Ligue Saint Amédée     Mieux vaut une petite œuvre dans la Vérité, qu'une grande dans l'erreur.

 


1er septembre : Saint Gilles
2 septembre : Saint Étienne
3 septembre : Saint Pie X
3 septembre : Bienheureux Apollinaire de Posat
4 septembre : Sainte Rosalie de Palerme
5 septembre : Saint Laurent Justinien
6 septembre : Saint Donatien et ses compagnons
7 septembre : Saint Cloud
8 septembre : Nativité de la Très Sainte Vierge
9 septembre : Saint Pierre Claver
10 septembre : Saint Nicolas de Tolentino
11 septembre : Saint Jean-Gabriel Perboyre
12 septembre : le Saint Nom de Marie
13 septembre : Saint Maurille
14 septembre : Exaltation de la Sainte Croix
15 septembre : Notre-Dame des Sept-Douleurs
16 septembre : Saint Cyprien
17 septembre : Saint Lambert
17 septembre : Les Stigmates de Saint François d'Assise
18 septembre : Saint Joseph de Cupertino
19 septembre : Saint Janvier
20 septembre : Saint Eustache et ses compagnons
21 septembre : Saint Matthieu
22 septembre : Saint Maurice et ses compagnons
23 septembre : Saint Lin
23 septembre : Sainte Thècle
24 septembre : Notre-Dame de la Merci
25 septembre : Saint Nicolas de Flue
26 septembre : Saint Cyprien et Sainte Justine
27 septembre : Saint Côme et Saint Damien
28 septembre : Saint Wenceslas
29 septembre : Dédicace de Saint Michel Archange
30 septembre : Saint Jérôme


Saint Gilles
  1er septembre : Saint Gilles, Abbé (640-720)

Saint Gilles était d'Athènes. Son éducation fut brillante, comme elle devait être pour un jeune homme de race royale. On lui a attribué de remarquables ouvrages de médecine et de poésie ; mais sa science était surtout celle des saints.

Un jour qu'il se rendait à l'église, il rencontre un pauvre mendiant malade et presque nu, qui lui demande l'aumône. Ému de compassion, Gilles se dépouille de sa riche tunique et la lui donne : à peine le malheureux en est-il revêtu, qu'il se trouve en parfaite santé. Le jeune homme comprit, à ce miracle, combien l'aumône est agréable à Dieu. Peu de temps après, à la mort de ses parents, il distribua tous ses biens aux pauvres et se voua lui-même à la pauvreté, à la souffrance et à l'humilité. Mais Jésus-Christ ne Se laissa pas vaincre en générosité, et les miracles se multiplièrent tellement sous les pas du saint jeune homme, qu'il en fut effrayé lui-même et se résolut à quitter son pays et à faire voile pour l'Occident. Pendant la traversée, il calma par ses prières une effroyable tempête et débarqua bientôt à Marseille, où il guérit la fille de son hôtesse.

Mais il lui fallait la solitude ; il la trouva dans une grotte sauvage, où, dégagé de toute préoccupation terrestre, il ne vécut que pour Dieu. Ses jours, ses nuits presque entières s'écoulaient dans une prière continuelle, dans l'adoration et la contemplation. Il jeûnait tous les jours ; le lait d'une biche de la forêt, que Dieu lui envoyait, suffisait à son entretien.

Depuis trois ans, Gilles habitait ce lieu solitaire, quand un jour Wamba, roi des Visigoths d'Espagne, vint chasser jusque dans les forêts voisines avec une suite nombreuse. La biche qui nourrissait le saint ermite, poursuivie par les chiens allait succomber ; enfin, exténuée de fatigue, elle vint se jeter aux pieds de son maître. Gilles, ému jusqu'aux larmes, pria le Seigneur de protéger la vie de l'innocent animal. Une flèche, lancée par un chasseur, vint frapper la main de l'homme de Dieu et lui fit une blessure qui ne devait jamais guérir. La biche était sauvée, car le roi, plein d'admiration pour cet homme qui lui apparaissait avec l'auréole de la sainteté sur le front, donna ordre de cesser la poursuite. Il fit même, à la demande de Gilles, bâtir là un monastère. Après avoir dirigé quelques temps ce monastère, Gilles chercha de nouveau la solitude, et revint enfin terminer ses jours parmi ses chers religieux.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Étienne de Hongrie

Saint Étienne de Hongrie
  2 septembre : Saint Étienne, Roi de Hongrie (977-1038)

Les Hongrois étaient les descendants de ces fiers et terribles envahisseurs connus sous le nom de Huns. Saint Étienne eut le bonheur d'être l'apôtre en même temps que le roi des Hongrois, et de les civiliser.

Avant sa naissance, sa mère eut une vision de Saint Étienne, martyr, lui prédisant que son enfant achèverait l’œuvre de la conversion de la Hongrie, commencée par ses parents. Aussi le prédestiné reçut-il au baptême le nom d'Étienne. Ses premières inclinations le portèrent à Dieu ; sa première parole fut le nom de Jésus ; ses études furent aussi remarquables par ses succès que par sa piété.

Il avait vingt ans quand il succéda à son père. Pour donner tous ses soins à la christianisation de son royaume, il commença par établir une paix solide avec tous ses voisins. Ce ne fut pas sans peine que le pieux roi put mener à bonne fin son entreprise ; son peuple était tout barbare et endurci dans les superstitions du paganisme ; il lui fallut soutenir une guerre contre ses propres sujets ; mais le jeûne, l'aumône et la prière lui assurèrent la victoire. Étienne fit alors venir des apôtres pour évangéliser cette nation ignorante et grossière ; il publia des lois très sévères contre le meurtre, le vol, l'adultère, le blasphème et d'autres crimes ; il pourvut à la protection des veuves et des orphelins et à la subsistance des pauvres ; il fonda et enrichit les églises : aussi vit-on bientôt ce pays offrir une magnifique végétation chrétienne.

Dans toutes ses œuvres, le saint roi était secondé par sa pieuse épouse, Gisèle, sœur de l'empereur Saint Henri. L'humilité accompagnait tous les bienfaits du prince ; souvent il choisissait la nuit pour accomplir ses œuvres de charité ; il lavait en secret les pieds des pèlerins, et cachait discrètement ses aumônes. Un jour qu'il était sorti incognito pour distribuer de l'argent aux malheureux, comme il n'avait point réussi à contenter tout le monde, il fut dévalisé et foulé aux pieds ; loin de s'en fâcher et de se faire connaître, il offrit à la Sainte Vierge cette humiliation et résolut de ne jamais rien refuser à aucun pauvre. Il était impossible que ses revenus pussent suffire à tant de charités, sans quelque merveille d'en haut. Un jour que Saint Étienne priait, absorbé en Dieu, il fut enlevé en l'air par les Anges jusqu'à ce que son oraison fût achevée. Dieu opéra en sa faveur beaucoup d'autres prodiges.

Ses dernières années furent éprouvées par des maladies, qu'il supporta avec patience et courage.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Pie X
  3 septembre : Saint Pie X, Pape (1835-1914)

Joseph Sarto naquit le 2 juin 1835, à Riese, en Italie. À neuf ans, il confie déjà à sa mère son désir de devenir prêtre. À onze ans, au jour de sa première communion, il promet à Dieu de rester chaste et de se consacrer à Son service. Après quelques années d'études, il entre au Grand Séminaire de Padoue. Sa soumission et sa piété exemplaires, sa franche bonté et ses qualités d'esprit donnent de grandes espérances.

Prêtre à 23 ans, il s'acquitte de ses devoirs sacerdotaux avec zèle. D'abord vicaire à Tombolo puis curé à Salzano, il se signale par son dévouement et sa charité surtout auprès des pauvres campagnards. Le choléra ayant éclaté, il soigne ses paroissiens jour et nuit, les administre, les ensevelit.
Conscient de sa tâche de pasteur, il partage son temps soit auprès des pauvres, soit au confessionnal ou à genoux au pied du Saint Sacrement. Tant de désintéressement et de vertu le mettent en vue. Bientôt l'abbé Sarto doit accepter l'évêché de Mantoue. Évêque, il se propose d'être tout à tous : "Mon peuple me trouvera toujours ferme à mon poste, toujours doux et plein de charité." Sous les ornements de l'évêque, le peuple sent battre un cœur de père.

Créé cardinal puis Patriarche de Venise, Mgr Sarto reste toujours pauvre, au service des humbles. "Né pauvre, disait-il, je veux vivre pauvre et mourir pauvre."
À la mort de Léon XIII, en 1903, il est appelé à lui succéder sur le siège de Saint Pierre. Devant ce choix inattendu, celui qui avait toujours désiré demeurer simple curé de campagne ne sait que balbutier la prière de l'agonie : "Que ce calice s'éloigne de moi... Que la volonté de Dieu soit faite..." puis il finit par dire : "J'accepte... comme une croix !"

Devenu Pie X, sa première et mémorable encyclique trace les grandes lignes de son pontificat : Tout restaurer dans le Christ.
Pape de l'Eucharistie, son pontificat se distingue par ses décrets au sujet de la communion précoce et fréquente, de la liturgie et de la catéchisation. Épris d'amour pour l'Église, il oppose fermement aux attaques pernicieuses contre la Foi, une pureté de doctrine sûre puisée aux sources de l'Évangile. Il condamne notamment l'hérésie moderniste et opère de grandes réformes dans le clergé : "Faites votre devoir, répète-t-il aux prêtres, et tout ira bien."

À la veille d'une guerre mondiale qu'il sait imminente, Pie X, brisé d'angoisse, s'offre en victime pour l'Église et l'humanité. Il s'éteint doucement le 20 août 1914. Pie XII l'a canonisé le 29 mai 1954.

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Bienheureux Apollinaire de Posat
  3 septembre : [Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg] Bienheureux Apollinaire de Posat, Martyr († 1792)

Jean-Jacques Morel, qui prendra comme capucin le nom d'Apollinaire, est né le 12 juin 1739 à Prez-vers-Noréaz dans le canton de Fribourg. Son père Jean, originaire de Posat, avait épousé Marie-Elisabeth Maître. En 1761, Jean-Jacques continua ses études au collège Saint-Michel, à Fribourg, tenu alors par les Jésuites. Ces pères, qui avaient décelé dans leur élève des capacités intellectuelles remarquables, auraient bien voulu le retenir dans leur Ordre, mais Jean-Jacques, attiré par la spiritualité de Saint François d'Assise, décida de se joindre aux capucins. Il commença son noviciat à Zoug, pour être ensuite transféré à Mels et enfin à Bulle. Le 22 septembre 1764 il fut ordonné prêtre par l'évêque de Lausanne, avant même d'avoir terminé ses études de théologie, ce qu'il fit en 1769 à Lucerne.

L'Ordre l'envoya dans plusieurs paroisses pour de grandes missions populaires, jusqu'au moment où l'on appela au monastère de Fribourg comme professeur de théologie, fonction qu'il assuma de 1774 à 1780. Il passa ensuite trois ans à Bulle en tant que vicaire ; dans ce couvent, il constitua une remarquable bibliothèque, dont les livres sont toujours conservés précieusement par les capucins actuels.
Après avoir été chargé du noviciat d'Altdorf, il dirigea à Stans, à partir de 1785, la petite école latine annexée au couvent. Sa culture et ses activités pastorales dans cette ville ne furent pas appréciées par un cercle de citoyens qui se nommaient les Illuminés et qui essayaient de ridiculiser tout ce qu'il entreprenait. Afin d'obtenir l'appui de la population, ils adoptèrent la voie de la calomnie, en l'accusant à l'aide d'une femme de mœurs perverses.
Bien que la suite des événements donna raison au Père Apollinaire, celui-ci finit par demander un transfert.

C'est ainsi que l'Ordre décida de l'engager dans une activité missionnaire en Asie. Pour compléter sa formation, on l'envoya, en 1788, à Paris, au couvent des capucins du Marais, pour apprendre langues et usages des pays de missions auxquels il était destiné.
Or, en 1789 éclata la Révolution, et Apollinaire dut rester à Paris, où on le nomma vicaire à Saint-Sulpice, en charge de la pastorale pour les quelque cinq mille Allemands qui se trouvaient dans la capitale. Ce fut un dur travail dans un moment difficile.

Le 12 juillet 1790, l'Assemblée constituante, dans le but de faire du clergé un simple corps de fonctionnaires relevant uniquement de l'Etat, vota la Constitution civile du clergé. En janvier 1791 l'Assemblée demanda à tous les ecclésiastiques de prêter serment à la nouvelle Constitution, ce qui aurait été une vraie apostasie.

Apollinaire essaya d'abord de proposer une acceptation avec des restrictions, mais devant la ferme résolution des révolutionnaires de ne faire aucune concession, il refusa clairement de signer le serment et publia une brochure pour réfuter celui-ci, avec le titre "Le séducteur démasqué ou l'apostasie des jureurs, prouvée sans réplique, à la portée de tout le monde". Il se présentait comme un religieux, vrai ami de la Patrie, de la Liberté et de la Religion. Il citait en exergue Mt 22,21 : "Donnez à César ce qui appartient à César, à Dieu ce qui est à Dieu." Cette prise de position obligea Apollinaire à quitter Saint-Sulpice, en même temps que le curé qui fut remplacé par un prêtre schismatique. Il exerça alors son ministère en cachette, sans pouvoir porter l'habit de capucin et en se déplaçant d'un refuge à l'autre.

Le 14 août 1792, juste après le massacre des Suisses aux Tuileries, le 10 août, Apollinaire fur arrêté et enfermé dans la prison des Carmes. Non seulement il fut accusé de ne pas avoir prêté serment, mais aussi d'avoir enlevé les deniers de la confrérie des Allemands. (Le 2 septembre 1792, il fut mis à mort en haine de la foi.)

Saints, martyrs et bienheureux en Suisse, Gian Franco Schubiger

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Sainte Rosalie de Palerme
  4 septembre : Sainte Rosalie de Palerme, Vierge (1130-1160)

Sainte Rosalie, du sang royal de Charlemagne, naquit à Palerme, en Sicile, d'un chevalier français et d'une parente de Roger, roi de Sicile. La Sainte Vierge lui apparut et lui conseilla de se retirer du monde. Rosalie, à quatorze ans, quitta le palais de son père sans avertir personne, n'emportant qu'un crucifix et des instruments de pénitence. Deux anges la conduisirent sur une montagne voisine de la ville. Dans une grotte inconnue et enveloppée de neige pendant plusieurs mois, Rosalie passa quelques années, partageant son temps entre l'oraison, la prière et la pénitence. Des racines crues faisaient sa nourriture ; l'eau du rocher lui servait de boisson. Souvent elle recevait la visite des Anges, et le Sauveur Lui-même venait parfois S'entretenir avec elle. On voit encore dans cette grotte une petite fontaine qu'elle creusa pour réunir les eaux qui suintaient à travers les fissures de la roche ; on voit aussi une sorte d'autel grossier et un long morceau de marbre où elle prenait son repas, un siège taillé dans le roc et une vigne très ancienne, qu'on croit avoir été plantée par elle.

