lendemain, le juge essaya de gagner Agathe par des promesses, mais il la trouva inébranlable, et ses réponses excitèrent tellement la rage du persécuteur, que, sur son ordre, on tordit et on arracha une mamelle à la sainte. Elle dit à Quintianus : "N'as-tu pas honte, ô cruel tyran, de me faire souffrir de cette façon, toi qui as sucé ta première nourriture du sein d'une femme ?"

Quand elle fut rentrée dans la prison où le préfet avait défendu de lui rien donner, Saint Pierre lui apparut et la guérit au nom du Sauveur ; la sainte s'écria : "Je Vous rends grâces, ô mon Seigneur Jésus-Christ, de ce qu'il Vous a plu de m'envoyer Votre Apôtre afin de guérir mes plaies et de me rendre ce que le bourreau m'avait arraché," et la prison fut remplie d'une si éclatante lumière que les gardiens s'enfuirent épouvantés, laissant les portes ouvertes.

Les autres prisonniers conseillaient à Agathe de prendre la fuite, mais elle répondit : "Dieu me garde de quitter le champ de bataille et de m'enfuir en voyant une si belle occasion de remporter la victoire sur mes ennemis."

Quatre jours après, Agathe fut ramenée devant le juge qui, la voyant saine et sauve, fut rempli d'étonnement ; sa rage n'en devint que plus grande. Par son ordre, on roula la sainte sur des têts de pots cassés et sur des charbons, en même temps que l'on perçait son corps de pointes aiguës. Pendant ce supplice, un tremblement de terre survint, et les principaux ministres de la cruauté de Quintianus furent écrasés. La ville, épouvantée, vit là un châtiment du Ciel, et le persécuteur, craignant qu'on ne lui enlevât sa victime, se hâta de la renvoyer en prison. Quand elle y fut rentrée, Agathe dit : "Ouvrez, Seigneur, les bras de Votre miséricorde, et recevez mon esprit qui désire Vous posséder avec tous les transports d'amour dont il est capable," et en achevant ces mots elle expira (254).

Aussitôt que la nouvelle de cette mort se fut répandue, toute la ville accourut pour honorer les restes de Sainte Agathe, et au moment où on voulut la mettre dans le tombeau, cent Anges, sous la figure de jeunes hommes, apparurent, et au front d'Agathe inscrivirent ces mots : "C'est une âme sainte ; elle a rendu un honneur volontaire à Dieu et elle est la rédemption de sa patrie." Quintianus, de son côté, était parti pour se mettre en possession des biens de la servante de Dieu, mais au passage d'une rivière, un cheval le mordit au visage et un autre, à coups de pieds, le précipita dans l'eau où il se noya.

La dévotion à Sainte Agathe ne tarda pas de se répandre partout, mais nulle part elle ne fut plus honorée qu'à Catane. Plusieurs fois sa protection a sauvé cette ville des éruptions de l'Etna, et pour cela il suffisait aux habitants de donner, comme barrière aux torrents de lave qui descendaient de la montagne, un objet qui avait touché le corps de la sainte.

Vie des Saints, R.P. Giry

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Martyrs du Japon

Martyrs du Japon
  5 février : Les Saints Martyrs du Japon († 1597)

Lorsque Saint François-Xavier parut au Japon, cet empire était plongé tout entier dans le paganisme ; quarante ans plus tard, on y comptait plus de deux cent mille chrétiens, généralement animés de toute la ferveur de l'Église primitive. Le démon, jaloux, ne tarda pas à soulever une persécution ; elle fut terrible, mais ne servit qu'à faire éclater les merveilles de la foi.

La liste des premiers martyrs du Japon en comprend vingt-six : six Franciscains, trois Jésuites, et dix-sept chrétiens, dont trois jeunes enfants de chœur.

Leurs noms sont :
- Paul Miki
- François Fahelente
- Pierre Sukégiro
- Come Tachégia
- Michel Cozaki
- Jacques Kisaï
- Paul Ibarki
- Jean de Goto
- Louis
- Antoine
- Pierre-Baptiste
- Martin de l'Ascension
- Philippe de Jésus
- François Blanco
- François de Saint-Michel
- Mathias
- Léon Carasumaro
- Bonaventure
- Thomas Cosaki
- Joachim Saccakibara
- François de Méaco
- Jean Kimoia
- Gabriel de Duisco
- Paul Suzuki
- Thomas Dauki
- Gonçalo Garcia.

Les Actes des martyrs des trois premiers siècles ne sont pas plus admirables que le récit des souffrances de ces héros de la foi.

Un des religieux, près de mourir, disait, en parlant de la magnanimité de ces chrétiens : "J'ai honte de moi-même, en voyant des hommes si récemment entrés dans le sein de l'Église montrer un tel courage en face de la mort."

Un autre, suspendu à une croix, n'osait se servir que des paroles du bon larron : "Seigneur, souvenez-Vous de moi !"

Un pieux Jésuite, crucifié, fit une prédication touchante, du haut de sa glorieuse chaire, aux païens qui l'entouraient : "Arrivé au terme où vous me voyez, dit-il, je ne pense pas qu'aucun de vous me croie capable de trahir la vérité. Eh bien ! Je vous le déclare, il n'y a pas d'autre moyen de salut que la religion chrétienne. Je pardonne aux auteurs de ma mort ; je les conjure de recevoir le baptême."

Les trois enfants ne furent pas moins admirables. L'un d'eux, nommé Louis, répondit à un païen qui l'engageait à renoncer à sa foi : "C'est vous qui devriez vous faire chrétien, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de salut."

Un autre nommé Antoine, résista aux larmes de ses parents et aux promesses du magistrat : "Je méprise, dit-il, vos promesses et la vie elle-même : je désire d'être attaché à la croix pour l'amour de Jésus crucifié." Du haut de sa croix, il chanta d'une voix angélique le psaume : Laudate, pueri, Dominum - Enfants, louez le Seigneur, et il eut le cœur percé d'une lance au Gloria Patri, qu'il alla chanter dans le Ciel.

Les fidèles recueillirent le sang et les vêtements des martyrs, dont l'attouchement opéra des miracles. Pie IX les a canonisés le 8 juin 1862, dans une solennité sans exemple, au milieu d'un grand concours d'évêques de toutes les parties du monde.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Tite
  6 février : Saint Tite, Évêque et Disciple de Saint Paul (Ier siècle)

Saint Tite naquit de parents idolâtres et dut sa conversion à Saint Paul. La sainteté, le zèle, la vie admirable de celui que le grand Apôtre appelait son fils et qu'il appela bientôt son frère fit qu'il l'associa à son ministère ; il le choisit comme son interprète auprès des Grecs.

Il n'est rien de touchant comme les expressions pleines de tendresse et d'affection dont il se sert chaque fois que dans ses lettres il parle de son disciple. Étant venu à Troade pour les intérêts de l'Évangile, il nous dit qu'il n'eut point l'esprit en repos parce qu'il n'y trouva pas ce frère aimé. Ailleurs il s'exprime en ces termes : "Celui qui console les humbles, Dieu, nous a consolé par l'arrivée de Tite."

Nous voyons aussi Tite accompagner son maître à Jérusalem et assister avec lui au premier Concile. C'est alors que les Juifs convertis voulurent le forcer à se faire circoncire et qu'il réclama, en refusant avec énergie, la liberté de l'Évangile pour lui et les gentils.
Des divisions et des scandales s'élevèrent dans l'Église de Corinthe ; pour les faire cesser, Saint Paul envoya son fidèle disciple qui l'avait suivi à Éphèse. Tite fut accueilli avec respect et vénération par l'Église de Corinthe, il remit tout dans l'ordre, et, après avoir fait un bien immense à la chrétienté, il vint rejoindre Saint Paul en Macédoine et lui rendre compte de sa mission et de ses heureux résultats. Le maître, heureux et content, renvoya, quelques temps après, le disciple à Corinthe porter les aumônes qu'il avait recueillies lors de son premier voyage et pour préparer les esprits des fidèles à recevoir quelques Macédoniens que Saint Paul se proposait de leur mener lui-même.

Six années durant, Tite accompagna Saint Paul dans ses voyages, prêchant l'Évangile avec lui et déployant un zèle infatigable pour gagner des âmes à Jésus-Christ. Quand, après sa sortie de prison, en 63, Saint Paul eut évangélisé l'île de Crète, il y laissa Tite pour continuer son œuvre.
En 64, Saint Paul, qui ne pouvait se passer de Tite et qui avait besoin de lui pour l'édification des Églises nouvellement fondées, lui écrivit, dans le courant de l'automne, la lettre que nous avons à son adresse ; il lui mandait de partir aussitôt que seraient arrivés ceux qu'il envoyait pour le remplacer et de venir le rejoindre à Nicopolis en Épire, où il devait passer l'hiver.
Nous le retrouvons en 65, prêchant l'Évangile aux Dalmates. Après la mort de Saint Paul il retourna en Crète, gouverna sagement cette Église et évangélisa toutes les îles voisines. Plein de mérites et de jours, il s'endormit dans le Seigneur, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans. Pie IX a fixé la célébration de sa fête au premier jour libre après le 4 janvier.

Vie des Saints, R.P. Giry

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Saint Dorothée
  6 février : Sainte Dorothée, Vierge et Martyre († 304)

Le martyre de la vierge Dorothée nous offre encore une belle page de l'histoire des premiers siècles de l'Église. Elle était née à Césarée, en Cappadoce, où elle faisait l'étonnement des païens et l'édification des chrétiens par ses rares vertus.

Saisie comme chrétienne, elle parut les yeux baissés, mais avec fermeté, devant son juge :

"Quel est ton nom ? lui demande-t-il.
- Je me nomme Dorothée.
- Je t'ai fait mander pour sacrifier à nos dieux immortels.
- Je n'adore que le Dieu du Ciel, car il est écrit : "Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que Lui."
- Écoute-moi et sacrifie, c'est le seul moyen d'éviter le chevalet.
- Les souffrances du chevalet ne durent qu'un instant, mais elles me feront éviter des supplices éternels."

Le juge la fait étendre sur le chevalet pour l'intimider, mais elle réitère sa profession de foi :

"Pourquoi retardes-tu mon bonheur ? Je suis chrétienne ! Je n'aspire qu'à voir Celui pour qui j'affronte les tourments et la mort.
- Et qui est Celui que tu désires ?
- C'est le Christ, le Fils de Dieu.
- Ce sont là des folies, sacrifie et tu seras heureuse.
- Non, je ne sacrifierai point aux démons, je suis l'épouse du Christ et je brûle de m'unir à Lui dans les Cieux."

Elle est alors livrée à deux malheureuses femmes qui avaient récemment apostasié ; mais loin d'être ébranlée par elles, elle leur fit sentir l'énormité de leur faute, les convertit et assista bientôt à leur martyre.
Dorothée, à son tour, fut de nouveau étendue sur le chevalet. "Jamais, je n'ai été si heureuse, dit-elle au milieu des tourments, car j'ai rendu au Christ deux âmes que le démon Lui avait ravies." Et se tournant vers le juge: "Misérable, lui dit-elle, te voilà vaincu, toi et tes idoles !"

Elle fut condamnée à être frappée du glaive. "Je Vous rends grâces, s'écria-t-elle, ô céleste Amant des âmes, de ce que Vous m'appelez en Votre Paradis."