Aussitôt après sa disparition, sa famille la fit rechercher dans toute la Sicile. Les anges avertirent Rosalie qu'elle serait bientôt découverte, si elle ne changeait de demeure ; elle prit aussitôt son crucifix et le peu d'objets qu'elle avait avec elle et suivit ses guides célestes ; ils la conduisirent sur le mont Pellegrino, où ils lui indiquèrent une grotte obscure et humide qui lui servit de retraite pendant les dix-huit dernières années de sa vie.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Laurent Justinien
  5 septembre : Saint Laurent Justinien, Patriarche de Venise (1381-1455)

Saint Laurent Justinien naquit à Venise. On remarqua en lui, dès son enfance, une docilité peu commune. Sa pieuse mère le grondait quelques fois pour le prémunir contre l'orgueil, le tenir dans l'humilité et le porter à ce qu'il y avait de plus parfait. Il répondait alors qu'il tâcherait de mieux faire, et qu'il ne désirait rien tant que de devenir un saint. Une vision de la Sagesse éternelle le porta vers la vocation religieuse ; il s'y essaya d'abord par la pénitence, coucha sur le bois ou la terre nue, et brisa son corps par les macérations. Laurent ne tarda pas à s'enfuir chez les chanoines réguliers de Saint-Georges-d'Alga, où il prit l'habit.

Ses premiers pas dans la vie religieuse montrèrent en lui le modèle de tous ses frères : jamais de récréations non nécessaires, jamais de feu, jamais de boisson en dehors des repas, fort peu de nourriture, de sévères disciplines : c'était là sa règle. Quand, par une grande chaleur, on lui proposait de boire : "Si nous ne pouvons supporter la soif, disait-il, comment supporterons-nous le feu du purgatoire ?"

Il dut subir une opération par le fer et par le feu ; aucune plainte ne sortit de sa bouche : "Allons, disait-il au chirurgien dont la main tremblait, coupez hardiment ; cela ne vaut pas les ongles de fer avec lesquels on déchirait les martyrs."

"Allons quêter des mépris, disait-il à son compagnon de quête, lorsqu'il y avait quelque avanie à souffrir ; nous n'avons rien fait, si nous n'avons renoncé au monde."

À un frère qui se lamentait parce que le grenier de la communauté avait brûlé : "Pourquoi donc, dit-il, avons-nous fait le vœu de pauvreté ? Cet incendie est une grâce de Dieu pour nous !"

Il ne célébrait jamais la Sainte Messe sans larmes, et souvent il y était favorisé de ravissements. Ses vertus l'élevèrent d'abord aux fonctions de général de son Ordre, puis au patriarcat de Venise, malgré ses supplications et ses larmes. Il parut aussi admirable pontife qu'il avait été saint religieux ; son zèle lui attira des injures qu'il reçut avec joie ; sa charité le faisait bénir de tous les pauvres ; sa ponctualité ne laissait jamais attendre personne, sa bonté agréait tout le monde : il était regardé de tous comme un ange sur la terre. Après de longs travaux, il sentit sa fin prochaine : "Un chrétien, dit-il, après Saint Martin, doit mourir sur la cendre et le cilice."

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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  6 septembre : Saint Donatien et ses compagnons, Martyrs à Carthage († 484)

Commémoraison des Saints Donatien, Praesidius, Mansuet, Germain et Fusculus, évêques en Afrique.
En 482-484, dans la persécution des Vandales, par ordre du roi arien Hunnéric, pour avoir affirmé la vérité catholique, ils furent battus très violemment à coups de bâton , puis condamnés à l’exil. Parmi eux était aussi Laetus, évêque de Nepte en Byzacène, homme courageux et très érudit, qui, après une détention longue et infecte, souffrit le supplice du feu.

Martyrologe romain

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Saint Cloud
  7 septembre : Saint Cloud, Prince, Moine et Prêtre (515-560)

Clodoald, plus connu sous le nom de Cloud, était le fils du roi Clodomir et petit-fils de Clovis et de Sainte Clotilde. Après la mort de son père, ses oncles, Childebert et Clotaire, firent demander à leur mère Clotilde, de leur envoyer les enfants de Clodomir pour les proclamer successeurs de leur père. La sainte veuve revêtit Cloud, qui n'avait que deux ans, et ses deux frères de leurs plus beaux habits et les envoya avec confiance, ne se doutant pas que ses petits-enfants allaient être égorgés sans pitié par ses propres fils. Cloud fut sauvé du massacre et put échapper à toutes les recherches de ses oncles.

Le jeune prince grandit en paix dans un monastère, et, trouvant toute sa joie au service de Dieu, il préféra la tonsure à la couronne. Il choisit plus tard, pour y finir ses jours, le monastère d'Agaune, dont les neufs cents religieux partagés en neuf chœurs, se succédaient tour à tour devant l'autel et chantaient l'office sans interruption, le jour et la nuit.

Dieu ne voulut pas laisser longtemps ce trésor enfoui, car il accompagna les vertus du prince du don des miracles. Un jour qu'il se promenait aux environs de sa cellule, un mendiant à moitié nu se présente à lui, implorant sa charité. Le prince, devenu moine, n'avait rien ; les pauvres vêtements qu'il portait étaient les seuls objets qu'il eût à sa disposition ; il ne voulut pas cependant rebuter un membre du Sauveur Jésus, et, se dépouillant de son manteau, il en revêtit le mendiant. Le soir, celui-ci reçut l'hospitalité dans une chaumière voisine, et, pendant qu'il dormait, ô prodige ! Le vêtement qu'il avait reçu rayonnait d'un éclat plus merveilleux que les brillants habits des princes.

Cloud fut ordonné prêtre malgré les protestations de son humilité, et fut le premier des princes de France qui gravit les degrés de l'autel. C'est à Paris qu'avait eu lieu l'ordination ; il obtint du roi Childebert, son oncle, une propriété voisine de la capitale pour y finir ses jours dans la solitude. Dès qu'on sut le lieu de la retraite du serviteur de Dieu, on y accourut de toutes parts pour se mettre sous sa direction; quelques cellules furent d'abord bâties, bientôt un monastère devint nécessaire ; Cloud y vécut sept ans au milieu de ses frères, leur donnant l'exemple de toutes les vertus. Les vertus de Saint Cloud avait attiré vers lui de nombreux disciples ; ses miracles firent accourir des foules immenses à son tombeau, autour duquel se forma la ville de Saint-Cloud. La piété naïve de nos pères a porté les cloutiers à le choisir pour patron.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Nativité de la Très Sainte Vierge
  8 septembre : Nativité de la Très Sainte Vierge

Tout est miracle dans l'histoire de la Sainte Vierge ; Sa naissance ne fait point exception, et, bien que pauvre et vulgaire aux yeux du monde, elle apparaît aux yeux de la foi entourée des plus éclatantes merveilles. Aussi est-ce avec raison que l'Église s'écrie en ce jour : "Votre naissance, ô Marie, Mère de Dieu, a rempli tout le monde de consolation et d'allégresse, parce que le Soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est né de Vous, Lui qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés et nous a comblés de bénédictions ; Lui, qui, ayant ruiné l'empire de la mort, nous a introduits dans la vie éternelle."
Cette fête, en effet, doit être une réjouissance universelle ; ce n'est pas un heureux présage pour une ville ou pour un peuple, mais pour l'humanité tout entière.

Joachim et Anne, Ses parents, étaient de la race de David, de laquelle devait naître le Sauveur promis au monde ; mais ils étaient avancés en âge et n'avaient point d'enfants ; donc nulle espérance humaine pour eux de donner naissance au Rédempteur attendu. Dieu, qui aime à confondre les calculs des hommes et les prévisions naturelles, jugea autrement et renouvela pour Joachim et Anne la merveille dont l'Ancien Testament nous rapporte plusieurs exemples. Les deux vieillards reçurent l'annonce des desseins de Dieu, et au temps marqué Marie paraissait au monde. Toute pure, toute immaculée avait été Sa conception, toute pure et toute privilégiée fut Sa naissance.

Quelle joie ce jour-là dans la maison de Joachim ! Quelles félicitations de la part des amies de la vertueuse Anne ! Figurons-nous combien devait être ravissante cette enfant de bénédiction, sanctifiée dès le premier instant de Sa vie, et dont les facultés n'avaient pas connu un seul instant le sommeil ni l'imperfection ! Les saints ne tarissent pas d'éloges sur la naissance de Marie : "Avant la naissance de Marie, disent-ils, le monde était enseveli dans les ténèbres du péché ; avec Elle paraît l'Aurore qui annonce le Soleil de Justice. Parfaite dès Sa naissance, Marie ne fit que croître chaque jour en vertus..."

Astre toujours progressant en lumière, si beau dès Son apparition, qu'il devait être éblouissant au terme de Sa course ! Quel bonheur pour les élus de contempler au Ciel les merveilles opérées par Dieu en Marie! En attendant, unissons-nous à l'Église qui L'honore aujourd'hui sous cent titres différents dans une multitude de sanctuaires vénérés.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Pierre Claver

Saint Pierre Claver
  9 septembre : Saint Pierre Claver, Apôtre des Noirs († 1654)

Saint Pierre Claver était Espagnol ; sa naissance fut le fruit des prières de ses parents. À vingt ans, il entra au noviciat des Jésuites. Il se lia avec le saint vieillard Alphonse Rodriguez, Jésuite comme lui, et qui fut canonisé le même jour que lui, le 8 janvier 1888. Alphonse avait compris, d'après une vision, que Pierre Claver devait être un apôtre de l'Amérique ; il lui en souffla au cœur le désir, et le jeune religieux obtint, en effet, de ses supérieurs, de s'embarquer pour les missions du nouveau monde.

À son arrivée en Amérique, il baisa la terre qu'il allait arroser de ses sueurs. Il se dévoua corps et âme au salut des esclaves, pénétra dans les magasins où on les entassait, les accueillit avec tendresse, pansa leurs plaies, leur rendit les plus dégoûtants services et s'imposa tous les sacrifices pour alléger les chaînes de leur captivité. Il en convertit, par ces moyens héroïques, une multitude incalculable. Quand fut venu le moment de ses vœux, Pierre Claver obtint d'y ajouter celui de servir les esclaves jusqu'à sa mort ; il signa ainsi sa formule de profession : Pierre, esclave des nègres pour toujours.

Les milliers d'esclaves de Carthagène étaient tous ses enfants ; il passait ses jours à les édifier, à les confesser, à les soigner. Il ne vivait que pour eux. Aux hommes qui lui demandaient à se confesser, il disait : "Vous trouverez des confesseurs dans la ville ; moi, je suis le confesseur des esclaves."
Il disait aux dames : "Mon confessionnal est trop étroit pour vos grandes robes ; c'est le confessionnal des pauvres négresses."

Le soir, épuisé de fatigues, asphyxié par les odeurs fétides, il ne pouvait plus se soutenir ; cependant un morceau de pain et quelques pommes de terre grillées faisaient son souper ; la visite au Saint Sacrement, la prière, les disciplines sanglantes, occupaient une grande partie de ses nuits. Que de pécheurs il a convertis en leur disant, par exemple : "Dieu compte tes péchés ; le premier que tu commettras sera peut-être le dernier !"

Pierre Claver multipliait les miracles avec ses actes sublimes de charité. En quarante-quatre ans d'apostolat, il avait baptisé plus de trois cent mille noirs.
Le Pape Léon XIII l'a déclaré Patron des missions, en 1896.

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Saint Nicolas de Tolentino
  10 septembre : Saint Nicolas de Tolentino, Religieux († 1310)

La mère de ce saint dût sa naissance à un pèlerinage qu'elle fit à Saint-Nicolas-de-Myre. L'enfant reçut au baptême, en reconnaissance, le nom de Nicolas. Son patron continua de le protéger, et bientôt le petit Nicolas devint son émule dans la sainteté, jeûnant, dès l'âge de sept ans, trois fois la semaine, et aimant les pauvres d'une affection incroyable.

A onze ans, il fut reçu dans l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin, où il se fit admirer de tous par la modestie de son maintien, sa parfaite obéissance, son humeur douce et toujours égale, surtout sa chasteté, gardée par d'effrayantes mortifications. On eût dit qu'il avait un corps de bronze. A quinze ans, il usait des chaînes, des ceintures de fer et des cilices ; il jeûnait quatre fois la semaine, mangeait peu et des mets les plus grossiers, ne couchait que par terre ou sur une paillasse.

On raconte plusieurs visions d'âmes du Purgatoire qui lui devaient leur délivrance. Après avoir édifié successivement plusieurs couvents, le fervent religieux est envoyé à Tolentino, où il passe les trente dernières années de sa vie. Là il s'occupe à catéchiser les ignorants, à prêcher la parole de Dieu, à confesser les pécheurs ; les cœurs les plus rebelles se rendent à ses exhortations, il embrase les plus indifférents du feu de l'amour divin, il ébranle les plus obstinés, sa douceur ramène les plus désespérés dans la voie du salut. Le salut des autres ne lui fait pas négliger le sien. On ne saurait dire quand il terminait son oraison ; on le trouvait toujours absorbé en Dieu ; il aimait surtout à méditer les souffrances de Jésus-Christ.

Nicolas était la terreur du démon, qui venait souvent troubler son oraison en imitant devant lui le cri de tous les animaux, en ébranlant la charpente de la maison, et faisant trembler sa cellule. Un jour l'esprit de ténèbres entra près de lui sous la forme d'un oiseau énorme, qui éteignit, renversa et brisa la lampe par un mouvement de ses ailes ; Nicolas ramassa les morceaux et les rejoignit si merveilleusement, qu'il ne parut pas trace de l'accident. Le démon alla jusqu'à le frapper et à le laisser pour mort ; le saint demeura boiteux toute sa vie des coups qu'il avait reçus. Il partageait avec les pauvres le pain qu'on lui donnait à ses repas, et, un jour, son supérieur lui demandant ce qu'il portait : "Ce sont des fleurs," dit-il, et il montra le pain changé en roses. Pendant les six derniers mois de sa vie, les anges descendaient toutes les nuits dans sa chambre et le réjouissaient de leurs chants.

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Saint Jean-Gabriel Perboyre
  11 septembre : Saint Jean-Gabriel Perboyre, Lazariste, Martyr en Chine (1802-1840)

Jean-Gabriel Perboyre naquit au diocèse de Cahors. Dès l'âge le plus tendre, il se fit remarquer par sa piété. Au petit séminaire, il fut aimé et vénéré de tous ses condisciples, qui le surnommèrent le petit Jésus. En rhétorique se décida sa vocation : "Je veux être missionnaire," dit-il dès lors. Il entra chez les Pères Lazaristes de Montauban.
"Depuis bien des années, dit un des novices confiés plus tard à ses soins, j'avais désiré rencontrer un saint ; en voyant M. Perboyre, il me sembla que Dieu avait exaucé mes désirs. J'avais dit plusieurs fois : "Vous verrez que M. Perboyre sera canonisé."
Lui seul ne se doutait pas des sentiments qu'il inspirait, et il s'appelait "la balayure de la maison".
Ses deux maximes étaient : "On ne fait du bien dans les âmes que par la prière... Dans tout ce que vous faites, ne travaillez que pour plaire à Dieu ; sans cela vous perdriez votre temps et vos peines."

Jean-Gabriel était remarquable par une tendre piété envers le Saint Sacrement, il y revenait sans cesse et passait des heures entières en adoration : "Je ne suis jamais plus content, disait-il, que quand j'ai offert le Saint Sacrifice."
Son action de grâces durait ordinairement une demi-heure. Envoyé dans les missions de Chine, M. Perboyre se surpassa lui-même.

Après quatre ans d'apostolat, trahi comme son Maître, il subit les plus cruels supplices. L'athlète de la foi, digne de Jésus-Christ, ne profère pas un cri de douleur ; les assistants ne cachent pas leur étonnement et peuvent à peine retenir leurs larmes :
"Foule aux pieds ton Dieu et je te rends la liberté, lui crie le mandarin.
– Oh ! répond le martyr, comment pourrais-je faire cette injure à mon Sauveur ?"

Et, saisissant le crucifix, il le colle à ses lèvres. Après neuf mois d'une horrible prison, il fut étranglé sur un gibet en forme de Croix.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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le Saint Nom de Marie
  12 septembre : le Saint Nom de Marie

La fête du Saint Nom de Marie fut établie par le Pape Innocent XI, l'an 1683, en souvenir d'une mémorable victoire remportée par les chrétiens sur les Turcs, avec la protection visible de la Reine du Ciel. Cent cinquante mille Turcs s'étaient avancés jusque sous les murs de Vienne et menaçaient l'Europe entière. Sobieski, roi de Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de l'octave de la Nativité de la Sainte Vierge, et se disposa à livrer une bataille générale. Ce religieux prince commença par faire célébrer la Messe, qu'il voulut servir lui-même, ayant les bras en croix.
Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du Sacrifice et s'écria : "Marchons avec confiance sous la protection du Ciel et avec l'assistance de la Très Sainte Vierge."
Son espoir ne fut pas trompé : les Turcs, frappés d'une terreur panique, prirent la fuite en désordre. C'est depuis cette époque mémorable que la fête du Saint Nom de Marie se célèbre dans l'octave de Sa Nativité.

Il était bien juste que le nom de Marie trouvât sa place, dans nos fêtes catholiques, à côté du nom de Jésus, le nom de Marie est un nom glorieux, un nom tout aimable, un nom salutaire. Les saints se sont essayés à l'envi à retracer les merveilles du nom de Marie. La première gloire de ce nom béni, c'est qu'il fut inspiré par Dieu aux parents de la Vierge naissante et que l'archange Gabriel le prononça d'une voix pleine de respect ; et depuis, toutes les générations chrétiennes le redisent à chaque instant du jour ; le Ciel prononce à la terre ce nom si beau, et la terre en revoie au Ciel l'écho mélodieux : "Au nom de Marie, dit Pierre de Blois, l'Église fléchit le genou, les vœux et les prières des peuples retentissent de toutes parts."

"Que Votre nom est glorieux, ô sainte Mère de Dieu ! s'écrie Saint Bonaventure ; qu'il est glorieux, ce nom qui a été la source de tant de merveilles !"
– "Ô nom plein de suavité ! s'écrie le Bienheureux Henri Suzo. Ô Marie ! Qui êtes-Vous donc Vous-même, si Votre nom seul est déjà si aimable et si rempli de charmes ?"
– "Votre nom, ô Marie, dit saint Ambroise, est un baume délicieux qui répand l'odeur de la grâce !"

Mais surtout le nom de Marie est un nom de salut. Saint Éphrem l'appelle la Clef du Ciel. "Le nom seul de Marie, dit Saint Bernard, met en fuite tous les démons..."
Ce n'est là qu'un faible écho de l'apologie du nom de Marie faite par les saints.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Maurille
  13 septembre : Saint Maurille, Évêque d'Angers (336-426)

Saint Maurille, né aux environs de Milan, fut attiré à Tours par les vertus de Saint Martin, auprès duquel il exerça pendant plusieurs années les fonctions de chantre aux divins offices ; puis, élevé à la prêtrise, il se dévoua au salut des âmes. Son zèle le conduisit près d'Angers, où, par ses prières, il fit descendre le feu du ciel sur un temple païen, et construisit ensuite à la place une église de Jésus-Christ. Il bâtit même à côté un monastère ; bientôt vint se fixer alentour une population qui donna naissance à la ville de Chalonne.

À la mort de l'évêque d'Angers, Maurille lui succéda, par le choix de Saint Martin lui-même. Au jour de sa consécration, une colombe descendit visiblement sur sa tête.
Quelques années plus tard, un fait étrange arriva. Pendant la consécration de la Messe célébrée par le pontife, on apporta en toute hâte un enfant mourant, pour qu'il reçut la Confirmation ; le saint attendit la fin du Sacrifice, mais pendant ce temps l'enfant mourut, et Maurille en conçut un si grand chagrin, qu'il s'enfuit sans avertir personne et s'embarqua pour l'Angleterre, où il se gagea comme jardinier chez un riche seigneur.

Ses diocésains, dont la douleur était inconsolable, le firent si bien rechercher, qu'on découvrit sa retraite ; mais il refusa de revenir au milieu de son troupeau, disant :

"Je ne puis ; car ayant perdu sur mer les clefs des reliques de ma cathédrale, que j'avais emportées par mégarde, j'ai fait serment de ne plus paraître à Angers avant de les avoir retrouvées.
– Les voici, lui dirent les envoyés ; pendant notre traversée, un poisson fut jeté sur le pont du navire par la vague, et dans son ventre on a trouvé ces clefs."

Maurille obéit à la Volonté du Ciel. À son retour, il se fit conduire au tombeau de l'enfant, et, les yeux baignés de larmes, il demanda à Dieu de lui rendre la vie. Le petit ressuscité reçut, à cause de cette seconde naissance, le nom de René, et fut le successeur de Maurille sur le siège d'Angers.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Exaltation de la Sainte Croix
  14 septembre : Exaltation de la Sainte Croix

Sous le règne de l'empereur Héraclius Ier, les Perses s'emparèrent de Jérusalem et y enlevèrent la principale partie de la vraie Croix de Notre-Seigneur, que sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, y avait laissée. Héraclius résolut de reconquérir cet objet précieux, nouvelle Arche d'alliance du nouveau peuple de Dieu. Avant de quitter Constantinople, il vint à l'église, les pieds chaussés de noir, en esprit de pénitence ; il se prosterna devant l'autel et pria Dieu de seconder son courage ; enfin il emporta avec lui une image miraculeuse du Sauveur, décidé à combattre avec elle jusqu'à la mort. Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur, car son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise.

Héraclius, à son retour, fut reçu à Constantinople par les acclamations du peuple ; on alla au-devant de lui avec des rameaux d'oliviers et des flambeaux, et la vraie Croix fut honorée, à cette occasion, d'un magnifique triomphe. L'empereur lui-même, en action de grâce, voulut retourner à Jérusalem ce bois sacré, qui avait été quatorze ans au pouvoir des barbares. Quand il fut arrivé dans la Cité Sainte, il chargea la relique précieuse sur ses épaules ; mais lorsqu'il fut à la porte qui mène au Calvaire, il lui fut impossible d'avancer, à son grand étonnement et à la stupéfaction de tous : "Prenez garde, ô empereur ! lui dit alors le patriarche Zacharie ; sans doute le vêtement impérial que vous portez n'est pas assez conforme à l'état pauvre et humilié de Jésus portant Sa Croix."
Héraclius, touché de ces paroles, quitta ses ornements impériaux, ôta ses chaussures, et, vêtu en pauvre, il put gravir sans difficulté jusqu'au Calvaire et y déposer son glorieux fardeau.

Pour donner plus d'éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré : un mort fut ressuscité, quatre paralytiques guéris ; dix lépreux recouvrèrent la santé, quinze aveugles la vue ; une quantité de possédés furent délivrés du malin esprit, et un nombre considérable de malades trouvèrent une complète guérison. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, pour en perpétuer le souvenir.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Notre-Dame des Sept-Douleurs
  15 septembre : Notre-Dame des Sept-Douleurs

La fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs a pour but de nous rappeler le martyre inouï qu'endura l'auguste Vierge en tant que co-rédemptrice du genre humain. L'Église honore en ce jour Ses incomparables douleurs, spécialement celles qu'Elle ressentit au pied de la croix au moment de la consommation du mystère de notre Rédemption. Après s'être concentré sur le déchirement de l'âme de Marie au jour de la Passion de Son Fils, jour où Ses souffrances atteignirent leur maximum d'intensité, la piété des fidèles s'est étendue à d'autres douleurs que la divine Mère éprouva à différentes occasions de Sa très sainte vie.

Pour illustrer les douleurs de la Vierge-Mère, les peintres représentent Son Cœur percé de sept glaives, symbole des sept principales douleurs de la Mère de Dieu, qui la couronnèrent Reine des martyrs. Voici la liste de ces sept douleurs dont le souvenir est cher aux vrais enfants de Marie :

1. La prophétie du saint vieillard Siméon
2. La fuite en Egypte
3. La disparition de Jésus au Temple pendant trois jours
4. La rencontre de Jésus portant Sa croix et montant au Calvaire
5. Marie debout au pied de la Croix
6. La descente de Jésus de la Croix et la remise à Sa Mère
7. L'ensevelissement de Jésus dans le sépulcre

La Très Sainte Vierge S'est plue à manifester au monde combien la dévotion à Ses douleurs infinies Lui était agréable et nous était salutaire. À plusieurs reprises, Elle est venue stimuler la foi et la piété des fidèles en apparaissant toute inondée de larmes, dans différents pays. Citons par exemple l'apparition de Notre-Dame de La Salette, en France, et la manifestation des larmes de la Vierge de Quito, en Equateur.

Contemplons dans les bras de Marie, l'Homme-Dieu crucifié pour nos iniquités et compatissons aux douleurs excessives de notre Mère du ciel. Joignons nos larmes aux Siennes et détestons nos péchés qui ayant provoqué la mort de Son divin Fils, ont également été la cause de Son intime martyre. Prions-La de nous obtenir du Sauveur les grâces nécessaires pour profiter de Ses exemples et imiter Ses vertus lorsqu'Il Lui plaira de nous faire part de Ses humiliations, de Ses douleurs et de Sa croix.

source : sanctoral.com

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Saint Cyprien
  16 septembre : Saint Cyprien, Évêque et Martyr († 258)

Saint Cyprien né à Carthage, dans le paganisme, était fils d'un sénateur. Son éducation, digne de son rang, fit briller l'heureux génie don il était doué. Il était tout entier aux idées de gloire et de plaisir, quand un prêtre chrétien, homme de haute distinction, nommé Cécilius, rechercha sa compagnie, dans le but d'attacher à la foi chrétienne un jeune homme de si grand mérite. Cyprien eut vite l'esprit convaincu par les sages raisonnements de Cécilius ; mais son cœur frémissait à la pensée du détachement exigé par l'Évangile. Comment lui, Cyprien, élevé dans les honneurs, objet de l'admiration universelle, lui libre d'aspirer à toutes les jouissances et à tous les triomphes, pourrait-il rompre ses chaînes et subjuguer ses passions ? Le combat était rude en son âme ; sa conscience lui criait sans cesse : "Courage, Cyprien ! Quoi qu'il en coûte, allons à Dieu !"
Il obéit enfin à cette voix, et reçut le baptême.

Dès lors Cyprien devint un autre homme ; la grâce lui rendit tout facile, et l'accomplissement de l'Évangile lui parut clairement être la vraie sagesse. Il vendit ses vastes et belles propriétés et en donna le prix aux pauvres ; son mérite l'éleva en peu de temps au sacerdoce et à l'épiscopat. La population chrétienne de Carthage tressaillit de joie en apprenant l'élévation de Cyprien au siège épiscopal de cette ville ; elle comprit qu'au moment où la persécution allait s'élever, menaçante et terrible, le nouvel évêque serait un modèle et un guide. Le saint pontife employa tout son zèle à fortifier son troupeau pour les saints combats, il glorifia les martyrs et montra une juste sévérité vis-à-vis des apostats.

Les païens, voyant de quelle importance serait pour eux la prise de celui qui était l'âme de la résistance chrétienne, recherchèrent le pasteur pour désorganiser plus facilement le troupeau ; mais Cyprien, voyant combien sa vie était utile aux âmes confiées à ses soins, trouva une retraite sûre, d'où il remplit admirablement son devoir apostolique par ses lettres, ses exhortations, l'administration des sacrements. Enfin, après plusieurs années, il eut révélation de son prochain martyre et s'y prépara par un redoublement de zèle et de charité. Cyprien fut condamné à avoir la tête tranchée : "Je Vous rends grâces, Seigneur," s'écria-t-il.
Comme le bourreau tremblait, le martyr l'encouragea avec bonté et lui fit remettre vingt-cinq pièces d'or ; puis il se banda lui-même les yeux et présenta sa tête, qui roula bientôt sur le sol baigné de sang. Ses écrits l'égalent aux Pères et aux Docteurs de l'Église.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Lambert
  17 septembre : Saint Lambert, Évêque de Maastricht et Martyr († 696)

Saint Lambert, né à Maastricht, d'une famille princière, eut une enfance toute privilégiée. Jeune homme, il opéra des miracles, fit jaillir une source pour étancher la soif des ouvriers constructeurs d'une église, et porta des charbons ardents dans les plis de son manteau sans l'endommager. Ses vertus extraordinaires l'élevèrent, à l'âge de vingt et un ans, sur le siège épiscopal de Maëstricht.