Comme on la menait à la mort, un païen, nommé Théophile, la pria, par raillerie, de lui envoyer "des fruits ou des roses du jardin de son Époux". Elle le lui promit. Avant de recevoir le coup mortel, elle se mit à genoux et pria. Aussitôt parut un enfant portant trois beaux fruits et des roses fraîches, bien qu'on fût en février, et il les porta, de la part de Dorothée, à Théophile, qui confessa Jésus-Christ et subit le martyre ce jour même en rendant grâces à Jésus-Christ.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Romuald
  7 février : Saint Romuald, Abbé (906-1027)

Saint Romuald naquit à Ravenne, en 906, d'une des plus illustres familles d'Italie. Sa jeunesse fut orageuse, mais bientôt la grâce, qui le poursuivait, triompha de ses résistances, et il racheta son passé par les plus effrayantes austérités.

Après avoir vécu sept ans dans un monastère de Saint-Benoît, il se sentit inspiré de mener la vie solitaire, et alla habiter avec un saint homme qui lui faisait réciter chaque jour de mémoire tout le psautier. Quand il faisait quelque faute, l'ermite, toujours armé d'une verge, lui donnait un rude coup sur l'oreille gauche. Romuald souffrait patiemment ; cependant un jour, s'apercevant qu'il perdait l'ouïe du côté gauche, il pria le rude vieillard de le frapper sur l'oreille droite. Ce fait suppose un grand progrès dans la vertu.

Bientôt Romuald devint le chef d'une foule de solitaires ; il réforma et fonda un grand nombre de monastères, et établit enfin l'Ordre des Camaldules.

Dieu éprouva sa vertu par les terribles assauts du démon, qui lui demandait à quoi servaient tant de prières et de pénitences. Les victoires du saint rendaient son ennemi plus furieux, et plus d'une fois il fut battu et foulé aux pieds par des esprits malins revêtus des formes les plus fantastiques : "Quoi ! disait Romuald au démon, en se moquant de lui, tu as été chassé du Ciel et tu viens au désert montrer ta honte ! Va-t-en, bête immonde, vilain serpent !"

Notre saint jouit à un haut degré du don des larmes ; il ne pouvait célébrer la Messe sans pleurer, et, pendant son oraison, vaincu par l'émotion et ravi en extase, il s'écriait : "Jésus, mon cher Jésus ! Ô doux miel, ineffable désir, délices des saints, suavité des anges !"

Arrivé à une extrême vieillesse, il jeûnait encore tous les jours, et, pendant le carême, il se contentait d'une écuelle de légumes à son unique repas. Quelquefois il demandait certains mets afin de les voir, d'en faire le sacrifice à Dieu et de se moquer de la sensualité : "Voilà un bon morceau bien apprêté, Romuald, disait-il ; tu le trouverais bien de ton goût, n'est-ce pas ? Eh bien ! Tu n'y toucheras pas, et tu n'en auras eu la vue que pour te mortifier davantage."

Il faisait tant et de si grands miracles que toute la nature semblait lui être soumise. Cet illustre athlète de la pénitence, malgré ses austérités étonnantes, mourut à l'âge de cent vingt ans, dont quatre-vingt-treize ans dans la vie érémitique.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Jean de Matha
  8 février : Saint Jean de Matha, Confesseur (1160-1213)

Saint Jean de Matha, originaire d'une illustre famille, en Provence, fut consacré au Seigneur par un vœu, dès sa naissance. Il brilla, tout jeune encore, par le divin instinct de la charité. On le voyait distribuer aux pauvres l'argent que ses parents lui donnaient pour ses menus plaisirs, et tous les vendredis il allait servir les malades dans les hôpitaux ; là, il pansait leurs plaies et leur procurait tous les secours qui étaient en son pouvoir. C'est par cette conduite admirable, il y a lieu de le croire, que le pieux jeune homme mérita de devenir le père d'un grand Ordre de charité.

Le jour où il fut élevé au sacerdoce une colonne de feu reposa sur la tête du nouveau prêtre et manifesta l'onction du Saint-Esprit qui opérait dans son âme. Le bruit de ce prodige s'étant répandu, une nombreuse assemblée assista à sa première Messe. Au moment de la consécration, lorsque Jean élevait l'hostie, on vit le visage du saint resplendir d'une lumière surnaturelle et ses yeux se fixer au dessus de l'autel sur un spectacle invisible aux assistants. "J'ai vu, dit-il plus tard, un ange tout blanc, avec un vêtement brillant, portant sur la poitrine une croix de couleur rouge et bleue ; ses bras se croisaient, et il présentait les mains à deux captifs, l'un chrétien et l'autre maure ; ils étaient à ses pieds dans la posture de suppliants."

C'était l'annonce claire de l'œuvre qu'il devait établir ; il fut, en effet, le fondateur de l'Ordre de la Sainte-Trinité pour la rédemption des captifs, dont les religieux portèrent le costume indiqué par la vision.

Qui dira tout ce que le saint eut à souffrir dans son pénible apostolat ? "Si je n'ai pas le bonheur d'être martyr, disait-il souvent, puissai-je au moins rester chez les barbares, comme esclave, pour mes frères !"

Dieu seconda plus d'une fois son zèle par des miracles. Un jour que les habitants de Tunis voulaient l'empêcher de ramener en Europe les nombreux captifs qu'il avait rachetés, il se prosterna et invoqua Marie ; puis, à la grande stupéfaction des infidèles, étendit son manteau en guise de voile sur le navire. Celui-ci, sans rames, sans voiles, sans gouvernail, vogua bientôt en pleine mer et aborda en moins de deux jours à Ostie, aux applaudissements d'une foule émerveillée du prodige.

Jean de Matha mourut à Rome, usé de fatigues, dans la pauvreté et la pénitence, mais chargé d'oeuvres et de mérites. La pauvre petite cellule qu'il sanctifia par ses dernières années et par sa mort a été conservée jusqu'à ce jour.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Cyrille d'Alexandrie
  9 février : Saint Cyrille d'Alexandrie, Evêque et Docteur de l'Église († 444)

Ce grand serviteur de Marie était le neveu du trop fameux Théophile, patriarche d'Alexandrie, qui se montra l'ennemi acharné de Saint Jean Chrysostome. Cyrille hérita à la fois du siège et de la rancune de son oncle, au point que, même évêque, il persista pendant six ans, dans le schisme de son prédécesseur ; le point contesté était l'inscription du nom de Saint Jean Chrysostome sur les dyptiques sacrés. Il fut enfin tiré de son obstination grâce à l'intervention de Saint Isidore, abbé de Péluse, auquel Cyrille avait confié la direction de son âme.

"Si je suis votre père, comme vous le dites, lui écrivait Saint Isidore, je dois craindre d'attirer sur moi le châtiment d'Héli, si terriblement puni pour avoir négligé la correction de ses enfants. Faites cesser ces querelles. Ne cherchez pas plus longtemps la vengeance d'une injure privée et domestique. Ne la faites pas peser sur l'Église."

Cyrille ne put résister à ces touchantes exhortations, et se soumit : il assembla les évêques de son patriarcat, inscrivit solennellement le nom de Chrysostome dans les dyptiques, et rentra ainsi en grâce avec Rome (418). Ceci prouve une fois de plus qu'on ne naît pas saint, mais qu'on le devient.

Le grand mérite de Cyrille devant l'histoire a été sa lutte contre Nestorius, moine et prêtre d'Antioche, qui, sous des dehors austères, cachait un esprit faux et chicaneur, et un orgueil indomptable. Élevé sur le siège de Constantinople (428), il se mit à enseigner hautement qu'il y a deux personnes en Jésus-Christ : celle de Dieu et celle de l'homme ; que depuis l'Incarnation le Verbe ne S'est point uni à la nature humaine, mais ne l'a prise que comme un vêtement. Il en concluait que la Vierge Marie n'est point Mère de Dieu, mais seulement mère de l'homme ou du Christ.

Cet enseignement souleva d'unanimes protestations tant des fidèles que des gardiens de la foi catholique. Dès 429, Cyrille écrivit contre Nestorius, puis à Nestorius lui-même ; il écrivit ensuite au Pape Célestin et à l'empereur Théodose II, pour les éclairer sur la gravité des nouvelles erreurs. Son intervention obtint son effet : Nestorius fut condamné, excommunié et déposé. Cyrille était chargé de faire exécuter la sentence, si dans le délai de dix jours l'hérésiarque n'avait par rétracté ses erreurs. Dans ce but, Cyrille lui présenta à signer douze anathématisme qui détaillaient longuement son hérésie. Nestorius et ses partisans s'insurgèrent contre cette rédaction, y trouvèrent matière à discussion, et d'accusés se firent accusateurs.

Cette opiniâtreté donna lieu à la convocation du Concile d'Éphèse (431), où il se trouva deux cents évêques. La présidence du concile fut dévolue à Cyrille.

Nestorius, cité trois fois, refusa de comparaître. Le concile prononça contre lui une sentence de déposition dont on informa l'empereur. Le 7 juin, depuis le matin, le peuple assiégeait les abords de l'église, attendant fiévreusement la décision du concile. Quand il apprit que les Pères avaient conservé à Marie Son titre de Mère de Dieu, il éclata en transports de joie, et, à la lueur des flambeaux, reconduisit les évêques jusqu'à leurs demeures.

Six jours après, quatorze évêques orientaux, partisans de Nestorius, arrivèrent à Éphèse, se constituèrent en concile et excommunièrent Cyrille. Sollicité par les deux partis, l'empereur emprisonna Cyrille et Nestorius. Toutefois, à l'arrivée des légats du Pape Célestin, il rétablit Cyrille et déclara Nestorius définitivement déposé. Les évêques partisans de Nestorius se réconcilièrent alors avec Cyrille.

Là se termine le rôle considérable rempli par Cyrille dans cette importante joute théologique. Métaphysicien pénétrant et esprit religieux, Cyrille avait profondément médité le mystère de l'Incarnation. L'unité du Christ qu'il mit si fort en relief lui paraissait la conséquence d'un raisonnement très simple : si le Rédempteur n'est pas Dieu Lui-même, Il ne peut pas nous sauver ; Jésus-Christ est donc personnellement Dieu. Si Jésus-Christ est Dieu, il est juste de reconnaître à Marie la qualité de Mère de Dieu, quoiqu'Elle n'ait pas, à proprement parler, produit la Divinité, chose qu'il serait absurde de prétendre. C'est ainsi que dans les générations ordinaires, l'âme l'emporte de beaucoup sur le corps. Et cependant, ne nommons-nous pas nos parents, ceux qui, en réalité, ne nous ont fait part que de notre substance corporelle ?

Saint Cyrille mourut probablement le 27 juin 444.

Nouvelle Vie des Saints, J.-M. Planchet

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Sainte Apolline

Sainte Apolline
  9 février : Sainte Apolline ou Sainte Apollonie, Vierge et Martyre († 249)

Sainte Apolline ou Apollonie était d'Alexandrie ; au milieu de la corruption générale, elle y passait pour un modèle de vertu et de modestie chrétienne. Cette héroïque jeune fille ne se contenta pas de consacrer au Seigneur ses premières années, sa jeunesse et son existence entière, elle voulut encore lui offrir le sacrifice de sa vie.

L'an 248, une persécution sanglante éclata dans la cité ; la fureur des païens contre les chrétiens ne connut point de bornes. On pilla les maisons et on exerça contre les personnes les plus horribles violences. Apolline, déjà avancée en âge, loin de prendre la fuite, demeura toujours à Alexandrie, sans craindre la perte de ses biens ni de sa vie, heureuse, au contraire, d'attendre l'occasion de couronner ses vertus par un glorieux martyre.