Après avoir administré saintement son diocèse pendant plusieurs années, il en fut chassé par une révolution et se retira dans un monastère voisin, où il se mêla aux simples religieux, dont il ne se distinguait que par une grande ferveur. On raconte à ce sujet une histoire fort édifiante. Une nuit d'hiver, en se levant pour prier, il laissa tomber une de ses sandales. L'abbé, sans connaître celui qui avait fait le bruit, le condamna à aller prier au pied de la croix qui était devant l'église. Lambert obéit sans réplique et demeura trois à quatre heures à genoux, transi de froid et couvert de neige, jusqu'à ce qu'on se fût aperçu de la méprise.
L'abbé et les religieux se jetèrent à ses pieds pour lui demander pardon : "Que Dieu, dit-il, vous pardonne la pensée de vous juger coupables pour cette action. Saint Paul ne m'enseigne-t-il pas que je dois servir Dieu dans le froid et la nudité ?"

Il habitait depuis sept ans cette sainte maison et y goûtait les délices de la vie religieuse, quand il fut rappelé sur son siège épiscopal, à la grande joie d'un troupeau qui l'avait tant pleuré. Le soin de Lambert pour l'accomplissement des devoirs de sa charge pastorale fut plus assidu que jamais ; il était le père de tous, surtout des pauvres. Sa maison ressemblait presque à un monastère ; ses vêtements, très simples, recouvraient un cilice, qu'il portait sur sa chair nue. Il visitait son diocèse avec zèle, sans en excepter les parties les plus éloignées. Son amour des âmes le porta même à entreprendre la conversion des peuples païens qui n'appartenaient pas à son diocèse.

Malgré les menaces de mort, son zèle ne se rebuta point, et il eut la consolation de si bien montrer à ces populations grossières les vérités de notre sainte religion, qu'il changea leur cœur et les amena en masse dans le sein de l'Église. Il mourut enfin martyr de son zèle.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Les Stigmates de Saint François d'Assise
  17 septembre : Les Stigmates de Saint François d'Assise (1224)

L’homme angélique, François, avait coutume de ne jamais se reposer dans le bien. Semblable, aux esprits célestes de l’échelle de Jacob, il montait en tout temps vers Dieu ou descendait vers le prochain. Il avait appris à partager si prudemment le temps qui lui était accordé pour amasser des mérites, qu’il en consacrait une partie à recueillir un gain laborieux auprès des hommes, et l’autre aux paisibles ravissements de la contemplation. […] C’est ainsi que, deux ans avant sa mort, il fut conduit par la divine providence, après de nombreux travaux, en un lieu fort élevé, appelé le Mont Alverne. Ayant commencé le carême qu’il avait coutume de faire en l’honneur de l’archange Saint Michel, il trouva dans sa contemplation toute céleste une abondance de douceur jusqu’alors inconnue. […] Lors donc que, transporté ainsi par l’ardeur de désirs séraphiques, il s’élevait vers son Dieu et que la tendresse de sa compassion le transformait en celui que l’excès de sa charité attacha à la croix, un matin, c’était vers la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, pendant qu’il priait sur le versant de la montagne, il vit descendre des hauteurs célestes un séraphin ayant six ailes de feu toutes resplendissantes. Conduit bientôt , par la rapidité de son vol vers l’homme de Dieu, il demeura proche de lui sans toucher la terre.
Alors entre les ailes du séraphin apparut un homme crucifié ; ses mains et ses pieds étaient étendus et attachés à une croix. Deux de ses ailes étaient élevées au-dessus de sa tête, deux autres étaient étendues pour voler , et les deux dernières couvraient son corps. A cette vue, le saint demeura dans un étonnement indéfinissable, et son cœur éprouva un sentiment de joie mêlée de tristesse. Il se réjouissait d’un spectacle aussi admirable, où le Seigneur, sous la forme d’un séraphin, contemplait son serviteur, et son âme était transpercée d’un glaive de compassion douloureuse en le voyant ainsi attaché à la croix. Une vision si insondable le jetait aussi dans une anxiété profonde, car il savait que l’infirmité de la Passion n’était en aucune façon compatible avec l’immortalité d’un esprit séraphique. Enfin il comprit, par une lumière du Ciel, que la divine Providence l’avait fait jouir d’une telle faveur pour lui apprendre, à lui, l’ami de Jésus-Christ, que c’était, non par le martyre de son corps, mais par un embrasement sans réserve de son âme, qu’il devait se transformer en la ressemblance du Sauveur crucifié.

La vision disparaissant le laissa donc tout rempli en son cœur d’une ardeur ineffable, et imprima en son corps des traces admirables. Car aussitôt commencèrent à paraître dans ses mains et dans ses pieds les marques des clous, telles qu’il les avait vues tout-à-l’heure dans l’homme crucifié offert à ses regards.
Ses mains et ses pieds semblaient transpercés de ces clous ; leurs têtes apparaissaient à l’intérieur des mains et sur les pieds, et l’on voyait sortir leurs pointes à la partie opposée. Ces têtes étaient noires et rondes , et les pointes longues et comme recourbées avec effort ; après avoir traversé la chair elles demeuraient tout-à-fait distinctes. Son côté droit portait aussi l’empreinte d’une cicatrice rouge, comme s’il eût été traversé d’un coup de lance, et souvent le sang s’échappait de cette plaie avec une abondance telle que tous les vêtements du saint en étaient pénétrés. […] Lors donc que le véritable amour de Jésus-Christ eut transformé ainsi en sa ressemblance celui qui en était pénétré, les quarante jours consacrés à la solitude étant passés, et la solennité de l’archange Saint Michel arrivée, l’homme angélique, François, descendit de la montagne portant avec lui l’image de son Seigneur crucifié, image non gravée sur la pierre ou le bois par la main de l’ouvrier, mais imprimée en sa chair par le doigt du Dieu vivant. […]

Et maintenant, ô vaillant soldat du Christ, porte donc les armes de ton Chef invincible. Ainsi protégé et défendu, tu surmonteras tous tes ennemis. Porte l’étendard du Roi tout-puissant, et à sa vue tous les membres de sa divine armée se sentiront animés au combat. Porte le sceau du Pontife suprême, et tes paroles et tes actions seront regardées de tous comme des paroles de vérité, comme des actions irrépréhensibles. Aujourd’hui que tu es marqué des stigmates du Seigneur Jésus, nul ne doit plus te contrister, mais tous les serviteurs du Christ doivent t’environner de leurs hommages et de leur amour.

Vie de Saint François d'Assise, Saint Bonaventure

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Saint Joseph de Cupertino
  18 septembre : Saint Joseph de Cupertino, Frère mineur, Conventuel (1603-1663)

Joseph naquit de parents pieux, en 1603 à Cupertino, ville située sur le territoire de Salente, au diocèse de Nardo.
Prévenu de bonne heure par l’amour de Dieu, il passa son enfance et son adolescence dans une parfaite simplicité et pureté de mœurs. Délivré par l’entremise de la Vierge Mère de Dieu, d’une longue et douloureuse maladie, qu’il avait supportée avec beaucoup de patience, il se donna tout entier aux pratiques de la piété et à la culture des vertus. Afin de s’unir plus étroitement à Dieu, qui l’appelait à de plus grandes choses, il résolut de s’enrôler dans l’Ordre séraphique.
Après différentes péripéties, réalisant enfin son vœu, il entra chez les Mineurs conventuels, au couvent de la Grotella. Il fut mis d’abord au nombre des frères lais, à cause de son ignorance des lettres ; puis, par une disposition de la Providence, on le fit passer dans les rangs des Clercs. Admis à la prêtrise après ses vœux solennels, il se proposa de mener une vie plus parfaite. C’est pourquoi, renonçant sur le champ à toutes les affections mondaines et même aux choses temporelles presque nécessaires à la vie, il mortifia son corps par le cilice, la discipline, les chaînes, enfin par toutes sortes de rigueurs et de souffrances. En même temps, il nourrissait assidûment son âme du suave aliment de l’oraison et de la contemplation la plus sublime. Il en résulta que l’amour de Dieu, déjà répandu dans son cœur dès le premier âge, prit de jour en jour un éclat plus merveilleux et tout à fait extraordinaire.

Son ardente charité parut surtout avec éclat dans les délicieuses extases qui le transportaient en Dieu et dans les ravissements extraordinaires qu’il éprouvait souvent. Et, chose digne de remarque, alors que son esprit avait abandonné ses sens, la seule obéissance suffisait à le rappeler immédiatement de l’extase. C’est qu’en effet, il s’attachait à cette vertu avec un très grand zèle, répétant habituellement qu’il se laissait aveuglément conduire par elle et qu’il préférerait mourir plutôt que de ne pas obéir. Il s’appliqua avec tant de soin à imiter la pauvreté du patriarche séraphique que, sur le point de mourir, il put en toute vérité affirmer à son supérieur qu’il n’avait rien à abandonner, suivant la coutume des religieux. C’est ainsi que, mort au monde et à lui-même, il manifestait la vie de Jésus dans sa chair, et tandis qu’il discernait chez quelques-uns la flétrissure du vice, son propre corps exhalait un parfum miraculeux, indice de sa très éclatante pureté. Malgré les tentations très violentes par lesquelles l’esprit immonde s’efforça longtemps, mais en vain, de ternir cette pureté, il sut la conserver sans tache, tant par la grande sévérité qu’il apportait à la garde de ses sens, qu’au moyen des macérations continuelles dont il affligeait son corps, et grâce à une protection spéciale de la très pure Vierge. Il avait, coutume d’appeler Marie sa mère, et il la vénérait en effet du plus profond de son cœur, comme une mère très tendre. Il désirait beaucoup la voir honorer par les autres, afin disait-il, que sa protection leur valût tous les biens.

Cette sollicitude du bienheureux Joseph avait sa source dans sa charité envers le prochain. Tel était le zèle dont il brûlait pour les âmes, qu’il travaillait très activement et de toutes manières à procurer le salut de tous. Étendant encore cette charité, il secourait, autant que cela était en son pouvoir, ceux qui étaient pauvres, infirmes, ou affligés de quelque autre épreuve. Il n’excluait point de son affection ceux même qui ne lui ménageaient pas les reproches, les outrages et toutes sortes d’injures. II acceptait tout cela avec la même patience, la même douceur et la même sérénité de visage, qu’il montra à supporter les vicissitudes si nombreuses et si pénibles qu’il traversa, lorsque, pour obéir aux supérieurs de l’Ordre, ou aux décisions de la sacrée Congrégation de l’Inquisition, il se vit obligé de changer plusieurs fois de résidence.
Admiré, non seulement du peuple, mais même des grands, pour son éminente sainteté et les grâces qu’il recevait du ciel, il n’en conserva pas moins une telle humilité que, s’estimant un grand pécheur, il priait Dieu avec constance d’éloigner de lui les dons remarquables dont il le comblait, et demandait aux hommes de jeter son cadavre dans un lieu où son souvenir s’effaçât totalement. Mais Dieu, qui exalte les humbles et qui avait très libéralement enrichi son serviteur durant sa vie d’une sagesse toute céleste, des dons de prophétie, de pénétration des cœurs, de guérir, ainsi que d’autres encore, rendit sa mort précieuse aux yeux de ceux à qui il en avait prédit le lieu et le temps.
Cette mort arriva la soixante et unième année de son âge, à Osimo, dans la Marche d’Ancône, et Dieu glorifia le lieu de sa sépulture. Enfin, comme après sa mort même, les miracles qu’il accomplit firent briller son nom, il fut inscrit par Benoît XIV au nombre des Bienheureux, et par Clément XIII au nombre des Saints en 1767. Clément XIV, qui faisait partie du même Ordre que lui, étendit son Office et sa Messe à toute l’Église.

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Saint Janvier
  19 septembre : Saint Janvier, Évêque et Martyr († 305)

Saint Janvier vivait au IIIème siècle. Sa piété et sa science l'avaient fait élever au siège épiscopal de Bénévent, qu'il n'accepta que par ordre du Pape. Au temps de la persécution de Dioclétien, Saint Janvier se multipliait pour soutenir le courage des chrétiens et les exhorter au martyre.
Le préfet de la province l'apprit et le fit comparaître à son tribunal :

"Offrez de l'encens aux idoles ou renoncez à la vie, lui dit-il.
– Je ne puis immoler des victimes au démon, répond le Saint, moi qui ai l'honneur de sacrifier tous les jours au vrai Dieu."

Il passa de l'interrogatoire à la fournaise ; mais il en sortit saint et sauf, comme autrefois les jeunes Hébreux ; ses cheveux, ses habits même furent respectés par le feu. Puis vint le supplice des ongles de fer, qui mit en lambeaux le corps du martyr.
Jeté ensuite en prison : "Courage, dit-il à ses compagnons ; combattons généreusement contre le démon. Le Seigneur m'a réuni à vous pour que le pasteur ne soit point séparé de son troupeau."

Le lendemain, Janvier et les autres martyrs sont exposés aux bêtes dans l'amphithéâtre de Pouzzoles, en présence d'une foule de peuple. Tous ces héros du Christ se munissent du signe de la Croix ; ils chantent des hymnes, en attendant que la dent des lions permette à leur âme de s'envoler vers le Ciel. Les bêtes sont lâchées. Ô prodige ! Lions et tigres, vont se coucher comme des agneaux aux pieds de leurs victimes et caressent ceux qu'ils devaient dévorer. Janvier et ses compagnons sont alors condamnés à avoir la tête tranchée. Le supplice fut accompagné de grands miracles. À un vieillard chrétien qui lui demandait un morceau de ses vêtements comme relique, il promit le linge qui devait servir à lui bander les yeux ; et comme, après sa mort, le bourreau piétinait le bandeau sanglant en disant au martyr décapité : "Porte donc ce bandeau à celui à qui tu l'as promis," la victime obéit, et le bandeau, à l'étonnement de tous, se trouva entre les mains du vieillard chrétien.