Un jour, elle fut arrêtée ; les bourreaux se jetèrent sur elle, la frappèrent si rudement avec des cailloux, qu'ils lui rompirent les mâchoires et lui brisèrent les dents ; puis, l'ayant entraînée hors de la ville, ils allumèrent un grand feu, résolus de l'y jeter, si elle ne renonçait pas à Jésus-Christ. La sainte demanda quelques moments comme pour réfléchir à ce qu'elle devait faire.

Les païens espérèrent un instant qu'elle allait reculer devant l'horrible supplice du feu. Mais Apolline, profitant de cet instant de liberté, s'échappa de leurs mains, et poussée par l'ardeur de l'amour divin qui embrasait son cœur, elle s'élança elle-même impétueusement dans le feu, au grand étonnement de ses bourreaux stupéfaits de voir une fille plus hardie et plus prompte à souffrir la mort qu'eux-mêmes à la lui faire endurer.

Son corps, comme un holocauste pur et sans tache, fut bientôt dévoré par les flammes, et son âme généreuse et pure s'envola dans les Cieux, l'an 249 de Notre-Seigneur, le 9 février. L'exemple étonnant de Sainte Apolline serait répréhensible si elle avait obéi à la précipitation de la nature ; mais l'Église, en l'admettant au nombre des martyrs, nous oblige à croire qu'elle obéit à l'impulsion de l'Esprit divin. Sainte Apolline a toujours été regardée par la dévotion populaire comme secourable contre le mal de dents, sans doute à cause du premier supplice qu'elle avait enduré.

Le courage de cette vierge, courant elle-même au-devant des supplices, n'est-il pas une éclatante condamnation de notre lâcheté au service de Dieu ?

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Sainte Scolastique

Sainte Scolastique
  10 février : Sainte Scolastique, Vierge (480-543)

Sainte Scolastique était la sœur de Saint Benoît, patriarche des moines d'Occident. Jeune encore, elle fit, au foyer paternel, de grands progrès dans la vertu. Loin d'imiter les illusions des filles du siècle, elle méprisa la beauté, les richesses, l'alliance des plus grands princes pour s'allier à Jésus-Christ. Suivre Benoît dans la solitude était son unique aspiration. Elle se consacra à Dieu dès sa plus tendre jeunesse, et elle se rapprocha de son saint frère, quand il se fut établi au Mont-Cassin, afin de profiter de ses leçons et de ses exemples.

Benoît ne consentait à voir sa sœur qu'une fois par an, avant le carême, et alors la Sainte sortait de son cloître, et le frère, de son côté, allait au-devant de la sœur ; ils se rejoignaient sur le flanc de la montagne, et on voit encore le petit sanctuaire érigé, croit-on, sur les ruines de la chaumière où Saint Benoît et Sainte Scolastique eurent leur suprême entretien resté si célèbre.

Le 9 février 543, Scolastique était allée visiter son frère, comme de coutume. La journée se passa dans de saints entretiens, et la nuit arriva sans qu'ils s'en aperçussent. "Il est trop tard pour vous retirer, dit la sainte à son frère ; parlons jusqu'à l'aurore des joies de la vie céleste. - Que dites-vous là, ma sœur ? reprit Benoît ; je ne puis passer la nuit hors de mon couvent."

Scolastique, affligée de ce refus, se pencha sur la table, et, la tête entre ses mains, pria Dieu en versant d'abondantes larmes. Sa prière fut si promptement exaucée, que le tonnerre grondait déjà quand elle releva la tête, et que la pluie tombait par torrents, bien que le ciel fût auparavant serein et sans nuage : "Qu'avez-vous fait, ma sœur ? dit l'homme de Dieu. - Je vous ai supplié, dit Scolastique, et vous n'avez pas voulu m'écouter ; j'ai invoqué Notre-Seigneur, et voilà qu'Il m'exauce."

Dans l'impossibilité de sortir, Benoît resta par force ; les deux saints veillèrent toute la nuit, s'entretenant du bonheur des élus. Le lendemain, la pieuse vierge retourna à son couvent, et, Benoît à son monastère ; mais le troisième jour, l'homme de Dieu, dans sa cellule, élevant les yeux en haut, vit l'âme de sa soeur s'envoler dans les airs sous la forme d'une colombe.

Benoît voulut faire déposer le corps de sa sœur dans le tombeau qu'il avait préparé pour lui, afin que leurs corps fussent unis dans la mort comme leurs âmes l'avaient été dans la vie.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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apparition de Lourdes

apparition de Lourdes
  11 février : Apparition de Notre-Dame de Lourdes (1858)

Proclamée Immaculée dans Sa Conception, le 8 décembre 1854, Marie ne devait pas tarder à montrer combien Elle agréait ce nouvel hommage de la sainte Église. Quatre ans plus tard, en 1858, elle daigna Se montrer, à dix-huit reprises, à une petite fille de Lourdes, bourgade des Pyrénées.

L'enfant, ignorante et candide, s'appelait Bernadette. La Vierge paraissait dans une grotte sauvage. Son visage était gracieux et vermeil ; Elle était enveloppée dans les plis d'un long voile blanc ; une ceinture bleue flottait autour d'Elle ; sur chacun de Ses pieds brillait une rose épanouie. L'enfant regarda longtemps, étonnée et ravie ; elle prit son chapelet et le récita pieusement. L'apparition lui ordonna de revenir.

La seizième fois, 25 mars, Bernadette supplia la vision de Se faire connaître. Alors, l'Être mystérieux, joignant les mains devant Sa poitrine, et revêtant une majesté toute divine, disparut en disant : "JE SUIS L'IMMACULÉE CONCEPTION !" C'était la Sainte Vierge, patronne de l'Église et de la France, qui venait appeler Son peuple à la prière et à la pénitence.

À partir de cette époque, la ville de Lourdes devenait immortelle. L'Apparition triompha de toutes les impiétés et de toutes les persécutions. Des foules immenses sont venues, selon le désir exprimé par l'Apparition, saluer la Vierge Immaculée dans Sa grotte bénie et dans les splendides sanctuaires érigés à Sa demande et en Son honneur, sur le flanc de la montagne.

De nombreux et éclatants miracles ont récompensé et récompensent toujours la foi des pieux pèlerins ; et chaque jour ce grand mouvement catholique va croissant ; c'est par centaines de mille, chaque année, que les dévôts de Marie affluent, à Lourdes, de toutes les parties du monde.

La piété catholique a multiplié les Histoires et les Notices de Notre-Dame de Lourdes ; mille et mille cantiques de toutes langues ont été chantés au pied de la Grotte bénie ; partout, en France et dans toutes les parties du monde, se sont multipliées les représentations de la Grotte de Lourdes et de sa basilique, les images et les statues de la Vierge Immaculée. Les féeriques processions aux flambeaux, les merveilleuses illuminations, les grandioses manifestations qui s'y renouvellent souvent, ont fait de Lourdes comme un coin du Paradis.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Sainte Eulalie
  12 février : Sainte Eulalie de Barcelone, Vierge et Martyre († 304)

Sainte Eulalie, égale à bon nombre d'autres jeunes martyres par son illustre naissance, ne leur fut inférieure ni par ses vertus ni par ses glorieux combats pour Jésus-Christ.

Quand le barbare gouverneur Dacien, qui fit ruisseler en Espagne le sang des martyrs, vint à Barcelone, la jeune Eulalie, âgée de quatorze ans, fut inspirée de Dieu d'aller se présenter elle-même au tyran, afin de donner à toute la ville un noble exemple de courage.

Un matin, elle s'échappa de la maison paternelle et alla droit au tribunal. Le gouverneur, étonné de tant d'audace, mais frappé aussi de la beauté de cette enfant, lui dit :
"Qui es-tu, jeune fille, et que veux-tu ?
- Je veux te reprocher ta conduite cruelle envers d'innocentes victimes.
- Mais qui es-tu donc pour me parler ainsi ?
- Je suis chrétienne.
- N'insulte pas en moi l'autorité des divins empereurs.
- Je suis chrétienne, et je méprise vos idoles.
- Offre de l'encens aux dieux immortels.
- J'adore le vrai Dieu, et je hais tes dieux misérables."

Dacien ordonna de la promener par toute la ville en la faisant fustiger avec une verge de bois flexible ; mais l'effet produit fut différent de ce qu'attendait ce barbare, et les fidèles bénissaient le Seigneur du courage de la jeune martyre.
Eulalie subit ensuite le supplice du chevalet, des ongles de fer, des peignes d'acier et des torches ardentes ; mais, aidée de la grâce d'en haut, elle riait de l'impuissance de ses bourreaux. L'huile bouillante et le plomb fondu n'émurent pas davantage l'héroïque fille.

Alors Dacien honteux et confus de sa défaite, ordonna de laisser Eulalie attachée espèce de croix. La pauvre enfant n'y demeura pas longtemps suspendue ; les tourments affreux qu'elle avait endurés avaient épuisé ses forces ; elle expira paisiblement, et les assistants virent son âme s'envoler vers le ciel sous la forme d'une blanche colombe.

Ce glorieux martyr eut lieu le 12 février de l'an 304. Que de fois, an temps des persécutions, Dieu s'est servi ainsi de l'exemple de frêles et timides vierges pour relever le courage des chrétiens et faire éclater en même temps la divinité d'une religion qui inspirait un si calme et si sublime héroïsme !

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Sept Saints Fondateurs de l’ordre des Servites
  12 février : Les Sept Saints Fondateurs de l’ordre des Servites

Le ciel de l’Église s’assombrit. Tout nous annonce déjà les jours où l’Emmanuel apparaîtra dans l’état lamentable où l’auront mis nos crimes. Bethléhem appelait-elle donc si tôt le Calvaire ! Au pied de la Croix comme en Ephrata, nous retrouverons la Mère de la divine grâce ; alors Marie enfantera dans ses larmes les frères du premier-né dont la naissance fut toute de douceur. Comme nous avons goûté ses joies, nous saurons avec elle pleurer et souffrir.

Prenons modèle des bienheureux honorés en ce jour. Leur vie se consuma dans la contemplation des souffrances de Notre-Dame ; l’Ordre qu’ils établirent eut pour mission de propager le culte de ces inénarrables douleurs. C’était le temps où Saint François d’Assise venait d’arborer comme à nouveau sur un monde refroidi le signe du divin Crucifié ; dans cette reprise de l’œuvre du salut, pas plus qu’au Vendredi de la grande semaine, Jésus ne pouvait se montrer à la terre sans Marie : les Servîtes complétèrent par ce côté l’œuvre du patriarche des Mineurs ; l’humanité désemparée retrouva confiance en méditant sur la passion du Fils et la compassion de la Mère.

Quelle place occupent dans l’économie de la rédemption les douleurs de la Vierge très sainte, c’est ce que doivent nous dire en leur temps deux fêtes diverses appelées à en consacrer le mystère. Les complaisances de la souveraine des cieux pour l’Ordre qui s’en fit l’apôtre, apparurent dans la multiple effusion de sainteté dont son origine fut marquée. L’épanouissement simultané des sept lis que les Anges cueillent aujourd’hui sur terre offre un spectacle inusité au ciel Pierre de Vérone en eut la vision, au temps où leurs tiges implantaient sur la cime du Senario leurs racines fécondes ; et le futur Martyr vit la Vierge bénie sourire à la montagne d’où d’autres fleurs sans nombre, nées à l’entour, envoyaient aussi leurs parfums sur l’Église. Jamais Florence, la ville des fleurs, n’avait encore à ce point fructifié pour Dieu. Aussi l’enfer, qui à l’heure même multipliait ses entreprises sur la noble cité, ne put prévaloir contre Marie dans ses murs. Les fêtes de Julienne Falconiéri, de Philippe Benizi, qui précédèrent au Cycle sacré celle de ce jour, nous ramèneront à ces pensées. Mais dès maintenant, unissons notre gratitude à celle de l’Église pour la famille religieuse des Servites ; le monde lui doit d’avoir avancé dans la connaissance et l’amour de la Mère de Dieu, devenue notre mère au prix de souffrances que nul autre enfantement ne connut.

Le récit consacré par l’Église à la mémoire des saints fondateurs nous dira leurs mérites, et les bénédictions dont leur fidélité à Marie fut récompensée. Le 11 février, choisi d’abord pour la célébration de leur commune fête, ne rappelle la mort d’aucun des sept bienheureux ; mais c’est à pareil jour qu’en 1304, après des vicissitudes infinies, l’Ordre sorti d’eux obtint l’approbation définitive de l’Église.

Comme vous avez fait des douleurs de Marie vos propres douleurs, elle partage avec vous maintenant ses joies éternelles. Cependant la vigne dont les grappes, mûrissant avant l’heure, présageaient votre fécondité sur une terre glacée, exhale encore ses suaves parfums dans le séjour de notre exil. Le peuple fidèle apprécie grandement les fruits qu’elle produit toujours ; depuis longtemps il honorait, à titre de rameaux du cep béni, les Philippe, les Julienne ; mais aujourd’hui ses hommages remontent à la septuple racine d’où leur sève est tirée. Vous vous complûtes dans l’obscurité où la Reine des Saints passa elle-même sa vie mortelle. Mais en ce siècle où la gloire de Marie perce tous les nuages, il n’est point d’ombre qui puisse soustraire plus longtemps les serviteurs à l’éclat dont resplendit leur auguste Maîtresse.

Que vos bienfaits vous manifestent toujours plus ! Ne cessez point de réchauffer le cœur du monde vieilli au foyer où le vôtre puisa la vigueur d’amour qui le fit triompher du siècle et s’immoler pour Dieu. Cœur de Marie, dont le glaive de douleur a fait jaillir des flammes où les Séraphins alimenteront éternellement leurs feux, soyez pour nous modèle, refuge et réconfort, en attendant le moment fortuné qui terminera l’exil de cette terre des souffrances et des larmes.

L'année liturgique, dom Guéranger

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Saint Ludans
  12 février : Saint Ludans, Confesseur

Saint Ludans était fils d'un puissant seigneur écossais. A la mort de son père, il hérita de ses grands biens, qu'il employa en constructions pieuses ; puis il entreprit le pèlerinage de Rome à pied, en demandant l'aumône.

Les fatigues du voyage et ses austérités l'épuisèrent, et il mourut en chemin au pied d'un arbre, près de Strasbourg, l'an 1202. On trouva sur lui un écrit qui fit connaître son nom, sa patrie et le but de son voyage.

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Sainte Catherine de Ricci

Sainte Catherine de Ricci
  13 février : Sainte Catherine de Ricci, Vierge (1522-1590)

La vie de cette sainte est l'une des plus prodigieuses, par les ravissements, les extases, les grâces extraordinaires de tout genre qui la remplissent. Catherine naquit à Florence en 1522.

Dès l'âge de trois ans, on la voyait s'exercer à la prière, rechercher la solitude et le silence pour s'y livrer plus à l'aise, et sa prière était si recueillie, qu'elle y paraissait l'esprit absorbé en Dieu, et comme plongée dans la contemplation de Ses mystères.

La Passion de Jésus-Christ était déjà l'objet des vives ardeurs de son amour, et elle préludait par ses exercices enfantins à cette admirable dévotion envers Jésus crucifié, qui est le caractère le plus éclatant de sa vie.

Elle prit le voile à treize ans, chez les Dominicaines. C'est à l'âge de dix-neuf ans qu'elle reçut cette grâce inouïe de voir changer par Notre-Seigneur son cœur en celui de Marie.

Quelques mois après, elle eut une mémorable extase de la Passion, qui dura vingt-huit heures, et dans laquelle elle assista successivement au détail de toutes les scènes de la Passion du Sauveur, paraissant elle-même, par ses gestes, subir chacun des supplices dont elle était témoin. Ce spectacle devait se renouveler toutes les semaines pendant les douze dernières années de sa vie. On entendait, dans ces extases, la sainte pousser des exclamations de douleur et d'amour. Quelle impression pour les innombrables témoins de ces merveilles !

Le cachet de la vertu véritable, c'est l'humilité ; un seul fait montrera que Catherine était bien conduite par l'esprit de Dieu. Elle avait appris que ses sœurs s'étaient plu à écrire, pour en garder le souvenir, la relation de toutes les grâces et faveurs extraordinaires dont le Ciel l'avait comblée. Elle n'eut point de repos avant d'avoir mis la main sur tous ces écrits. Un jour, pendant que ses sœurs étaient à l'office, elle entra dans leurs cellules, s'empara de tous les manuscrits qu'elle put rencontrer, les mit dans un sac, et, le portant à la sœur boulangère, qui chauffait le four : "Tenez, lui dit-elle, brûlez vite tout ceci, car malheur à nous si on le trouvait dans la maison !"

Sa dernière prière fut le Pater noster. Le couvent retentit alors des chants harmonieux des anges. En différents lieux, de saints personnages eurent la vision d'une magnifique procession de saints et de saintes; au bout du cortège, Jésus conduisait en triomphe Sa glorieuse épouse.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Bénigne
  13 février : Saint Bénigne, Martyr († 170)

Saint Bénigne était prêtre et disciple de Saint Polycarpe, Évêque de Smyrne et disciple de Saint Jean l’Apôtre et Évangéliste. Il vint de l’Orient en Gaule pour y prêcher l’Évangile. Il évangélisa d’abord Autun, puis Langres et enfin Dijon, avec des fruits admirables.

Le préfet Aurélien, étant venu à Dijon, fit arrêter Saint Bénigne, afin de ruiner de si heureux commencements. Saint Bénigne fut torturé de mille manières, roué de coups de nerfs de bœuf et enfermé dans une prison pendant six jours avec des chiens affamés, qui ne lui firent aucun mal. Le tyran furieux le fit transpercer d’un coup de lance, et Saint Bénigne scella ainsi de son sang la vérité de sa prédication. Son martyre eut lieu vers l’an 170, Saint Soter étant Pape et Marc-Aurèle empereur romain.

D’après Saint Grégoire de Tours, on craignait que le grand sarcophage considéré comme le tombeau de Saint Bénigne renfermât seulement le corps d’un païen. Mais le Martyr apparut et raconta sa vie et son martyre à Saint Grégoire de Langres, qui, convaincu de l’authenticité des reliques, déposa le sarcophage dans une crypte et fit élever au-dessus une grande basilique.

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Saint Valentin

Saint Valentin
  14 février : Saint Valentin, Prêtre et Martyr († 268)

La vertu de Saint Valentin, prêtre, était si éclatante, qu'il fut arrêté par l'empereur Claude II. Après deux jours de prison, l'empereur le fit comparaître à son tribunal :

"Pourquoi, Valentin, voulez-vous ainsi être l'ami de nos ennemis et rejetez-vous notre amitié ?
- Seigneur, dit le prêtre chrétien, si vous saviez le don de Dieu, vous seriez heureux, et votre empire aussi ; vous rejetteriez le culte de vos idoles, et vous adoreriez le vrai Dieu et Son Fils Jésus-Christ."

Un des juges, prenant la parole, demanda au martyr ce qu'il pensait de Jupiter et de Mercure :

"Qu'ils ont été des misérables, répliqua Valentin, et qu'ils ont passé toute leur vie dans la débauche et le crime."

Le juge, furieux de cette réponse, s'écria :

"Il a blasphémé contre les dieux et contre l'empire !"

L'empereur continua ses questions avec curiosité, heureux de cette occasion de savoir ce que pensaient les chrétiens ; Valentin, de son côté, avait le courage d'exhorter le prince à faire pénitence pour le sang des chrétiens qu'il avait répandu :

"Croyez en Jésus-Christ, lui disait-il, faites-vous baptiser, vous serez sauvé, et dès cette vie vous assurerez la gloire de votre empire et le triomphe de vos armes."

Claude commençait à se laisser persuader, et dit à ceux qui l'entouraient :

"Écoutez la belle doctrine que cet homme nous apprend."

Mais le préfet, mécontent, s'écria :

"Voyez-vous comment ce chrétien séduit notre prince !"

Le faible Claude, craignant des troubles, abandonna le martyr, qui eut à subir un autre interrogatoire devant un nouveau juge :

"Comment, lui dit celui-ci, peux-tu dire que Jésus-Christ est la vraie lumière ?
- Il n'est pas seulement la vraie lumière, mais l'unique lumière, dit Valentin.
- S'il en est ainsi, rends la vue à ma petite fille adoptive, aveugle depuis deux ans ; je croirai en Jésus-Christ, et je ferai tout ce que tu voudras."

L'enfant fut amenée ; le prêtre, lui mettant la main sur les yeux, fit cette prière :

"O Jésus-Christ, qui êtes la vraie lumière, éclairez cette aveugle."

A ces paroles, l'aveugle voit ; le juge Astérius, avec toute sa famille, confesse Jésus-Christ et reçoit bientôt le baptême. L'empereur, averti de ces merveilles, aurait bien voulu fermer les yeux sur les conversions nouvelles ; mais la crainte lui fit trahir sa conscience et le sentiment de la justice ; Valentin et les autres chrétiens furent livrés aux supplices et allèrent recevoir au Ciel la récompense de leur courage, en l'année 268.

Il existe encore, à Rome, une catacombe de Saint-Valentin, témoin de la vénération dont fut, de tout temps, entouré cet illustre martyr.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Faustin et Saint Jovite
  15 février : Saint Faustin et Saint Jovite, Martyrs († 122)

Saint Faustin et Saint Jovite étaient frères et appartenaient à une famille distinguée de Lombardie. Dès leur jeunesse, ils furent remarquables par leur piété et par leur zèle, non moins que par leur amitié mutuelle : on ne vit jamais deux frères si unis de sentiments et d'inclinations.

Faustin était prêtre, et Jovite diacre, quand l'empereur Adrien raviva la persécution contre les chrétiens. Ils furent les premiers dénoncés, à cause de leur ardeur à prêcher Jésus-Christ, et conduits près de l'empereur, dans un temple du soleil, pour assister au sacrifice :

"Adorez le soleil, leur dit-il, si vous voulez continuer de vivre et d'être heureux.

- Nous n'adorerons que le Dieu vivant qui a créé le soleil pour éclairer le monde."

La statue que leur montrait l'empereur était fort brillante et environnée de rayons d'or. Jovite, la fixant, s'écria :

"Oui, nous adorons le Dieu qui règne dans le Ciel et le Créateur du soleil. Pour toi, vaine statue, deviens à l'instant même toute noire, pour la confusion de ceux qui t'adorent."