L'histoire des reliques de Saint Janvier est encore plus extraordinaire que celle de sa vie. Par Saint Janvier, Naples fut délivrée de la peste, l'an 1497 et l'an 1529 ; un enfant fut ressuscité par le contact de l'image du glorieux martyr ; la cité napolitaine fut plusieurs fois préservée de l'éruption du Vésuve. Mais un miracle qui se renouvelle plusieurs fois chaque année à époques fixes, c'est le miracle célèbre de la liquéfaction et de l'ébullition du sang de Saint Janvier. Ce saint est la grande célébrité de Naples, qui l'invoque comme son puissant protecteur.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Janvier
  20 septembre : Saint Eustache et ses compagnons, Martyrs († 120)

Eustache était un général très distingué des troupes romaines, sous le règne de l'empereur Trajan. Il s'était rendu célèbre par ses exploits ; mais, quoique païen, il avait surtout le mérite d'une grande générosité pour les pauvres. Cette qualité lui valut sa conversion. Un jour qu'il poursuivait un cerf à la chasse, il aperçut au milieu de ses cornes une éclatante image de la Croix, et entendit une voix qui lui dit : "Je suis Celui que tu honores, sans le savoir, par ta charité ; les aumônes que tu fais aux pauvres sont montées jusqu'à Moi."
Terrassé par cette apparition extraordinaire, il adressa des questions à la voix qui lui parlait ; il comprit que c'était la voix du Dieu des chrétiens, et résolut de renoncer au paganisme. À son retour, il fit part de ce prodige à son épouse, qui lui raconta elle-même une vision qu'elle avait eue. Bientôt toute la maison recevait le baptême.

Peu après le Seigneur fit connaître à Eustache, dans une vision nouvelle, tout ce qu'il aurait à souffrir. En effet, il perdit ses biens, son emploi ; sa femme et ses enfants lui furent enlevés. Réduit à la mendicité, il se fit le serviteur d'un riche laboureur. C'est à la charrue que des envoyés de l'empereur Trajan, envoyés à sa recherche, le rencontrèrent et le reconnurent ; ils le prièrent de les suivre, en lui disant que l'empereur voulait lui donner le commandement de ses troupes contre les barbares. Pendant cette expédition, Eustache retrouva tout providentiellement sa femme et ses deux fils. Après sa victoire, il reçut, selon l'usage, les honneurs du triomphe. Mais ayant refusé de suivre au temple d'Apollon l'empereur Adrien, qui avait succédé à Trajan, il fut questionné, reconnu chrétien et livré aux lions avec sa femme et ses enfants.

Ce n'est pas sans stupeur que le tyran vit ces bêtes affamées caresser leurs victimes ; toutefois sa rage ne fut point désarmée ; il ordonna de faire rougir au feu un énorme taureau de bronze, pour y jeter les quatre martyrs. Ceux-ci prièrent Dieu de les soutenir dans le combat. Jetés dans l'horrible instrument, ils y rendirent bientôt le dernier soupir. Quand l'empereur, trois jours après, alla voir ce qui restait des martyrs, il fut stupéfait de voir les corps intacts et leur chevelure conservée ; "Qu'Il est grand, dit-il, le Dieu des chrétiens ! Jésus-Christ est le seul vrai Dieu !"
Aveu inefficace d'un cruel et ingrat persécuteur !

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Matthieu
  21 septembre : Saint Matthieu, Apôtre (Ier siècle)

Saint Matthieu était probablement Galiléen de naissance. Il exerçait la profession de publicain ou de receveur des tributs pour les Romains, profession très odieuse parmi les Juifs. Son nom fut d'abord Lévi. Il était à son bureau, près du lac de Génésareth, où apparemment il recevait le droit de péage, lorsque Jésus-Christ l'aperçut et l'appela. Sa place était avantageuse ; mais aucune considération ne l'arrêta, et il se mit aussitôt à la suite du Sauveur. Celui qui l'appelait par Sa parole le touchait en même temps par l'action intérieure de Sa grâce.

Lévi, appelé Matthieu après sa conversion, invita Jésus-Christ et Ses disciples à manger chez lui ; il appela même au festin ses amis, espérant sans doute que les entretiens de Jésus les attireraient aussi à Lui.
C'est à cette occasion que les Pharisiens dirent aux disciples du Sauveur : "Pourquoi votre Maître mange-t-Il avec les publicains et les pécheurs ?" Et Jésus, entendant leurs murmures, répondit ces belles paroles : "Les médecins sont pour les malades et non pour ceux qui sont en bonne santé. Sachez-le donc bien, Je veux la miséricorde et non le sacrifice ; car Je suis venu appeler, non les justes, mais les pécheurs."

Après l'Ascension, Saint Matthieu convertit un grand nombre d'âmes en Judée ; puis il alla prêcher en Orient, où il souffrit le martyre. Il est le premier qui ait écrit l'histoire de Notre-Seigneur et Sa doctrine, renfermées dans l'Évangile qui porte son nom. On remarque, dans l'Évangile de Saint Matthieu, qu'il se nomme le publicain, par humilité, aveu touchant, et qui nous montre bien le disciple fidèle de Celui qui a dit : "Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur."
On croit qu'il évangélisa l'Éthiopie. Là, il se rendit populaire par un miracle : il fit le signe de la Croix sur deux dragons très redoutés, les rendit doux comme des agneaux et leur commanda de s'enfuir dans leurs repaires.

Ce fut le signal de la conversion d'un grand nombre. La résurrection du fils du roi, au nom de Jésus-Christ, produisit un effet plus grand encore et fut la cause de la conversion de la maison royale et de tout le pays. On attribue à Saint Matthieu l'institution du premier couvent des vierges. C'est en défendant contre les atteintes d'un prince une vierge consacrée au Seigneur, que le saint Apôtre reçut le coup de la mort sur les marches de l'autel.

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Saint Maurice et ses compagnons
  22 septembre : Saint Maurice et ses compagnons, Martyrs († 286) - Patrons principaux du Canton du Valais et de la ville de Lucerne

Le 22 septembre 286 vit un spectacle à la fois sublime et épouvantable : une légion romaine entière, général en tête, immolée par un barbare empereur pour n'avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ. Cette légion était la Légion Thébéenne ; ce général, Saint Maurice, et ce tyran, Maximien. La Légion Thébéenne portait ce nom parce qu'elle avait été recrutée en Thébaïde. Elle fut du nombre de celles que l'empereur emmena combattre la Gaule en révolte. Après le passage des Alpes, un sacrifice solennel fut ordonné. La légion chrétienne, ne voulant pas y prendre part, se retira près du lieu appelé aujourd'hui Saint-Maurice-d'Agaune. L'empereur les enjoignit de se réunir à l'armée pour la fête. Mais Maurice et ses compagnons, se rappelant qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, se virent dans la triste nécessité de désobéir.

Cette désobéissance, n'était pas, pour ces braves soldats, vainqueurs sur vingt champs de bataille, un acte de félonie, mais un acte d'héroïque loyauté. Aussitôt le prince barbare donna l'ordre de décimer la légion. À voir ce bataillon de six mille hommes rangés en ordre de combat, ayant à sa tête Maurice, à cheval, avec ses brillants officiers, Exupère, Maurice et Candide, il semble qu'on eût pu craindre une résistance par la force ; mais non, les disciples de Jésus-Christ ne cherchaient et n'attendaient qu'une victoire pacifique, la victoire sur le monde, et la conquête du Ciel par le martyre. Les noms des soldats sont jetés dans les casques des centurions ; six cents sur six mille vont périr ; les victimes désignées embrassent leurs camarades, qui les encouragent et qui envient leur sort ; bientôt le sacrifice est consommé, et la plaine ruisselle du sang des martyrs.

Les survivants persistent à se déclarer chrétiens, et la boucherie recommence ; six cents nouveaux élus rougissent de leur sang les rives du Rhône. Les autres sauront mourir jusqu'au dernier ; mais ils envoient au tyran un message avec une lettre admirable : "Empereur, nous sommes vos soldats ; nous sommes prêts à combattre les ennemis de l'empire ; mais nous sommes aussi chrétiens, et nous devons fidélité au vrai Dieu. Nous ne sommes pas des révoltés, nous aimons mieux être des victimes que des bourreaux : mieux vaut pour nous mourir innocents que de vivre coupables."
Maximien, désespérant d'ébranler leur constance, les fit massacrer tous en masse.

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Saint Lin
  23 septembre : Saint Lin, Pape et Martyr (Ier siècle)

Lin naquit à Volterra (Toscane) vers l’an 13 après Jésus Christ. Venu à Rome pour ses études, il se convertit rapidement au christianisme et après trois ans, il est ordonné prêtre par l’apôtre Pierre en l’an 44. Il fit la connaissance de Paul, qui semble faire allusion à lui dans sa deuxième épître à Timothée : "Salue Prisca et Aquilas, et la famille d’Onésiphore. Eraste est demeuré à Corinthe, et j’ai laissé Trophime malade à Milet. Hâte-toi de venir avant l’hiver. Eubulus, Pudens, Linus, Claudia et tous les frères te saluent." (2 Tm 4,19-21)
Toutes ces personnes, membres de l’Église de Rome, et que Paul avait encore la liberté de voir, ne sont nommées que dans cette lettre. Selon Irénée, le Pape Saint Lin est le Lin mentionné par Paul de Tarse, dans sa deuxième épître à Timothée.
Un passage de Saint Irénée précise : "Après que les apôtres Pierre et Paul eurent fondé et organisé l’Église (à Rome), ils conférèrent à Lin l’exercice de la charge épiscopale."

À Rome il aurait remplacé Pierre quand ce dernier était absent de la ville. Il gouverna l’Église après Saint Pierre. Il relata par écrit les actions de l’apôtre Pierre, et principalement sa conduite à l’égard de Simon le magicien.
II décréta également qu’aucune femme n’entrerait dans une église sans avoir la tête couverte d’un voile. Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul dit à ce sujet : "Toute femme qui prie ou prophétise la tête dévoilée fait honte à sa tête, car c’est exactement comme si elle était rasée." (1 Co 11, 5).
Avoir la tête rasée, ou les cheveux coupés, était une peine infligée aux femmes adultères. Le voile est le signe de la réserve, de la pudeur, de la soumission dans la femme ; en paraissant en public non voilée, elle déshonorait son mari, parce qu’elle violait les règles reçues de la décence.

Linus introduisit dans le canon de la messe la partie dite Communicantes et, comme symbole de l’autorité papale, il ajouta aux vêtements liturgiques le pallium, ornement liturgique dont le port, sur la chasuble, est réservé au Pape, aux primats, et aux archevêques métropolitains pendant la célébration de la messe. Il vient du latin pallium (au pluriel pallia) qui signifie manteau.

Au cours de son pontificat, l’événement le plus important fut certainement la fin de la guerre de Judée avec la destruction par les Romains du temple de Jérusalem.

À cause de sa constance dans la foi chrétienne, le Pape Linus eut la tête tranchée, sur l’ordre du consulaire Saturninus.
Saint Lin fut enseveli au Vatican, près du tombeau de Pierre, le neuf des calendes d’octobre. Il dirigea l’Église pendant plus de onze ans.

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Sainte Thècle
  23 septembre : Sainte Thècle, Vierge et Première Martyre (Ier siècle)

Sainte Thècle est une martyre du temps des Apôtres. Les saints Pères l'ont appelée avec enthousiasme la femme apostolique, la fille aînée de Saint Paul, la protomartyre parmi les femmes, comme Saint Étienne fut le protomartyr parmi les hommes. Thècle, très versée dans la philosophie, dans les sciences et dans les belles-lettres, fut convertie par Saint Paul, à Iconium. Elle voulut rester vierge et fut dénoncée comme chrétienne par le jeune homme qui aspirait à sa main. Condamnée au feu, dans l'amphithéâtre, à la demande de sa mère, elle vit Notre-Seigneur lui apparaître sous les traits de Saint Paul, puis remonter au Ciel comme pour lui en tracer le chemin. Pleine alors d'un courage tout nouveau, elle s'arme du signe de la Croix et monte, rayonnante de joie et de beauté, sur le bûcher ; bientôt les flammes l'entourent de toutes parts, mais sans la toucher, et la foule étonnée aperçoit la victime pleine de vie et priant Dieu ; nouveau miracle : un nuage s'abat sur le bûcher et en éteint les flammes.

Bientôt Thècle put revoir l'apôtre Saint Paul et être confirmée par lui dans la foi. L'ayant suivi à Antioche, elle fut bientôt accusée de nouveau et condamnée aux bêtes. On lâcha contre elle, dans l'amphithéâtre, une lionne furieuse et affamée ; mais celle-ci, loin de dévorer sa victime, vint lui lécher les pieds ; ni la rage de la faim, ni les excitations des bourreaux, ni les clameurs du peuple ne purent réveiller son instinct carnassier.
"La lionne, dit Saint Ambroise, vénéra sa proie et fut pénétrée d'une compassion dont les hommes s'étaient dépouillés."

Peu de jours après, la jeune martyre fut exposée au même supplice ; on lança sur elle des lions et des ours ; aussitôt la lionne qui l'avait épargnée une première fois courut vers elle et lui lécha les pieds. Un ours s'avança, mais la lionne le mit en pièces ; un lion, voulut aussi se précipiter sur la victime ; mais une lutte acharnée se livra entre la lionne et lui, et il périrent tous les deux. Le préfet la fit alors jeter dans une fosse remplie de serpents. À peine y fut-elle précipitée, qu'un globe de feu consuma tous les reptiles, et la sainte fut délivrée. L'ordre fut donné d'attacher chacun de ses pieds à des taureaux furieux, pour l'écarteler ; les bêtes, excitées par des aiguillons rougis au feu, bondirent en mugissant ; mais les liens de la vierge se brisèrent, et elle resta sans blessure.
Le préfet étonné, lui demanda l'explication de ces prodiges : "Je suis, dit-elle, la servante de Dieu, Maître de l'univers."

Thècle, rendue à la liberté, revint dans sa patrie pour y prêcher la foi, et y mourut à l'âge de quatre-vingts ans.

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Notre-Dame de la Merci
  24 septembre : Notre-Dame de la Merci

Parmi les Ordres religieux qui furent fondés sous le patronage de la Reine des Anges, un des plus illustres a été celui de Notre-Dame de la Merci. La Très Sainte Vierge manifesta Sa volonté de voir cet Ordre s'établir, en apparaissant à Saint Pierre Nolasque, à Saint Raymond de Pennafort et à Jacques Ier, roi d'Aragon. Au commencement du XIIIème siècle, la plus grande partie de l'Espagne était sous le joug des Sarrasins, qui tenaient enfermés dans les cachots une multitude de chrétiens, dans le but de leur faire renier leur foi.