A sa parole, la statue perdit son éclat et devint noire, comme l'avait demandé le saint martyr. L'empereur commanda de la nettoyer ; mais à peine les prêtres païens y eurent-ils touchée, qu'elle tomba en cendres. Irrité, il ordonna alors de jeter les deux frères aux bêtes féroces.

A peine étaient-ils entrés dans l'amphithéâtre, que quatre lions, lâchés pour les dévorer, vinrent se coucher à leurs pieds, et qu'ensuite les ours et les léopards s'approchèrent d'eux avec la douceur des agneaux. Jetés dans un sombre cachot, ils y furent laissés sans nourriture. Les anges descendirent du Ciel, éclairèrent leurs ténèbres et leur rendirent la force et la joie pour de nouveaux combats.

On voulut faire brûler vifs les saints martyrs ; les flammes les respectèrent. L'empereur, effrayé de tous ces prodiges, employa contre eux tous les raffinements de la cruauté ; mais ils demeurèrent fermes dans leur foi, et leur courage, joint à leurs miracles, convertit un grand nombre d'infidèles.

On essaya de les faire périr en les jetant à la mer ; les flots les portèrent doucement au rivage. Condamnés à mourir par le glaive, Faustin et Jovite se mirent à genoux, et c'est dans l'attitude de la prière qu'ils eurent la tête tranchée.

La foi se ravive, à la lecture des Actes héroïques des martyrs.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Onésime
  16 février : Saint Onésime, Évêque d'Éphèse († 95)

Esclave d'un citoyen de Colosse nommé Philémon que Saint Paul avait converti, Onésime, après avoir mal servi son maître, le vola et s'enfuit. Lorsqu'il eut dissipé tout ce qu'il avait pris, il vint se cacher à Rome ; la bonté de Dieu l'y amenait pour le délivrer d'une servitude plus triste que celle dont il avait voulu s'affranchir par la fuite.

Il y rencontra Saint Paul, captif. L'Apôtre, qui considérait également les maîtres et les esclaves comme des frères rachetés en Jésus-Christ, lui montra la gravité de sa faute, l'instruisit, le convertit et le baptisa. Depuis ce temps-là, il le regarda toujours comme son fils, d'autant plus cher qu'il l'avait engendré à Dieu dans les chaînes. Voulant le réconcilier avec Philémon, il le lui renvoie avec une lettre où il demande le pardon et même la liberté du fugitif :

"Paul, prisonnier de Jésus-Christ, et Timothée, son frère, à Philémon, notre bien-aimé et coopérateur,... grâce à vous et paix de la part de Dieu notre Père et de Notre-Seigneur Jésus-Christ... La prière que je vous adresse est pour mon fils Onésime, que j'ai enfanté dans mes chaînes... Je vous le renvoie ; recevez-le comme si c'était moi-même... Et non plus comme un esclave, mais comme un esclave, devenu un frère... J'avais pensé d'abord à le garder auprès de moi ; mais je n'ai rien voulu faire sans votre consentement... S'il vous a fait tort ou qu'il vous soit redevable de quelque chose, mettez-le à mon compte. C'est moi, Paul, qui vous le rendrai... Oui, mon frère, procurez-moi cette joie dans le Seigneur... Que la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. Ainsi soit-il."

Philémon reçut Onésime avec charité et le renvoya à Rome pour assister Saint Paul dont il devint le compagnon fidèle. L'apôtre lui confia, ainsi qu'à Saint Tychique, sa lettre aux Colossiens ; il le nomma évêque d'Éphèse après la mort de Saint Timothée.

Onésime eut le bonheur de saluer à Smyrne, Saint Ignace d'Antioche qui se rendait à Rome pour y être exposé aux bêtes. Dans sa lettre aux Éphésiens, le martyr loue la charité de l'évêque d'Éphèse.

Le procureur d'Asie, voyant qu'Onésime, malgré la persécution, prêchait avec courage, le fit arrêter et l'envoya à Tertulle, gouverneur de Rome, ennemi personnel d'Onésime. Celui-ci le soumit à la torture et le fit lapider l'an 95.

Vie des Saints, Frères des Écoles Chrétiennes

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    17 février : Saint Théodule, Martyr à Césarée de Palestine († 309)

Martyr, il travaillait pour le compte du préfet de Césarée de Palestine quand il fut accusé d'aller visiter les confesseurs de la foi dans leurs prisons. Son maître, après de sévères reproches, le fit attacher à une croix.

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Saint Onésime
  18 février : Saint Siméon, Évêque et Martyr († 106)

Le Cycle nous amène aujourd’hui un vieillard de cent vingt ans, un Évêque, un Martyr. Siméon est l’Évêque de Jérusalem, le successeur de l’Apôtre Saint Jacques sur ce siège ; il a connu le Christ, il a été son disciple ; il est son parent selon la chair, de la même maison de David ; fils de Cléophas, et de cette Marie que les liens du sang unissaient de si près à la Mère de Dieu qu’on l’a appelée sa sœur. Que de titres de gloire dans cet auguste vieillard qui vient augmenter le nombre des Martyrs dont la protection encourage l’Église, dans cette partie de l’année où nous sommes ! Un tel athlète, contemporain de la vie mortelle du Christ, un pasteur qui a répété aux fidèles les leçons reçues par lui de la propre bouche du Sauveur, ne devait remonter vers son Maître que par la plus noble de toutes les voies. Comme Jésus, il a été attaché à une croix ; et à sa mort, arrivée en l’an 106, finit la première période de l’Histoire Chrétienne, ce que l’on appelle les Temps Apostoliques. Honorons ce majestueux Pontife en qui se réunissent tant de souvenirs, et prions-le d’étendre sur nous cette paternité dont les fidèles de Jérusalem se glorifièrent si longtemps. Du haut du trône éclatant où il est arrivé par la Croix, qu’il jette un regard sur nous, et qu’il nous obtienne les grâces de conversion dont nos âmes ont tant besoin.

Recevez l’humble hommage de la Chrétienté, sublime vieillard, qui surpassez en grandeur toutes les illustrations humaines. Votre sang est celui même du Christ ; votre doctrine, vous l’avez reçue de sa bouche ; votre charité pour les fidèles, vous l’avez allumée à son cœur ; votre mort n’est que le renouvellement de la sienne. Nous n’avons point l’honneur de pouvoir nous dire, comme vous, les frères du Seigneur ; mais rendez-nous, ô Siméon, attentifs à cette parole qu’il a dite lui-même : « Celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les deux, est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Nous n’avons point reçu immédiatement, comme vous, de la bouche de Jésus, la doctrine du salut ; mais nous ne la possédons pas moins pure, au moyen de cette tradition sainte dont vous êtes l’un des premiers anneaux ; obtenez que nous y soyons toujours dociles, et que nos infractions nous soient pardonnées. Une croix n’a pas été dressée pour que nous y soyons cloués par nos membres ; mais ce monde est semé d’épreuves auxquelles le Seigneur a donné lui-même le nom de Croix. Il nous faut les subir avec constance, si nous voulons avoir part avec Jésus dans sa gloire. Demandez, ô Siméon, que nous nous montrions plus fidèles, que notre cœur ne se révolte pas, que nous réparions les fautes que souvent nous avons commises, en voulant nous soustraire à l’ordre de Dieu.

L’Année Liturgique, dom Guéranger

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Saint Barbat
  19 février : Saint Barbat, Évêque de Bénévent († 682)

Saint Barbat naquit dans le pays de Bénévent, en Italie, au commencement du VIIème siècle. Ses parents, qui craignaient Dieu, mirent tout en œuvre pour lui procurer une éducation chrétienne, et ils eurent la consolation de voir que leurs soins n'étaient point inutiles. Dès ses premières années, le jeune Barbat montrait des dispositions qui présageaient l'éminente sainteté à laquelle il parvint dans la suite.

Dès qu'il eut atteint l'âge requis, il reçut les saints Ordres. Il s'était rendu digne de cet honneur par un grand amour pour l'Écriture Sainte, par la simplicité et l'innocence de ses mœurs et par le zèle extraordinaire avec lequel il avançait continuellement dans les voies de la perfection.

Le rare talent qu'il avait pour la prédication fit confier à son ministère une petite ville voisine de Bénévent. Le saint s'aperçut bientôt qu'il avait affaire à des paroissiens intraitables et ennemis de tout bien. Son zèle ne fit que les aigrir contre lui, et, malgré son humilité profonde et sa patience inaltérable, il fut forcé, par la calomnie de quitter son église. Du moins, il remporta de sa mission l'avantage d'avoir profité des épreuves que Dieu avait permises pour purifier son cœur, en le détachant de plus en plus du monde et de lui-même.

Barbat revint à Bénévent, où il fut reçu avec joie par tous ceux qui connaissaient la sainteté de sa vie. Il y travailla à l'extirpation des abus, non seulement par ses discours, mais encore par des prières ferventes et par des jeûnes rigoureux qu'il s'imposait. Le bien qu'il y opéra l'en fit nommer évêque. Il mourut plein de mérites, âgé de soixante-dix ans.

La vie de Saint Barbat nous montre que Dieu ne veut pas toujours attacher le succès à nos efforts. Les épreuves et les échecs du zèle servent à la sanctification des pasteurs des âmes, et sont souvent pour l'avenir un germe de sanctification qui produira des fruits en son temps. Dieu féconde l'Église par le sang, les sueurs et les mérites de Ses apôtres. Les sacrifices du zèle apostolique ne sont jamais perdus : tôt ou tard, Dieu en tire profit pour Sa gloire. Il veut nous apprendre à donner l'humilité pour base à notre apostolat et à compter sur la grâce plus que sur les efforts humains.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Conrad de Plaisance
  19 février : Saint Conrad de Plaisance, Solitaire (1290-1351)

Conrad naquit à Plaisance en 1290 de parents riches, qui le marièrent et lui laissèrent à leur mort des biens considérables. Quoiqu'il eût des principes religieux, il se laissa aller aux vanités du monde.

Un jour, à la chasse, ayant allumé un grand feu pour forcer quelque bête fauve à quitter son terrier, l'incendie se communiqua de proche en proche, et Conrad, après de vains efforts pour l'éteindre, s'enfuit, laissant la forêt à moitié consumée. Le dégât fut considérable. L'autorité se mit aussitôt à en rechercher l'auteur ; plusieurs personnes furent emprisonnées, entre autres un malheureux qu'on avait vu revenant de la forêt quelques heures avant l'incendie. Il nia d'abord avec fermeté. Mais les juges, trompés par les apparences, l'ayant fait appliquer à la question, il avoua, vaincu par la douleur, tout ce qu'on voulut, et il fut condamné à mort.

Conrad, déchiré par le remords, alla trouver les magistrats, leur avoua la vérité et offrit de payer le dommage occasionné par son imprudence. Sa proposition fut acceptée, mais pour la remplir il fut obligé de vendre une partie de ses biens. Cet événement lui inspira la résolution de ne s'occuper que de son salut, qu'il avait négligé jusqu'alors.

Après avoir fait partager à son épouse les nouveaux sentiments qui l'animaient, il mit ordre à toutes ses affaires, et ils partirent ensemble pour Rome. Conrad entra dans le Tiers-Ordre de Saint François, et sa femme se fit carmélite.

Après quelques temps de séjour à Rome, Conrad se rendit en Sicile, où il se dévoua au service des malades ; puis, entraîné par l'amour de la solitude, il gagna une haute montagne où il passa le reste de ses jours dans la pénitence et les austérités.

Il mourut en 1351, à l'âge de soixante et un ans. Plusieurs miracles qu'il opéra, après sa mort, lui ont mérité les honneurs que l'Église rend aux Saints.

L'Année chrétienne

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Saint Boniface
  19 février : [Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg] Saint Boniface, Évêque et Confesseur († 1261)

Boniface naquit à Bruxelles vers 1183. Il fit ses études supérieures à Paris où il fut ordonné prêtre. Pendant sept ans il y occupa la chaire de théologie et passa ensuite à Cologne où il continua à donner ses cours pendant deux ans. En 1231 le Pape Grégoire IX l'éleva au siège de Lausanne. Bientôt, il y connut des déboires, car nombreux furent ses ennemis qui ne pouvaient souffrir sa vie austère et son caractère énergique. A la suite d'un attentat contre sa personne il résigna ses fonctions après dix ans d'épiscopat. Il se retira dans son pays d'origine à l'abbaye cistercienne de la Cambre près de Bruxelles où il mourut le 19 février 1261.

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Saint Éleuthère

Saint Éleuthère
  20 février : Saint Éleuthère, Pape et Martyr († 189)

La journée est encore embellie par la mémoire d’un de ces premiers pontifes qui, comme Urbain, ont été les fondements de la Sainte Église à l’âge des tempêtes. Éleuthère monta sur le Siège Apostolique au milieu de la tourmente excitée par la persécution de Marc-Aurèle et de Commode. Il vit arriver à Rome la légation que lui envoyaient les martyrs de l’Église de Lyon, et qui avait à sa tête le grand Irénée. Cette illustre Église, couronnée à ce moment des palmes les plus glorieuses, venait les offrir à la nouvelle Rome en qui elle reconnaissait la « puissante principauté » qu’a célébrée le même Saint Irénée, dans ses livres Contre les Hérésies.

La paix ne tarda pas à être rendue à l’Église, et le reste du pontificat d’Éleuthère s’écoula dans le calme et la tranquillité. Au sein de cette paix, avec son nom qui exprime la Liberté, ce pontife est une image de notre divin ressuscité, dont le Psalmiste nous dit qu’il est « libre entre les morts ».

L’Église honore Saint Éleuthère comme martyr, avec les autres Papes qui ont siégé avant la paix de Constantin, et qui presque tous ont versé leur sang dans les persécutions des trois premiers siècles. Associés à toutes les souffrances de l’Église, gouvernant la chrétienté à travers mille périls, ne goûtant la paix que dans de rares et courts intervalles, cette suite de trente-trois pontifes a droit d’être considérée comme une série de martyrs.

Une gloire particulière pour Éleuthère est d’avoir été l’apôtre de la grande île britannique qui est devenue plus tard l’Angleterre. Les Romains avaient colonisé dans cette île, qui n’était plus comme auparavant séparée du reste du monde. La divine Providence choisit les années de paix du pontificat d’Éleuthère pour agréger à l’Église les prémices de la race bretonne. Plus tard, l’île évangélisée ainsi dès le second siècle par les soins de notre saint Pape deviendra l’Ile des saints, et dans deux jours ses gloires chrétiennes resplendiront une seconde fois sur le cycle.

Votre nom, ô Éleuthère, est le nom du chrétien ressuscité avec Jésus-Christ. La Pâque nous a tous délivrés, tous affranchis, rendus tous libres. Priez donc, afin que nous conservions toujours cette « glorieuse liberté des enfants de Dieu », que recommande l’Apôtre. Par elle nous sommes retirés des liens du péché qui nous livrait à la mort, de la servitude de Satan qui nous entraînait loin de notre fin, de la tyrannie du monde qui nous égarait par ses maximes charnelles La vie nouvelle que nous a donnée la Pâque est toute du ciel où le Christ nous attend dans sa gloire ; nous ne pourrions la perdre que pour être esclaves de nouveau saint Pontife, obtenez que la Pâque, à son retour en l’année qui suivra, nous retrouve dans cette heureuse liberté qui est le fruit de notre délivrance par le Christ.

Il est une autre liberté que vante le monde, et pour la conquête de laquelle il arme les hommes les uns contre les autres. Elle consiste à fuir, comme on fuirait un crime, toute sujétion et toute dépendance, à ne s’incliner devant aucune autorité qu’on ne l’ait créée soi-même, pour ne durer qu’autant qu’il nous plaira. Délivrez-nous, saint Pontife, de tout attrait pour cette prétendue liberté si contraire à la soumission chrétienne, et qui n’est que le triomphe de l’orgueil humain. Dans sa frénésie, elle verse des torrents de sang ; enivrée de ce qu’elle appelle fastueusement les droits de l’homme, elle substitue l’égoïsme au devoir. Pour elle la vérité n’est plus, car elle va jusqu’à reconnaître des droits à l’erreur ; pour elle le bien n’est plus, car elle a abdiqué tout droit d’enchaîner le mal : tant elle est devenue esclave du principe sauvage de l’indépendance. Elle détrône Dieu autant qu’il lui est possible, en refusant de le reconnaître dans les dépositaires de l’autorité sociale, et jette l’homme sans défense sous le joug de la force brutale, l’écrasant sous le poids de ce qu’elle appelle les majorités, et sous la pression monstrueuse des faits accomplis. Non, telle n’est pas, ô Éleuthère, la liberté à laquelle nous a conviés le Christ, notre libérateur. « Soyez comme des hommes libres, » nous dit Pierre votre prédécesseur, « et ne soyez pas de ceux qui, sous un voile trompeur, sont les sectateurs de la liberté du mal. »

Demeurez toujours, ô saint Pontife, le père de la société humaine dont vous fûtes le chef ici-bas. Durant votre règne pacifique, vous avez siégé près des Césars dans la ville aux sept collines. La pourpre et le diadème étaient portés par d’autres ; mais votre nom n’était pas ignoré dans le monde.

Tandis que le pouvoir matériel tenait la hache suspendue sur votre tête, d’innombrables fidèles se dirigeaient vers Rome pour vénérer la tombe de Pierre et rendre hommage à son successeur. Vous vîtes arriver un jour l’ambassade d’un roi barbare. Cette légation ne se dirigeait pas vers le palais des Césars ; elle s’arrêtait à la porte de votre humble demeure. Un peuple était appelé par la grâce divine à recevoir la bonne nouvelle, à entrer dans la famille chrétienne. Les destinées de ce peuple que vous avez évangélisé le premier devaient être grandes dans l’Église. L’île des Bretons est fille de l’Église Romaine ; et c’est en vain qu’elle voudrait effacer cette noble origine. Prenez ses maux en pitié, ô vous qui fûtes son premier apôtre ; aidez les efforts qui sont faits de toutes parts pour la rendre à l’unité. Souvenez-vous de la foi de Lucius et de son peuple, et montrez votre paternelle sollicitude en faveur d’un pays que vous avez enfanté à la foi.

L'année liturgique, dom Guéranger

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Saint Eucher
  20 février : Saint Eucher, Évêque d'Orléans (697-738)

Saint Eucher, illustre par sa famille, et plus encore par ses vertus, naquit près d'Orléans ; sa mère eut, avant sa naissance, révélation de son avenir : un Ange lui prédit qu'il serait évêque d'Orléans. L'étudiant, le moine, l'évêque, sont également admirables en ce personnage prédestiné.

A mesure qu'il avançait dans la connaissance de la parole de Dieu, son âme débordait du feu de la charité. La science, loin d'enfler son cœur, n'était pour lui qu'un moyen de s'unir à Dieu davantage et d'avancer de plus en plus dans le chemin de la vertu. Tous ses succès, il les rapportait à la bonté céleste. Jésus-Christ étant la règle de son intelligence et de sa volonté, les efforts de l'ennemi du salut pour perdre cette belle âme par la fausse gloire n'aboutirent qu'à fortifier son espérance en Dieu et à lui faire redoubler d'ardeur pour la prière et la mortification.

Il fut reçu à bras ouverts dans le couvent de Jumièges, où il se présenta à l'âge de vingt-sept ans. Dès lors, son ardeur pour la perfection ne connut plus de bornes, et il devint le modèle de ses frères par sa ferveur aux offices divins et par son zèle dans la pratique de tous les devoirs religieux.

Rempli de grâces extraordinaires dans la sainte Communion, il aimait à rester au pied du Tabernacle et ne pouvait se résoudre à interrompre ses douces communications avec Jésus-Hostie ; l'obéissance seule pouvait l'éloigner du pied des autels.

Sa dévotion spéciale à Marie fut pour lui la source d'une angélique pureté ; il demandait sans cesse à cette Mère céleste de lui conserver cette vertu sublime qui nous rapproche de Dieu.

Le mérite d'Eucher ne pouvait demeurer le secret du cloître ; les honneurs vinrent chercher celui qui les avait fuis, et il dut accepter le siège épiscopal d'Orléans.

Rarement évêque montra plus de vigueur à combattre le mal et à défendre les droits de Dieu. A Charles Martel, roi de France, qui s'emparait des biens des églises :

"Comment, écrivait-il, osez-vous opprimer l'Église, que Dieu vous a chargé de défendre ? Sachez que Jésus-Christ vous demandera compte des maux que vous aurez fait souffrir à Ses membres ; en touchant aux biens des églises, vous vous attaquez à Dieu Lui-même !"

Il mourut en se recommandant à la Très Sainte Trinité et en disant : "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains."

Dieu a honoré son tombeau par de nombreux miracles. Parmi d'autres merveilles, on rapporte que des cierges allumés près de son corps vénéré, brûlèrent longtemps sans se consumer.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Sévérien
  21 février : Saint Sévérien, Évêque et Martyr (Vème siècle)

Saint Sévérien, évêque de Scythopolis au Vème siècle, se distingua par son courage contre les hérétiques nommés eutychiens. Son zèle n'eut d'autre effet que de lui procurer la couronne du martyre. Les soldats partisans de l'hérésie, s'étant saisis de lui, le traînèrent hors de la ville et le massacrèrent sans pitié, l'an 432 ou 453.

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Saint Germain et Saint Randoald
  21 février : [Diocèse de Bâle] Saint Germain et Saint Randoald, Martyrs

Né à Trèves, vers 610, d'une famille noble, Saint Germain fut confié par son père à l'évêque Modoald qui l'éleva dans la crainte du Seigneur. Germain, à l'âge de dix-sept ans ne tarda pas à solliciter de Saint Arnoul l'habit religieux. Il passa par le monastère de Remiremont pour se fixer ensuite à Luxeuil. Saint Walbert, abbé de Luxeuil, à cause des grandes vertus de Saint Germain, l'envoya diriger le monastère de Moutier-Grandval qu'il venait de fonder. C'est là qu'il se montra l'héroïque défenseur des habitants de la vallée de la Birse, qui furent maltraités et spoliés par les Alamans. Ceux-ci, ne souffrant pas une telle franchise, le tuèrent en même temps que son prévôt Randoald, le 21 février 670.

Voir également : cette page dédiée.

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Chaire de Saint Pierre à Antioche

Chaire de Saint Pierre à Antioche
  22 février : Chaire de Saint Pierre à Antioche

La voix de la tradition tout entière, dit dom Guéranger, nous apprend que Saint Pierre transporta sa résidence à Antioche, troisième ville de l'Empire, lorsque Saint Barnabé, aidé de quelques autres disciples, y eut fait prendre à la foi du Christ de sérieux accroissements. Ce changement de lieu, le déplacement de la Chaire de primauté, montrait l'Église avançant dans ses destinées, et quittant l'étroite enceinte de Sion, pour se diriger vers l'humanité tout entière.