C'est pour mettre fin à cette calamité que Marie établit l’œuvre de la Rédemption des captifs. Le 1er août 1218, la Reine du Ciel apparut à Saint Pierre Nolasque, qui était alors en prière :

"Mon fils, lui dit-Elle, Je suis la Mère de Dieu ; Je viens chercher des hommes qui veuillent, à l'exemple de Mon Jésus, donner leur vie pour le salut et la liberté de leurs frères captifs. Je désire que l'on fonde en Mon honneur un Ordre de religieux dans ce but. Quand tu me priais avec larmes de porter remède aux souffrances des captifs, Je présentais à Mon Fils tes vœux ardents, et c'est Lui qui M'envoie vers toi.
– Je crois d'une foi vive que Vous êtes la Mère du Dieu vivant et que Vous m'apparaissez pour le soulagement des pauvres chrétiens esclaves ; mais qui suis-je, moi, pour accomplir cette œuvre ?
– Ne crains rien, Je serai avec toi, et bientôt s'accomplira ce que Je demande."

Le lendemain, Pierre Nolasque rendit compte de sa vision à Saint Raymond de Pennafort, son confesseur, qui lui dit : "J'ai eu la même vision que vous."
Le roi Jacques, les rencontrant dans la cathédrale, leur communiqua une vision semblable. Il n'y avait pas à hésiter. Quelques jours plus tard, l’œuvre commença, de par l'ordre et avec la protection du roi, qui désigna Pierre Nolasque pour être le chef de la nouvelle institution. L'évêque donna au fondateur l'habit blanc, avec le scapulaire qui, conformément aux instructions de la Sainte Vierge, devait être le costume des religieux de la Merci. Saint Pierre Nolasque fit alors le vœu solennel de se donner en otage aux Turcs, s'il était nécessaire, pour la rédemption des captifs chrétiens, vœu que tous ses religieux devaient faire également. En peu d'années, cet Ordre, si conforme aux besoins de l'époque produisait des fruits admirables.

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Saint Nicolas de Flue




Saint Nicolas de Flue




Saint Nicolas de Flue




Saint Nicolas de Flue




Saint Nicolas de Flue




Saint Nicolas de Flue
  25 septembre : Saint Nicolas de Flue, Patron de la Suisse (1417-1487)

La famille de Flue, au hameau de Flueli, dans la paroisse de Sachseln (Obwald), s'appelait originairement Leoponti. Ce nom semble désigner une ascendance italienne. Le langage populaire changea ce nom en celui de 'von Flüe', dérivé de Flüeli ou localité située sur un terrain ou rocher escarpé, ce qui était le cas de la propriété que possédaient les ancêtres de Nicolas.

Le père de notre saint s'appelait Henri de Flue et sa mère Hermanna Robrecht. Ces époux vivaient simplement, partageant leur temps entre la prière et le travail. D'anciens documents font mention du père de Nicolas, comme de l'un des citoyens les plus distingués et les plus riches de Sachseln. Et cependant il n'avait rien de l'orgueil et de la dureté hautaine qui accompagnent parfois la richesse. Ses mœurs étaient simples et son cœur grand ouvert à la charité. Pauvres et indigents trouvaient toujours porte et main ouvertes à la ferme hospitalière des de Flue. C'est dans le sein de cette famille si chrétienne que le petit Nicolas vit le jour, le 21 mars 1417, en la fête de Saint Benoît.

Les registres paroissiaux de Sachseln attestent que, dès son berceau, l'enfant fut prévenu de bénédictions célestes. Avant sa naissance déjà, il vit, dit-on, au ciel une grande étoile, qui éclairait toute la terre : image d'une âme appelée à éclairer toute la terre par sa sainteté. L'église venait de vivre des jours bien sombres. Déchirée par les hérésies de Jean Wiclef et de Jean Huss, elle avait souffert beaucoup aussi du grand schisme d'Occident. Pour calmer les esprits et panser les blessures, il faut, dans des circonstances semblables, des hommes de paix comme devait l'être l'enfant qui naquit le 21 mars 1417. Ses pieux parents s'empressèrent de le faire renaître à la vie de la grâce et de la foi chrétienne. L'église paroissiale de Sachseln étant fermée à la suite d'un meurtre et le curé étant mort, le nouveau-né fut baptisé dans une église voisine, celle de Kerns et reçut le nom de Nicolas. Aux fonts baptismaux, il eut, selon une tradition, connaissance de tous ceux qui assistaient à la cérémonie, du prêtre, des parrain et marraine, et d'autres personnes.

Nicolas fut le plus charmant enfant qu'on pût voir, fidèle à observer les avis et les exemples de ses parents. La paresse et les caprices lui étaient inconnus. Jamais on ne remarqua en lui rien de puéril. N'eût été son âge encore bien tendre, on l'eût pris pour un homme fait, tant il y avait de virilité dans son caractère. Alors que ses compagnons d'enfance ne rêvaient que friandises, Nicolas jeûnait deux fois par semaine, et plus tard même quatre fois. Son abstinence était bien plus rigoureuse encore pendant le carême. II ne faisait alors usage d'aucun aliment cuit ou chaud, se contentant une fois le jour de poires sèches ou d'un peu de pain sec. À l'âge où d'autres recherchent l'oisiveté et les amusements frivoles, lui cherche les lieux écartés et solitaires pour se livrer à la prière, qu'il chérissait de tout son cœur. Qui l'eût vu en ces moments, eût été frappé de sa ferveur. Son maintien extérieur à l'église, comme à la maison durant la prière en famille, trahissait les élans enflammés de son âme. Cependant sa dévotion fervente et son amour de la solitude ne lui faisaient négliger aucun des devoirs de l'obéissance et du travail. Seulement, pendant que ses bras étaient à l'œuvre, son esprit s'élançait vers Dieu. Il réalisait ainsi l'avertissement du Maître : "Il faut toujours prier."
Passant un jour par la vallée pittoresque du Melchtal, non loin de sa maison paternelle, il aperçut sur une hauteur une tour élancée, qui montrait le ciel comme un indicateur ; longtemps, il la contempla et son âme fut saisie d'un indicible attrait pour la solitude. Inutile d'ajouter que le jeune Nicolas était un modèle de respect et d'obéissance envers ses parents. Aussi chacun l'estimait et l'aimait, car il se montrait doux et affable envers tout le monde.

Les enfants recevaient de leurs parents l'instruction nécessaire. Le soir, lorsque la nuit avait ramené les laboureurs à la maison, après le repas de famille, voisins et amis se groupaient dans la chambre de ménage pour parler politique et discuter des intérêts du pays. Ce fut sans doute à cette école que le jeune Nicolas apprit à chérir sa patrie et qu'il sentit naître en lui cet ardent amour de la paix qui devait faire de lui plus tard le pacificateur de la Suisse.

Mais auparavant Dieu devait le conduire par d'autres voies ; il était appelé à fonder un foyer. On aurait pu croire qu'un homme aussi dévot et aussi mortifié allait devenir religieux ou même prêtre. Et bien ! non ; la Providence voulait faire de Nicolas le modèle du père de famille chrétien.
Parmi les jeunes filles de son village, il en est une qui brille par sa modestie et sa piété ; elle se nomme Dorothée Wyzling ; c'est elle que choisit Nicolas. Rien de léger, rien de déréglé dans leurs fréquentations, car le souvenir de la présence de Dieu les pénètre tous deux.

Jamais mariage ne fut plus heureux ; c'était à qui surpasserait l'autre en amour, en pureté, en vertu. Nicolas ne perdit donc rien dans le mariage de la charité qu'il avait pour son Dieu ; au contraire, son nouvel état semblait avoir acquis au Christ deux cœurs pour l'aimer. "Nicolas eut même bientôt plusieurs autres cœurs pour l'aider à aimer Dieu", car de nombreux enfants naquirent de son mariage, cinq garçons et cinq filles. Deux moururent en bas âge ; ce furent deux petits anges, protecteurs de la famille près du trône de Dieu.

Nicolas fut guidé visiblement par la main de Dieu dans l'éducation de ses enfants. "Il a élevé des enfants semblables à lui par leur vie, leurs mœurs et leurs vertus", nous disent ses historiens. Travail et prière, telle était la consigne. Avec cela, beaucoup de bonté, de douceur, de support mutuel. Les loisirs que laissait le travail des champs étaient partagés entre d'honnêtes délassements et des entretiens édifiants. Le père n'abandonna rien de ses pratiques de piété et de mortification. Il donna toujours à sa famille l'exemple de la plus haute perfection. Jean, son fils aîné, nous assure que son père se levait chaque nuit pour prier ; que ses travaux à la campagne commençaient et finissaient par l'oraison.
Voici quelques-unes de ses prières favorites :

Ô Seigneur, enlevez tout ce qui m'éloigne de vous ! Ô Seigneur, faites-moi don de ce qui mène à vous ! Ô Seigneur, enlevez-moi à moi-même et donnez-moi tout à fait à vous !

Une vie aussi sainte que celle de Nicolas ne devait pas faire le compte du démon, ce grand ennemi des âmes. Aussi, nombreux furent les assauts et les tentations qu'eut à subir cet homme de Dieu. Toujours il en triompha par la prière. Un jour que l'un des enfants de Nicolas accourait vers son père en disant que le démon voulait le dévorer, il lui répondit tranquillement : "N'aie pas peur, mon enfant ; le démon ne peut qu'aboyer, il ne peut pas mordre. Si son désir de nous nuire est grand, son pouvoir est petit."

Le meilleur chrétien est aussi le meilleur citoyen et le meilleur soldat. Nicolas de Flue fut appelé sous les armes. Trois fois, le jeune Nicolas fut appelé sous les armes : une première fois, en 1436, dans la guerre de Zurich contre les petits cantons ; une seconde fois, en 1443, dans la guerre contre Zurich, alliée de l'Autriche ; et enfin, une troisième fois, en 1460, dans la guerre de Thurgovie.
De pareilles dissensions, entre enfants d'un même pays, sont particulièrement odieuses et éveillent dans le cœur du jeune soldat des sentiments douloureux. Nicolas fit son devoir par obéissance, et le fit bravement, tantôt comme porte-enseigne, tantôt à la tête d'une compagnie de cent hommes. Sous l'habit militaire, il eut garde de souiller le vêtement précieux de la grâce sanctifiante. Il se battit comme il priait, avec une ardeur qui tenait de d'enthousiasme, d'une main tenant son épée, de l'autre son chapelet ; à cette époque, chacun portait un chapelet à la ceinture. Pendant que ses compagnons d'armes passaient les moments de trêve en amusements inutiles ou dangereux, Nicolas se retirait dans une église ou quelque endroit solitaire ; là il passait de longues heures à prier, à méditer sur les grandes vérités de la religion, et la retraite entretenait à souhait l'intime paix de son âme.

Brave au combat, Nicolas se montrait bon et compatissant envers les vaincus et il ne manqua jamais l'occasion de recommander aux siens la modération dans la victoire. Dans la guerre contre l'Autriche, lors de la prise de Diessenhofen, un grand nombre de soldats autrichiens s'étaient réfugiés dans le couvent des Dominicaines du Val de Sainte-Catherine (Katharinenthal). Les Suisses tinrent conseil et décidèrent de mettre le feu au couvent pour obliger les Autrichiens à prendre la fuite. En cette circonstance, Nicolas se distingua par sa fermeté et par sa douceur. Il alla trouver les chefs et plaida avec force la cause de la communauté menacée, leur représentant l'impossibilité où se trouvaient les ennemis de s'y maintenir encore longtemps, et leur présageant que de ce couvent sortiraient un jour d'illustres modèles de vertu.

Ses prières et ses supplications ébranlent la résolution des chefs. Il court alors sur le théâtre de l'incendie déjà commencé et, au péril de sa vie, il s'oppose aux ravages du feu, arrache les torches des mains des soldats et sauve d'une ruine imminente cette maison de Dieu qui, plus tard, maintint sa haute réputation de sainteté et conserva longtemps avec reconnaissance le religieux souvenir de son sauveur. En 1873, après une longue existence, le célèbre couvent fut occupé par le gouvernement de Thurgovie, qui en fit un asile de vieillards.

Un homme d'une telle sagesse et d'une si grande équité ne pouvait rester ignoré en temps de paix. Ses concitoyens lui donnèrent bien vite leur confiance et prirent conseil de lui dans les affaires délicates. Nicolas n'ambitionna aucune charge publique ; il désirait mener une vie cachée en Dieu et se consacrer à sa famille. Toutefois, pour répondre aux vœux du peuple, il accepta la charge de juge et de conseiller cantonal. Dans l'exercice de ses fonctions, il ne rechercha que le plus grand bien du peuple et l'honneur de Dieu ; comme juge, il s'inspira de la plus stricte justice, qu'il savait tempérer par une bonté toute paternelle. Quand survenait quelque différend entre deux habitants du village, il les appelait chez lui et jugeait séance tenante. À celui qui succombait, il donnait ordinairement quelques beaux fruits de son jardin comme consolation. Le curé Henri Imgrund, son ami et son directeur de conscience, a révélé après sa mort ce qu'il lui avait dit un jour au sujet de sa carrière de magistrat : "J'ai reçu de Dieu en partage un esprit droit ; j'ai été souvent consulté dans les affaires de ma patrie ; j'ai aussi prononcé beaucoup de sentences ; mais, grâce à Dieu, je ne me souviens pas d'avoir agi en quelque chose contre ma conscience. Je n'ai jamais fait acception de personnes et je ne me suis jamais écarté des voies de la justice."
La haute dignité de landamann lui fut offerte par ses concitoyens à plusieurs reprises ; mais Il craignit cette grande responsabilité et la refusa toujours. Les honneurs publics ne purent jamais le distraire du travail de sa sanctification personnelle et du soin de sa famille.

S'il faut en croire le récit d'anciens biographes, un incident judiciaire aurait déterminé Nicolas à se démettre de ses fonctions publiques. Dans une cause qui avait été portée devant les juges, ceux-ci firent preuve d'une telle partialité que, malgré l'intervention énergique de Nicolas, une sentence manifestement injuste fut prononcée. Le saint homme se souvint alors des jugements de Dieu, par qui tous les procès de la terre seront revisés en toute justice et en toute équité. Sa décision fut aussitôt prise : il renonça à ses fonctions de juge.

Nicolas, époux et père de famille, sentait que Dieu lui avait réservé quelque chose de plus grand que les honneurs de la terre. Dès sa plus tendre jeunesse, il avait ressenti un attrait particulier pour la solitude, et à mesure qu'il avança dans la vie, il médita de plus en plus ce genre de vie plus parfait, vers lequel Dieu semblait lui frayer le chemin. Un jour qu'il faisait paître son troupeau dans un vallon, il se mit à prier ; son esprit, ravi en extase, eut plusieurs visions. Il vit sortir de sa bouche un lis éclatant de beauté et répandant une suave odeur. Cette fleur s'éleva jusqu'au ciel. Tandis qu'il prenait plaisir au parfum et à la beauté de la fleur, son troupeau vint à lui en bondissant, avec, au milieu, un cheval superbe, qui, s'approchant, lui tira le lis de la bouche. Nicolas reconnut par là que son trésor était dans le Ciel, mais que les biens et les joies célestes lui seraient enlevés, si son cœur restait attaché aux choses de la terre.
Il entendit une autre fois, au milieu d'un pâturage désert, un harmonieux concert de voix, lorsque tout à coup parut un vénérable vieillard, chantant, qui lui demanda l'aumône, puis disparut après l'avoir refusée en remerciant. Nicolas étendit ses bras vers Dieu et, soupirant, il s'écria : "Tu ne veux donc pas mon bien, tu me veux moi-même !"

Une autre fois, il aperçut un superbe palais avec une fontaine, d'où coulaient le vin, l'huile et le miel. Il fut invité à boire, ce qu'il fit avec un indicible plaisir. D'autres aussi reçurent la même invitation ; mais comme dans l'Évangile, ils s'excusèrent prétextant leurs affaires ou leur négoce. Cette vision le fit réfléchir ; il vit alors venir à lui trois hommes d'un extérieur pareil et vénérable et dont les manières et les discours ne respiraient que la vertu.
L'un d'eux commença ainsi à l'interroger:

"Dis-nous, Nicolas, veux-tu te remettre corps et âme en notre pouvoir ?" — Je ne me donne à personne d'autre, répondit-il, qu'au Dieu tout-puissant, que j'ai longtemps désiré servir de mon âme et de mon corps."

À ces mots, les étrangers se tournèrent l'un vers l'autre en souriant, et le premier reprit :

"Puisque tu t'es donné tout entier à Dieu et que tu t'es engagé à lui pour jamais, je te promets que, dans la soixante-dixième année de ton âge, tu seras délivré de toutes les peines de ce monde. Reste donc ferme dans ta résolution et tu porteras dans le Ciel une bannière victorieuse au milieu de la milice divine, si tu as porté avec patience la croix que nous te laissons."

L'homme de Dieu était à se demander comment il pourrait vaincre les difficultés qui s'opposaient à la réalisation de son dessein, lorsque, dans le courant de l'été, il entendit une voix d'en-haut lui dire : "Nicolas, tu cherches avec anxiété comment tu pourrais te donner exclusivement au bon Dieu. Par tes seules forces, tu ne le peux pas ; tourne-toi vers Dieu, car rien ne Lui est plus agréable qu'une résignation volontaire. Quitte tout ce qui t'est cher, et tu verras que Dieu aura soin de toi."

Dès lors, sa résolution est prise ; il quittera le monde pour s'ensevelir dans la solitude. Mais il est père de famille ; il aime ses enfants et ceux-ci lui sont très attachés ; il est époux et les liens du mariage sont indissolubles. Ce n'est donc pas sans une grande crainte qu'il communique son pieux projet à son épouse. Celle-ci verse d'abord d'abondantes larmes et demande quelques jours pour réfléchir à ce qu'elle vient d'apprendre. Reconnaissant alors la volonté de Dieu, elle fait, avec l'héroïsme d'une femme vraiment chrétienne et pour l'amour de Jésus-Christ, le sacrifice qu'on demande d'elle ; elle donne son consentement avec une sainte résignation. Pour les grands sacrifices, Dieu donne de grandes grâces.
Néanmoins la séparation fut cruelle. Nicolas régla ses affaires. Libre alors de tous ses liens, le 16 octobre 1467, il réunit les siens et leur fit ses adieux. Il se présenta devant eux la tête et les pieds nus, revêtu d'une longue robe de pèlerin, le bâton et le chapelet à la main. II les exhorta à vivre toujours dans la crainte de Dieu, dans l'amour et la concorde. Il leur demanda pardon et leur promit, en retour du grand sacrifice qu'ils acceptaient, les plus abondantes bénédictions célestes et un éternel revoir auprès de Dieu. La petite assemblée pleurait.
Nicolas embrassa son épouse, ses enfants, son vieux père septuagénaire et quitta sa maison dans laquelle il ne devait plus jamais rentrer. "Quiconque, dit le Sauveur, met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas digne du royaume des cieux."

Où dois-je aller ? Telle est la question que se pose Nicolas, comme autrefois Saint joseph partant pour l'Egypte. À qui fait son devoir, Dieu ne fait jamais défaut. Nicolas se mit paisiblement en route ; il ne voulait pas rester dans son pays, craignant de devenir un sujet d'étonnement, de scandale même pour ses compatriotes. Il prit donc la direction du Jura et de l'Alsace, et arriva ainsi aux limites de la Confédération, sur les hauteurs du Hauenstein, d'où il aperçut la ville de Liestal. Il s'en détourna, car cette ville lui apparut comme en flammes. Dans une localité voisine, il rencontra un paysan auquel il fit part de sa résolution, en le priant de lui indiquer un lieu retiré où il pût la mettre à exécution. Cet homme de bien trouva le projet bon et louable, mais lui conseilla de rentrer dans sa patrie, pour ce motif que des Confédérés n'étaient pas toujours bien accueillis partout ; on pourrait, ajouta-t-il, le voir de mauvais œil à Bâle ou ailleurs, et troubler sa retraite ; il y avait du reste assez de déserts en Suisse, pour y servir Dieu en paix. Le frère Nicolas remercia le bon paysan et reprit le même soir le chemin de son pays. Il passa la nuit dans un champ, en plein air, et pria Dieu de l'éclairer sur le but de son pèlerinage. S'étant endormi, il entrevit une vive clarté partant du Hauenstein et se dirigeant vers les montagnes de l'Unterwald ; il lui semblait qu'une secrète impulsion le ramenait vers sa patrie. Cette clarté surnaturelle pénétra tout son intérieur, et le fit souffrir comme s'il avait senti le tranchant d'un glaive dans ses entrailles. Depuis ce jour jusqu'à sa mort, il ne prit plus aucune nourriture.

Le lendemain, Nicolas se remit en route, guidé par la clarté surnaturelle qui lui était apparue en songe, et se dirigea vers la vallée qu'il avait vue pendant son sommeil et où il avait une propriété, prés de Klysteralp. II s'y arrêta et y séjourna quelques jours, priant et méditant les choses divines, ayant pour lit quelques branches de houx, et pour coussin un fragment de rocher. Mais voici que des chasseurs découvrirent la demeure de l'ermite. Ils en parlèrent à son frère, Pierre de Flue, qui vint le supplier de rentrer dans sa maison, où on lui aménagerait une petite cellule afin qu'il pût suivre l'appel de Dieu. Pour n'avoir pas d'air de tenter la Providence, Nicolas fit appeler secrètement un prêtre vénérable, Oswald Isner, curé de Kerns, de qui il prit conseil. Lorsque le prêtre vit sa mine de santé conservée malgré ces grandes fatigues et l'abstention de toute nourriture, il comprit que le doigt de Dieu était là et lui conseilla de persister dans cette épreuve aussi longtemps qu'il pourrait la supporter sans danger de mort.
À quelque temps de là, Dieu indiqua à nouveau à l'ermite, par un rayon de lumière surnaturelle, un refuge moins accessible aux hommes, dans une gorge obscure appelée le Ranft. Ce fut là que Nicolas se construisit une hutte de branchages qu'il entoura d'épais taillis.
Mais le lieu de sa nouvelle retraite ne tarda pas à être connu dans la contrée. On en parla ; les uns prirent la chose au sérieux ; d'autres parlèrent d'illusion ; quelques-uns émirent des doutes sur les intentions de Nicolas ; en un mot, chacun y alla de sa petite remarque... Peu à peu, le doute se changea en admiration pour le saint homme de Dieu. Celui-ci ne demeura qu'une année dans sa cabane faite de broussailles. Une assemblée générale du canton décida de lui bâtir une habitation avec une chapelle. Cet ermitage subsiste encore ; petite et étroite, la chambre ne mesure que six pieds de hauteur ; avec sa haute stature, Nicolas ne pouvait pas s'y tenir debout. Trois fenêtres y étaient aménagées : l'une donnant sur l'autel de la chapelle ; la seconde recevant la lumière du jour, et la troisième permettant à l'ermite de s'entretenir avec les visiteurs.
C'est là, dans cette solitude paisible du Ranft, à un quart d'heure de sa maison, que le solitaire passa les vingt dernières années de sa vie, jeûnant et priant, n'ayant pour lit qu'une planche nue et pour oreiller une pierre du torrent. L'endroit qu'il aimait par-dessus tout, c'était la petite chapelle, son paradis sur terre. Elle fut consacrée et dotée par l'évêque de Constance. Des princes et des rois se plurent ensuite à l'enrichir de fondations, afin d'y établir une chapellenie pour que le pieux ermite pût entendre la sainte messe chaque jour.
L'archiduc d'Autriche lui-même, Sigismond, fit un don généreux au sanctuaire. En reconnaissance Nicolas lui accorda ses prières, et, la même année, la paix fut conclue entre l'Autriche et la Suisse. En l'année 1470, le Pape Paul II accorda une indulgence plénière aux visiteurs de la chapelle. Le premier chapelain fut Pierre Bachtaler, témoin et admirateur de la sainteté de l'Ermite du Ranft.

Lorsque Nicolas eut accompli le grand sacrifice qui le détachait de tous les biens de la terre, il sentit naître dans son cœur une "paix ineffable que le monde ne peut pas donner".

Après un court repos sur la dure planche qui lui servait de lit, peu après minuit, il quittait son oreiller de pierre et commençait sa prière et son oraison qui se continuaient durant toute la journée. Son âme si pure, tout illuminée des grâces d'en-haut, pénétrait bien avant dans les mystères de la foi et jusque dans les profondeurs de la sainte Trinité, mystère dont il eut une révélation particulière. Son cœur s'attendrissait jusqu'aux larmes à la contemplation des plaies du divin Crucifié. À lui qui savait à peine lire, la croix, comme un livre ouvert, enseignait la pratique de la vertu et de la perfection. Il compatissait aux souffrances du divin Sauveur et de sa très sainte Mère ; il se livrait à la mortification, à la prière et au jeûne pour les pauvres pécheurs. Son oraison était un acte perpétuel d'amour, d'amour confiant et pur, une sorte d'extase.

L'après-midi, le pieux ermite recevait la foule des visiteurs qui voulaient s'entretenir avec lui. La renommée de sa sainteté s'était répandue au loin. Les biographes racontent que les pèlerins se rendant à Einsiedeln passaient aussi au Ranft pour y chercher conseil et réconfort. On vit venir dans cette mystérieuse retraite des évêques et autres personnages illustres, de savants théologiens, tout comme des gens du peuple, pour confier leurs peines au Frère Nicolas, se recommander à ses prières et s'inspirer de ses conseils. I1 se montrait plein de bonté envers chacun ; "de sa bouche coulaient des paroles plus douces que le miel".
Mais aussi, sa vie austère et mortifiée, comme celle de Jean-Baptiste, prêchait éloquemment la pénitence. Avec une noble franchise et une sainte indépendance, il rappelait à tous, même aux prêtres et aux magistrats, leurs devoirs. À cette époque, de graves désordres sévissaient dans la société, et même dans l'Église. Nicolas qui s'était toujours montré très respectueux envers les prêtres et les magistrats, recommandait à ses visiteurs le respect et l'obéissance envers l'autorité religieuse et civile. Lorsqu'il avait à parler de certains prêtres indignes, il disait : "La plante qui reçoit l'eau du rocher ne s'enquiert pas si l'eau coule par un tuyau de plomb ou d'argent. De même, vous recevez des bons comme des mauvais prêtres la même grâce de Dieu, pourvu que vous y soyez convenablement préparés."

Après avoir héroïquement résisté à toute la puissance de Charles le Téméraire et de ses alliés sur les champs de bataille de Grandson, de Morat et de Nancy, les Suisses, jusqu'alors si pleins de foi et de prudence, allaient malheureusement se diviser au milieu des joies enivrantes de la victoire. Pendant et après les guerres de Bourgogne, nos ancêtres avaient pris le goût des richesses, de la conquête et de la vie facile ; l'antique simplicité avait disparu. Les bonnes mœurs avaient grandement souffert un peu partout. Dans l'espace de trois mois, 1500 criminels avaient été condamnés par les tribunaux, et une bande de plusieurs milliers d'aventuriers semaient la terreur dans le pays.

Le Frère Nicolas reçut dans son ermitage les premiers magistrats du pays qui venaient à lui pour obtenir des avis ou des conseils. Il leur répondait avec une noble franchise : "Confédérés, gardez-vous de la désunion ; bannissez tout esprit de parti ; c'est la perte d'un État. Ne cherchez pas à étendre vos frontières et à faire de nouvelles conquêtes. Méfiez-vous de l'esprit de lucre, et ne vous laissez pas aveugler par l'or étranger. Pas de guerre sans nécessité. Si l'on vous attaque, levez-vous pour vous défendre et pour sauver votre patrie et votre liberté."

Après les guerres de Bourgogne, la Suisse, alors à l'apogée de sa renommée guerrière, se trouva tout à coup à deux doigts de sa perte. Le partage du butin et la question de l'admission de Fribourg et de Soleure dans la Confédération faillirent rompre l'ancienne amitié et jeter les confédérés dans la guerre civile. La diète fédérale était réunie à Stans, mais l'accord ne pouvait s'établir entre les députés. La diète allait donc se dissoudre et l'on ferait appel aux armes. Alarmé de la situation, le curé de Stans, Henri Imgrund, se rend en toute hâte à la cellule du saint ermite, et le supplie, au nom de Dieu, de sauver la patrie. Le salut vint d'une manière inattendue ; le message du Ranft, apporté par le curé Imgrund, fut comme une illumination d'en haut et rétablit le calme et la paix ; le Convenant de Stans fut arrêté le 22 décembre 1481. Par un vote unanime, Fribourg et Soleure furent reçus au nombre des cantons confédérés.