Nous apprenons du Pape Saint Innocent I qu'une réunion des Apôtres eut lieu à Antioche. C'était désormais vers la Gentilité que le vent de l'Esprit-Saint poussait ces nuées rapides et fécondes sous l'emblème desquelles Isaïe nous montre les saints Apôtres. Saint Innocent enseigne encore que l'on doit rapporter au temps de la réunion de Saint Pierre et des Apôtres à Antioche ce que dit Saint Luc dans les Actes, qu'à la suite de ces nombreuses conversions, les disciples du Christ furent désormais appelés chrétiens.

Antioche est donc devenue le siège de Pierre. Capitale de l'Orient, elle devint naturellement la capitale du Christianisme, en attendant que Rome, capitale du monde entier, fût éclairée des lumières de l'Évangile. Après sept années de séjour à Antioche, Pierre se mettra en marche, portant avec lui les destinées de l'Église ; là où il s'arrêtera, là où il mourra, il laissera sa succession. Au moment marqué, il se séparera d'Antioche, où il établira pour évêque Évodius son disciple. Évodius sera le successeur de Pierre en tant qu'évêque d'Antioche ; mais son Église n'héritera pas de la primauté que Pierre emporte avec lui.

Le prince des Apôtres envoie Marc, son disciple, prendre possession d'Alexandrie en son nom ; et cette Église sera la seconde de l'univers, élevée d'un degré au-dessus d'Antioche, par la volonté de Pierre, qui cependant n'y aura pas siégé en personne. C'est à Rome qu'il se rendra et qu'il fixera enfin cette Chaire sur laquelle il vivra, il enseignera, il régira dans ses successeurs.

Telle est l'origine des trois grands sièges patriarcaux si vénérés dans l'antiquité : le premier, Rome, investi de la plénitude des droits du prince des Apôtres, qui les lui a transmis en mourant ; le deuxième, Alexandrie, qui doit sa prééminence à la distinction que Pierre en a daigné faire en l'adoptant pour le second ; le troisième, Antioche, sur lequel il s'est assis en personne, lorsque, renonçant à Jérusalem, il apportait à la Gentilité les grâces de l'adoption. Si donc Antioche le cède pour le rang à Alexandrie, cette dernière lui est inférieure, quant à l'honneur d'avoir possédé la personne de celui que le Christ avait investi de la charge de pasteur suprême. Il était donc juste que l'Église honorât Antioche pour la gloire qu'elle a eue d'être momentanément le centre de la chrétienté, et telle est l'intention de la fête que nous célébrons aujourd'hui.

Dans l'église de Saint-Pierre à Venise, on garde une chaire qu'une tradition dit avoir servi au prince des Apôtres pendant son pontificat à Antioche. L'empereur Michel Paléologue l'ayant donnée au doge, elle fut reçue avec de grands honneurs à Venise, où elle continue à être vénérée.

Vie des Saints, Frères des Écoles Chrétiennes

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Saint Pierre Damien
  23 février : Saint Pierre Damien, Cardinal, Évêque d'Ostie (988-1072)

Saint Pierre Damien, né à Ravenne, d'une famille honnête, mais pauvre et nombreuse, fut, étant encore à la mamelle, abandonné par sa mère découragée ; mais une femme charitable le recueillit à demi mort de faim, et lui donna tous les soins d'une vraie mère. Rendu à ses parents devenus plus humains, il resta orphelin très jeune encore et fut le souffre-douleur d'un de ses frères, qui le traitait comme un esclave et l'envoyait garder les pourceaux. Dans ce misérable état, le pauvre enfant montrait des dispositions intellectuelles et morales vraiment remarquables.

Un jour il trouva par hasard une pièce d'argent ; un enfant s'en serait servi pour satisfaire sa gourmandise, mais le jeune Pierre sut résister à cette tentation et eut l'attention délicate de porter cet argent à un prêtre, afin de faire dire des Messes pour son père défunt.

Un autre frère de l'enfant, archiprêtre de Ravenne, prit pitié de sa misère et s'occupa de son éducation ; ce frère s'appelait Damien, et on croit que Pierre ajouta plus tard ce nom au sien par reconnaissance. Dès lors tout changea pour notre saint ; après avoir émerveillé ses maîtres et ses disciples par ses talents et ses vertus, il chercha dans le cloître un refuge contre les périls du monde.

Pendant le reste de sa longue vie de quatre-vingt-trois ans, il fut l'ami, le conseiller, la lumière de tous les Papes de son temps. Ses vertus dépassaient encore sa science profonde ; il brilla surtout par la mortification et l'humilité.

Dans sa jeunesse, tourmenté de tentations impures, il se plongea, la nuit, dans un étang demi-glacé, jusqu'à ce qu'il eût éteint le feu de la concupiscence. Cilice, jeûnes effrayants, lit de planches nues, discipline, cercles de fer, aucune pénitence ne lui fut étrangère.

Étant moine, quand, au chapitre, il avait dû reprendre ses religieux de leurs fautes, il descendait de son siège, se prosternait à terre devant tous, s'accusait de toutes ses imperfections, se donnait la discipline publique, et, reprenant sa place, continuait ses avis.

On l'invoque contre les maux de tête, probablement en sa qualité d'homme d'étude.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Mathias
  24 février : Saint Mathias, Apôtre

Un apôtre de Jésus-Christ, Saint Mathias, vient compléter par sa présence le chœur des Bienheureux que l’Église nous invite à honorer en cette saison liturgique. Mathias s’attacha de bonne heure à la suite du Sauveur, et fut témoin de toutes ses œuvres jusqu’à l’Ascension. Il était du nombre des Disciples ; mais le Christ ne l’avait point établi au rang de ses Apôtres. Cependant il était appelé à cette gloire ; car c’était lui que David avait en vue, lorsqu’il prophétisa qu’un autre recevrait l’Épiscopat laissé vacant par la prévarication du traître Judas. Dans l’intervalle qui s’écoula entre l’Ascension de Jésus et la descente de l’Esprit-Saint, le Collège Apostolique dut songer à se compléter, afin que le nombre duodénaire fixé par le Christ se trouvât rempli, au jour où l’Église enivrée de l’Esprit-Saint se déclarerait en face de la Synagogue. Le nouvel Apôtre eut part à toutes les tribulations de ses frères dans Jérusalem ; et, quand le moment de la dispersion des envoyés du Christ fut arrivé, il se dirigea vers les provinces qui lui avaient été données à évangéliser. D’anciennes traditions portent que la Cappadoce et les côtes de la mer Caspienne lui échurent en partage.

Les actions de Saint Mathias, ses travaux et ses épreuves sont demeurés inconnus : et c’est pour cette raison que la Liturgie ne donne point, comme pour les autres Apôtres, l’abrégé historique de sa vie dans les Offices divins. Quelques traits de la doctrine du saint Apôtre ont été conservés dans les écrits de Clément d’Alexandrie ; on y trouve une sentence que nous nous ferons un devoir de citer ici, parce qu’elle est en rapport avec les sentiments que l’Église veut nous inspirer en ce saint temps. « Il faut, disait Saint Mathias, combattre la chair et se servir d’elle sans la flatter par de coupables satisfactions ; quant à l’âme, nous devons la développer par la foi et par l’intelligence. » En effet, l’équilibre ayant été rompu dans l’homme par le péché, et l’homme extérieur ayant toutes ses tendances en bas, nous ne pouvons rétablir en nous l’image de Dieu qu’en contraignant le corps à subir violemment le joug de l’esprit. Blessé à sa manière par la faute originelle, l’esprit lui-même est entraîné par une pente malheureuse vers les ténèbres. La foi seule l’en fait sortir en l’humiliant, et l’intelligence est la récompense de la foi. C’est en résumé toute la doctrine que l’Église s’attache à nous faire comprendre et pratiquer dans ces jours. Glorifions le saint Apôtre qui vient nous éclairer et nous fortifier. Les mêmes traditions qui nous fournissent quelque lumière sur la carrière apostolique de Saint Mathias, nous apprennent que ses travaux furent couronnés de la palme du martyre. Célébrons aujourd’hui son triomphe en empruntant quelques-unes des strophes par lesquelles l’Église grecque, dans les Menées, célèbre son Apostolat.

Bienheureux Mathias, Éden spirituel, tu as coulé de la fontaine divine, comme un fleuve inondant ; tu as arrosé la terre de tes mystiques ruisseaux, et tu l’as rendue féconde : prie donc le Seigneur d’accorder la paix à nos âmes et sa grande miséricorde.
Apôtre Mathias, tu as complété le divin collège après la chute de Judas ; la splendeur céleste de tes sages discours a dissipé les ténèbres de l’idolâtrie, par la vertu de l’Esprit-Saint ; prie maintenant le Seigneur d’accorder la paix à nos âmes et sa grande miséricorde.
Celui qui est la vraie Vigne t’a soigné comme une branche féconde destinée à porter la grappe qui verse le vin du salut. Ceux que retenaient les liens de l’ignorance ont bu de ce vin, et ont rejeté l’ivresse de l’erreur.
Devenu le char du Verbe de Dieu, ô glorieux Mathias, tu as brisé à jamais les roues de l’erreur, les chars de l’iniquité ; par une vertu divine, tu as détruit de fond en comble les idolâtres, les colonnes et les temples ; mais tu as élevé à la Trinité des temples qui font entendre ce cri : Peuples, célébrez le Christ à jamais !
Vénérable Mathias ! Tu as paru comme un ciel spirituel qui raconte la gloire ineffable du Fils de Dieu. Célébrons avec joie d’une voix unanime cet Apôtre, éclair de l’Esprit-Saint, pêcheur des âmes égarées, reflet de la divine clarté, docteur des mystères.
Bienheureux Apôtre, le Sauveur t’a appelé son ami, parce que tu as obéi à ses préceptes ; tu es l’héritier de son royaume ; tu seras assis avec lui sur un trône au jour terrible du jugement futur, ô très sage Mathias, toi qui complètes le collège duodénaire des Apôtres.
Muni de la Croix comme d’une voile, ô bienheureux, tu as traversé la mer agitée de la vie, et tu es arrivé au port tranquille ; maintenant, joyeux et mêlé au chœur des Apôtres, daigne te présenter au Juge sublime, et implorer pour nous du Seigneur la miséricorde.
Ta langue a paru comme une lampe éclatante de reflets d’or, où brûle la flamme du Saint-Esprit ; elle a consumé les dogmes étrangers, et elle a éteint le feu profane, ô sage Mathias, toi qui as lancé ta lumière sur ceux qui étaient assis dans les ténèbres de l’ignorance.

L'année liturgique, dom Guéranger

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    25 février : Saint Césaire de Nazianze, Docteur de l'Église († 369)

Frère de Saint Grégoire de Naziance et fils de l’évêque Grégoire de Nazianze l’Ancien, il se fit une brillante réputation de médecin à Constantinople et défendit ardemment sa foi contre Julien l’Apostat. Après la mort de ce dernier, il fut intendant de Bithynie ; il vécut ensuite en reclus pour ne plus songer qu’à son salut.

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Saint Porphyre
  26 février : Saint Porphyre, Évêque de Gaza (353-420)

Saint Porphyre, né à Thessalonique, de parents riches et vertueux, fut élevé dans la piété, dans la crainte de Dieu ainsi que dans les sciences divines et humaines.

Après cinq ans de vie austère dans un couvent, ayant reçu de ses supérieurs l'ordre de partir, à cause de sa santé délabrée, il se rendit en Terre Sainte, et parvint mourant à Jérusalem. Là, dans une vision, près du tombeau du Sauveur, il fut miraculeusement guéri.

Admirons la conduite mystérieuse de la Providence ! C'est Dieu Lui-même qui dirigeait Son serviteur vers la Palestine, où la réputation de ses vertus et de son mérite le fit bientôt élever au siège épiscopal de Gaza.

Terrible au paganisme, dont il détruisit les idoles, il eut à subir de cruelles persécutions ; mais son zèle et sa charité réussirent peu à peu à convertir un grand nombre d'infidèles.

Parmi les nombreux prodiges au moyen desquels il triompha de l'endurcissement des ennemis de Jésus-Christ, son histoire raconte le suivant :

Une sécheresse extraordinaire désolait la contrée. Les prêtres des idoles offraient sans succès sacrifices sur sacrifices à leurs dieux ; le fléau devenait intolérable, et la famine avait déjà fait des victimes. Porphyre ordonna des prières spéciales. Un jour de jeûne fut fixé, et on se réunit un soir dans la plus grande église de la ville, où l'assemblée chrétienne chanta durant toute la nuit, dans l'attitude de la pénitence, des invocations à Dieu et aux saints.

Le lendemain, une procession fut faite hors de la ville, aux tombeaux des martyrs ; mais quand elle revint, les païens avaient fermé toutes les portes de la cité. Les chrétiens, tombant à genoux redoublent d'instances près de Dieu. Tout à coup le ciel jusque-là serein se couvre de nuages, et une pluie torrentielle tombe pendant deux jours sur la contrée. A cette vue, les païens ouvrent les portes et s'écrient : "Le Christ a vaincu !" Ce prodige détermina la conversion de plus de deux cents idolâtres.

Tous les nombreux miracles de Porphyre avaient pour but la conversion des âmes. Un jour qu'il traversait la mer sur un navire, une tempête affreuse éclate, le naufrage est inévitable. Mais Porphyre, éclairé de Dieu, déclare au pilote que la tempête cessera dès qu'il aura abjuré l'hérésie d'Arius. Le pilote, étonné de voir un homme qui lisait dans les cœurs, abjura aussitôt l'erreur, et les flots devinrent calmes. Porphyre, en mourant, laissa Gaza entièrement chrétienne.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Léandre
  27 février : Saint Léandre, Évêque de Séville († 596)

Saint Léandre, d'une famille princière, naquit en Espagne. Il embrassa de bonne heure la vie monastique et y puisa l'esprit de dévouement et de discipline qui devait lui valoir l'honneur d'exercer une influence prépondérante sur l'avenir de son pays.

Séville fut le théâtre de son zèle et de ses vertus. Moine d'abord, puis archevêque de cette cité, il créa, à l'ombre de sa métropole, une école destinée à propager, en même temps que la foi catholique, l'étude de toutes les sciences et de tous les arts. Il présidait lui-même aux exercices des maîtres savants et des nombreux élèves qu'il avait su attirer.

Parmi ses disciples, le plus célèbre fut son jeune frère, Saint Isidore, qui devint son successeur, et surpassa sa gloire. Mais une autre illustration de l'école de Léandre fut Saint Herménégilde, un des fils du roi arien Leuvigilde ; c'est lui qui avait gravé au cœur de l'illustre jeune homme cette foi invincible qui fit de lui la victime de son propre père.

Une des gloires de Saint Léandre est d'avoir été un ami du grand Pape Saint Grégoire le Grand. On aime à trouver ces tendres et fortes amitiés, dont la vie des saints fournit tant d'exemples ; elles seules sont vraies et solides, parce qu'elles reposent sur la seule base ferme et inébranlable, l'amour de Dieu. Rien de plus attendrissant que la correspondance intime de ces deux grands personnages :

"Absent par le corps, écrivait le Pape à son fidèle ami, vous êtes toujours présent à mes regards, car je porte gravés au fond de mon âme les traits de votre visage... Ma lettre est bien courte, mais elle vous montrera combien je suis écrasé par le poids de ma charge, puisque j'écris si peu à celui que j'aime le plus au monde." Quel éloge de notre saint sous la plume d'un si grand Pape !

Léandre, éprouvé par la persécution, eut enfin le bonheur de voir le triomphe de son Église. Le roi Leuvigilde se convertit avant de mourir, et mit son fils Récarède sous la conduite du saint archevêque, qu'il avait exilé. Récarède eut la gloire de ramener tout son peuple à l'Église romaine ; cette gloire, il faut le dire, rejaillit en grande partie sur Léandre, qui s'empressa d'annoncer la nouvelle au Pape Saint Grégoire.

On ne connaîtrait qu'à demi ce docteur et cet apôtre de l'Espagne, si l'on ignorait que sa vie fut toujours mortifiée et recueillie comme celle d'un moine, sans faste comme celle d'un pauvre de Jésus-Christ, laborieuse comme celle d'un soldat de la foi.

*Les années bissextiles, on fête ce saint le 28 février

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Gabriel de l'Addolorata
  28 février : Saint Gabriel de l'Addolorata, Passioniste († 1862)

Saint Gabriel de l'Addolorata est né le 1er mars 1838 à Assise dans une famille de 13 enfants. Dès son enfance, le jeune saint professait une dévotion ardente envers la Sainte Vierge, dévotion qui lui avait été inspirée par les soins attentifs de sa mère qui est morte lorsqu'il avait 4 ans.
Pendant le temps de sa scolarité, cette dévotion s'intensifia sous l'influence de ses maîtres religieux, les Frères des Écoles Chrétiennes et les Pères Jésuites. Aussi la divine Mère avait-Elle pour lui des attentions toutes particulières. Et on ne s'étonnera pas qu'Elle soit intervenue Elle-même dans l'appel du jeune homme à la vie religieuse. En 1856, François Possenti se trouvait au milieu d’une procession à la Vierge Marie et, dès qu'il eut porté les yeux sur l'image de la Vierge, il se sentit profondément ému. Il avait aperçu la Sainte Vierge le regarder avec une maternelle tendresse. Il L'avait entendue lui dire : « François, le monde n'est plus pour toi ; il te faut entrer en religion. »

Il entra donc à 18 ans chez les Passionnistes. Par amour pour la Sainte Vierge, il voulut s'appeler Frère Gabriel de Notre-Dame des Sept-Douleurs. Il y vécut saintement, puis y mourut en prédestiné le 27 février 1862 à Isola del Gran Sasso, âgé de 24 ans, après six ans seulement de vie religieuse.

La tendresse que Saint Gabriel avait pour la Sainte Vierge atteignait à une véhémence qu'on ne saurait exprimer. Son cœur était comme un brasier brûlant d'amour pour sa tendre Mère. Et si vive que fût sa dévotion mariale pendant qu'il vivait encore dans le monde, elle n'était, pourtant, que l'ombre, pour ainsi dire, de celle qu'il manifesta une fois devenu religieux. Dès son noviciat, il s'appliqua constamment à une union intime avec sa Mère du Ciel dans ses pensées, ses affections, ses paroles, ses actions. Il en était venu à ne plus perdre le souvenir de Marie, souvenir qui ne le quittait pas même pendant le sommeil, car ses rêves les plus fréquents avaient la Mère de Dieu pour objet. La Sainte Vierge était le sujet le plus ordinaire de ses conversations. En esprit de pénitence et comme moyen d'écarter de lui tout ce qui aurait pu le détourner du souvenir constant de la Divine Vierge, Frère Gabriel pratiquait strictement la modestie des yeux. Après cinq ans de cette pratique, il en était arrivé à ne plus avoir de distractions pendant ses prières. Le jeune saint s'était imposé un grand nombre de pratiques pieuses en l'honneur de Marie. L'une de ses plus chères dévotions était sa coutume d'offrir chaque jour à la bonne Mère un bouquet de petites mortifications, qu'il multipliait de façon étonnante. Il était également plein d'ardeur pour faire partager à tous sa dévotion envers Marie. Il voulait s'engager par vœu particulier à étendre le règne de Marie. À la grande joie de son cœur, ses Supérieurs lui permirent de faire ce vœu apostolique. Son agonie ne fut qu'une douce extase. Quelques instants avant de rendre le dernier soupir, il demanda l'image de Notre-Dame des Sept-Douleurs. L'ayant reçue, il la couvrit d'abord de baisers, puis la plaça sur son cœur, où il la pressa fortement de ses deux mains jointes. Soudain, un céleste sourire épanouit son visage, et c'est dans cette attitude qu'il rendit son âme.

Le Pape Benoît XV le canonisa en 1920. Son sanctuaire à Isola del Gran Sasso est visité chaque année par deux millions de pèlerins. Pie XI étendit sa fête en 1932 à toute l'Église universelle.

*Les années bissextiles, on fête ce saint le 29 février

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Saint Léandre
  28 février : Saint Romain († 460) et Saint Lupicin († 480), Abbés de Condat

Saint Romain et Saint Lupicin naquirent d'une honnête famille, vers la fin du IVème siècle, dans le diocèse actuel de Belley ; ce dont donc deux saints français.

La jeunesse de Romain demeura pure de toute corruption du siècle. Après s'être mis quelques temps sous la conduite d'un saint abbé, qui lui fit étudier sérieusement la vie cénobitique, il se retira, âgé de trente-cinq ans, à Condat, dans les forêts du Jura, où il mena la vie des anciens anachorètes, au milieu des bêtes féroces, et oublié du monde, qu'il avait oublié le premier. Mais ce n'était là, dans les desseins de Dieu, qu'une préparation: la vocation de Romain, c'était de fonder des monastères où l'on verrait fleurir toutes les merveilles de sainteté accomplies depuis plus de deux siècles dans les déserts d'Orient. Le premier de ses disciples fut son frère Lupicin.

Dieu avait donné aux deux frères des caractères fort différents ; autant Romain était doux et indulgent, autant Lupicin était ferme et rigide, et on eût pu l'accuser d'excès, s'il n'avait encore été plus dur pour lui que pour les autres. Chez les deux saints, ces divergences étaient toujours, chose étonnante, accompagnées d'une parfaite union. Si Lupicin avait paru dépasser la mesure, Romain était là pour tout concilier ; s'il était besoin d'un coup d'énergie, Romain avait recours à Lupicin, dont le bras de fer brisait tout obstacle.

Une année que les récoltes avaient été très abondantes, les religieux se relâchèrent de leur abstinence et ne se rendirent point aux douces observations de Romain. Le saint abbé confia l'affaire à son frère, qui ne fit servir à la communauté, pendant un certain temps, que de la bouillie d'orge sans apprêt. Douze moines quittèrent le monastère, les autres retrouvèrent leur ferveur. Romain pleura ses douze religieux et se plaignit à son frère ; il versa tant de larmes et fit tant de prières, que les douze fugitifs revinrent et menèrent une vie austère et pleine d'édification.

Un des plus anciens religieux lui reprocha un jour de recevoir trop facilement tous les sujets qui se présentaient, au risque de n'avoir plus de place pour accueillir les sujets d'élite : "Mon frère, lui dit le saint, Dieu seul discerne le fond des cœurs, confions-nous en Lui. Accueillons toutes ces brebis que nous envoie le divin Pasteur, et, par notre zèle, conduisons-les avec nous aux portes du Paradis."

*Les années bissextiles, on fête ces saints le 29 février

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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