De toutes parts, le Bienheureux reçut des remerciements. Récemment encore, en 1917, le Conseil fédéral, en ordonnant la sonnerie des cloches dans toute la Suisse, fit reconnaître en Nicolas de Flue, l'homme de la prière, comme le sauveur de la patrie. Son portrait a une place d'honneur au palais fédéral à Berne. Au commencement de la première guerre mondiale, l'abbé d'Einsiedeln fit le vœu solennel de placer un ex-voto dans la Sainte Chapelle de son église en l'honneur du Bienheureux, si la Suisse était épargnée. La Suisse fut épargnée et la pieuse promesse accomplie. Après Dieu et la Sainte Vierge, c'est bien au saint ermite du Ranft que notre patrie doit l'insigne faveur d'avoir conservé la paix pendant les deux dernières guerres si meurtrières.

Dieu avait prédit à Nicolas "qu'arrivé à l'âge de soixante-dix ans, il serait délivré de toutes peines et introduit dans le ciel".
Riche en bonnes œuvres devant Dieu et devant les hommes, Frère Nicolas approchaient maintenant de sa soixante-dixième année. Au printemps de 1487, le 21 mars, jour anniversaire de sa naissance, après huit jours d'une cruelle maladie, en proie à d'horribles douleurs qu'il supportait avec une patience surhumaine, Nicolas sentit sa fin s'approcher. Il demanda avec la plus grande piété le Pain céleste de l'Eucharistie. Le curé de Stans lui apporta le saint Viatique. À la vue de son Dieu, Nicolas tendit ses bras à demi glacés, communia avec une indicible ferveur et s'abîma dans une muette action de grâces. Il prit ensuite la main de sa femme et de ses enfants, qu'il plaça sur son coeur ; celle du curé de Stans, qu'il approcha de ses lèvres ; puis il s'affaissa, regarda le ciel et mourut.

À la nouvelle de cette mort, une douleur profonde, un deuil général se répandirent dans la Suisse : on eût dit des enfants qui venaient de perdre un père chéri. Le lendemain, tous les prêtres des environs se réunirent pour célébrer les funérailles du défunt. Plusieurs milliers de villageois accompagnèrent en grande pompe le corps, au milieu des chants et des prières, à l'église de Sachseln, où il fut enseveli dans le tombeau de ses aïeux. Tous les cantons organisèrent pour le Père et le Pacificateur de la Patrie de solennels services funèbres. Sigismond, archiduc d'Autriche, se distingua entre tous. Il fit aussi célébrer un Requiem le plus solennel possible, accompagné de cent messes pour les défunts.

Le 21 mars 1518, Benoît de Montferrand, évêque de Lausanne, fit placer les restes mortels du Frère Nicolas dans un sépulcre de marbre, entouré d'une grille de fer.

Quand on procéda à l'exhumation, un doux parfum s'exhala de ces restes vénérés. En 1600, l'église paroissiale de Sachseln fut agrandie et remplacée, en 1672, par l'église actuelle. Les restes vénérés du saint ermite y sont conservés aujourd'hui dans un gisant ou statue-reliquaire en argent placé sur l'autel principal. C'est là qu'ils attendent le jour triomphant de la résurrection.

Vie de Saint Nicolas de Flue, abbé Knecht

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Saint Cyprien et Sainte Justine
  26 septembre : Saint Cyprien et Sainte Justine, Martyrs († 314)

Les parents de Cyprien, très superstitieux, le vouèrent au démon dès son enfance ; ils le firent élever dans le paganisme ; il se livra à l'astrologie judiciaire et à la magie. Avec le secours de ses connaissances, il s'abandonna à toutes sortes de crimes et se déclara ennemi acharné de la religion chrétienne.

Il y avait à Antioche une jeune vierge nommée Justine, non moins distinguée par ses rares qualités que par sa naissance. Ses parents étaient idolâtres ; mais elle avait eu le bonheur de connaître Jésus-Christ, et sa conversion fut bientôt suivie de celle de sa famille. Un jeune homme nommé Agladius, païen, conçût pour elle une violente passion, et pria Cyprien de l'aider par les secours de son art. Ce magicien mit tout en œuvre, sans que rien pût lui réussir. Il consulta le démon, qui lui promit de lui servir d'auxiliaire ; mais de nouvelles tentatives ne furent pas plus heureuses ; la vierge priait, elle imprimait sur elle le signe du salut, et le démon s'enfuyait confondu.
Cyprien, désespérant du succès, dit au démon :

"Eh bien ! Te voilà vaincu ?
- Oui, dit l'esprit infernal, j'ai vu un signe, et j'ai été vaincu.
- Quel est ce signe ? reprit Cyprien.
- J'ai vu le signe du Crucifié.
- Le Crucifié est donc plus grand que toi ? Fuis loin de moi, imposteur ! Tu m'as trompé trop longtemps."

Le démon chercha à étouffer Cyprien, mais il le mit en fuite par l'invocation du Dieu de Justine et par le signe de la Croix. Le jeune Agladius, plein d'admiration au récit que lui fit Cyprien, se convertit lui-même à Jésus-Christ. Emprisonnés par les persécuteurs après avoir été préservés l'un de l'huile bouillante et l'autre des flammes du bûcher, ils eurent la tête tranchée.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Côme et Saint Damien
  27 septembre : Saint Côme et Saint Damien, Martyrs (vers 286)

Saint Côme et saint Damien étaient deux frères, venus d'Arabie en Cilicie. On croit qu'ils étaient frères jumeaux. Leur profession de médecin leur fournit l'occasion d'exercer un véritable apostolat ; car à travers les corps ils savaient voir les âmes, les toucher, les convertir. La grâce divine vint relever leur science par le don des guérisons miraculeuses : de toutes parts, on accourait à eux pour obtenir la délivrance des maux les plus invétérés et les plus incurables. Le résultat ne trompait jamais leur foi et leur confiance, et il ne se passait pas de jour sans qu'ils eussent opéré quelque cure souvent désespérée.

Auprès d'eux, les aveugles recouvraient la vue, les boiteux marchaient droit, les sourds entendaient, les estropiés étaient guéris. Leur puissance s'étendait même au-delà de ce monde visible, et, à leur voix, les démons abandonnaient leurs victimes. Tout cela, ils le faisaient par pure charité, ne recevant jamais aucune rétribution.

À cette gloire devait se joindre celle du martyre. Un jour on les accusa de séduire le peuple et de faire déserter les temples des dieux. Le préfet leur infligea une si longue et si rude flagellation, que les bourreaux n'en pouvaient plus de fatigue ; les deux martyrs bénissaient le Seigneur. À la vue d'une foule immense, ils furent précipités du haut d'un rocher dans les flots ; mais un Ange plana au-dessus des eaux et transporta les martyrs au rivage. Les deux martyrs furent jetés dans une fournaise ardente ; mais ils s'y promenèrent comme sur des fleurs. Après beaucoup d'autres supplices, le préfet leur fit trancher la tête.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Wenceslas
  28 septembre : Saint Wenceslas, Duc de Bohême, Martyr († 936)

Saint Wenceslas eut pour père Wratislas, duc de Bohême, prince vertueux, et pour mère Drahomire, païenne et ennemie acharnée du nom chrétien. Drahomire eut un autre fils appelé Boleslas, qu'elle éleva dans l'idolâtrie.

À la mort de son mari, elle s'empara de la régence et ne s'en servit que pour persécuter la religion chrétienne. À cette vue, le zèle de Wenceslas le décida à prendre, avant sa majorité, les rênes du gouvernement. Il se fit le père des orphelins, le soutien et le défenseur des veuves, la providence des pauvres. Afin de n'être pas reconnu, il portait, de nuit, du bois aux pauvres honteux. Il visitait les prisonniers, rachetait les captifs, consolait et secourait les malheureux.

Wenceslas joignait la piété aux bonnes œuvres ; il assistait à l'office divin du jour et de la nuit ; il allait souvent nu-pieds, par le froid et la neige, sans jamais se plaindre de la rigueur de l'hiver. Quelques fois celui qui l'accompagnait la nuit était transi de froid ; mais il n'avait qu'à marcher sur les pas de Wenceslas, et aussitôt il sentait une chaleur bienfaisante pénétrer tous ses membres. L'esprit de religion du pieux roi lui faisait honorer les évêques et les prêtres comme Jésus-Christ Lui-même ; il les aimait comme des pères, et quand il traitait quelque affaire avec eux, c'était avec une humilité et une déférence profondes. Sa grande dévotion était la dévotion à la Sainte Eucharistie.

Pour témoigner son amour à Jésus-Hostie, il semait de ses propres mains le blé et pressait le vin destinés au Saint Sacrifice de la Messe ; son bonheur était de servir à l'autel et de présenter au prêtre le pain, le vin, l'eau et l'encens. La piété de Wenceslas était pour lui la source d'une intrépidité surprenante. Il dut s'opposer aux armes d'un prince voisin qui avait envahi ses États. Pour épargner le sang de ses sujets, il proposa à son ennemi un combat singulier et se présenta presque sans armes devant un adversaire armé jusqu'aux dents. Wenceslas allait être percé par la lance ennemie, quand le prince usurpateur aperçoit près du saint duc deux anges pour le défendre. À cette vue, il se jette à ses pieds et lui demande pardon.

Attiré dans un guet-apens par sa mère et son frère, Wenceslas mourut d'un coup d'épée fratricide, au moment où il priait dans une église.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Dédicace de Saint Michel Archange
  29 septembre : Dédicace de Saint Michel Archange

Le 8 mai, l'Église honore l'archange Saint Michel en souvenir de son Apparition sur le Mont Gargan. La fête du 29 septembre fut établie un peu plus tard pour rappeler la Dédicace de la basilique construite par l'ordre et en honneur du glorieux Archange, au lieu même de cette apparition.

Avec Saint Michel, l'Église, en ce jour, honore tous les bons Anges, dont il a été le chef et le modèle au jour de la révolte de Lucifer et des mauvais anges. D'après nos saints Livres, ils sont divisés en neuf Chœurs et en trois Hiérarchies : Les Anges, les Archanges et les Vertus ; les Puissances, les Principautés et les Dominations ; enfin, plus haut encore, les Trônes, les Chérubins et les Séraphins. Leur occupation est de contempler Dieu, de L'aimer, de Le louer et d'exécuter Ses Volontés pour la conduite de l'univers et pour le salut des hommes. Aussi les voyons-nous chargés de différentes missions sur la terre, auprès des personnes, des familles, des paroisses, des diocèses, des royaumes, de l'Église entière.

Ceux dont l'Écriture fait une mention particulière sont, outre Saint Michel, l'archange Gabriel, à qui semble avoir été confié le soin de tout ce qui regarde le mystère de l'Incarnation, et l'Archange Raphaël, qui conduisit et ramena si merveilleusement le jeune Tobie. Saint Michel a été fait non seulement Prince des anges, mais aussi Prince des âmes qui doivent remplir les places demeurées vides par la chute des démons. Son nom marque sa fidélité, car il signifie : Qui est semblable à Dieu ?

Les saints lui attribuent la plupart des apparitions mentionnées dans l'Ancien Testament. C'est lui, disent-ils, qui retint la main d'Abraham prêt à immoler son fils Isaac ; c'est lui qui apparut à Josué et le rendit maître de Jéricho par la chute de ses tours et de ses murailles ; c'est lui qui dirigea l'arche de Noé par-dessus les eaux du déluge ; c'est lui qui lutta contre Jacob et le bénit ; c'est lui qui donna la loi à Moïse sur la montagne du Sinaï ; qui rendit David victorieux de Goliath et le préserva de la persécution de Saül, etc. Il a été le protecteur de la Synagogue ; il est le protecteur de l'Église.

L'Histoire nous rapporte tant de merveilles de cet Ange sublime, qu'on ne peut douter qu'il ne soit, dans les desseins de Dieu, l'un des principaux instruments de Sa puissance et de Sa bonté. L'assistance que la France a souvent reçue de lui le fait regarder comme le protecteur spécial de ce royaume.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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Saint Jérôme
  30 septembre : Saint Jérôme, Docteur de l'Église (340-420)

Saint Jérôme naquit en Dalmatie, de parents riches et illustres, qui ne négligèrent rien pour son éducation. Le jeune homme profita si bien de ses années d'études, qu'on put bientôt, à la profondeur de son jugement, à la vigueur de son intelligence, à l'éclat de son imagination, deviner l'homme de génie qui devait un jour remplir le monde de son nom. Les séductions de Rome entraînèrent un instant Jérôme hors des voies de l'Évangile ; mais bientôt, revenant à des idées plus sérieuses, il ne songea plus qu'à pleurer ses péchés et se retira dans une solitude profonde, près d'Antioche, n'ayant pour tout bagage qu'une collection de livres précieux qu'il avait faite dans ses voyages.

L'ennemi des âmes poursuivit Jérôme jusque dans son désert, et là, lui rappelant les plaisirs de Rome, réveilla dans son imagination de dangereux fantômes. Mais l'athlète du Christ, loin de se laisser abattre par ces assauts continuels, redoubla d'austérités ; il se couchait sur la terre nue, passait les nuits et les jours à verser des larmes, refusait toute nourriture pendant des semaines entières. Ces prières et ces larmes furent enfin victorieuses, et les attaques de Satan ne servirent qu'à faire mieux éclater la sainteté du jeune moine.

Avec des auteurs sacrés, Jérôme avait emporté au désert quelques auteurs profanes ; il se plaisait à converser avec Cicéron et Quintillien. Mais Dieu, qui réservait pour Lui seul les trésors de cet esprit, ne permit plus au solitaire de goûter à ces sources humaines, et, dans une vision célèbre, Il lui fit comprendre qu'il devait se donner tout entier aux études saintes : "Non, lui disait une voix pendant son sommeil, tu n'es pas chrétien, tu es cicéronien !"
Et Jérôme s'écriait en pleurant : "Seigneur, si désormais je prends un livre profane, si je le lis, je consens à être traité comme un apostat."

Son unique occupation fut la Sainte Écriture. À Antioche, puis en Palestine, puis à Rome, puis enfin à Bethléem, où il passa les années de sa vieillesse, il s'occupa du grand travail de la traduction des saints Livres sur le texte original, et il a la gloire unique d'avoir laissé à l'Église cette version célèbre appelée la Vulgate, version officielle et authentique, qu'on peut et doit suivre en toute sécurité.

Une autre gloire de Saint Jérôme, c'est d'avoir été le secrétaire du concile de Constantinople, puis le secrétaire du Pape Saint Damase. Après la mort de ce Pape, l'envie et la calomnie chassèrent de Rome ce grand défenseur de la foi, et il alla terminer ses jours dans la solitude, à Bethléem, près du berceau du Christ.

Vie des Saints pour tous les jours de l'année, abbé Jaud

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